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dimanche, 24 octobre, 2021
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Comment réussir la réforme du système de santé ?

28 septembre 2021 à 10 h 00 min

Une autre réforme «profonde et globale» du système de santé en Algérie est annoncée. Des assises sont prévues pour «établir un diagnostic précis du secteur et trouver des solutions permettant d’améliorer la gouvernance et la gestion du système sanitaire pour atteindre une couverture médicale conforme aux normes internationales».

Le système actuel est marqué par une dichotomie entre le secteur public et privé, avec un effet immédiat et inévitable : le creusement sans cesse croissant des inégalités sociales de santé. Les plus nantis peuvent choisir entre l’accès en priorité aux équipements toujours plus pointus et aux compétences des praticiens du secteur public, ou de recourir au privé qui offre souvent un meilleur accueil.

La question est dès lors de savoir quelle est la meilleure régulation possible entre le privé et le public ? Les experts s’accordent à reconnaître que le problème principal à résoudre est celui de la gestion et la gouvernance du secteur public de la santé.

Le talon d’Achille du secteur public est qu’il est marqué par un monde illusoire d’une gratuité des systèmes trop largement collectivisés. Le passage de la dépendance collective à la prévoyance individuelle sans renoncer au soutien des plus fragiles est plus que nécessaire. C’est ce qui se fait dans certains pays asiatiques émergents, où les hôpitaux du secteur public sont gérés comme des sociétés privées.

Dans ces pays, l’Etat fournit l’infrastructure hospitalière de base, assure le soutien des personnes nécessiteuses, mais le financement est basé sur des comptes individuels d’épargne santé, complétés par des assurances contre les grands risques. Ce système innovant et pragmatique est basé sur une combinaison d’épargne obligatoire, de participation aux coûts et de liberté de choix pour des assurances complémentaires.

L’usager verse, par mensualité, une petite partie de son revenu sur un compte santé personnel. Toutes ses contributions seront capitalisées et généreront des intérêts pendant que ces comptes resteront la propriété de leurs détenteurs et peuvent être légués après un décès.

Au-delà de la gestion financière, l’environnement, l’organisation et le fonctionnement des institutions de la santé publique nécessitent une évolution permanente des compétences managériales.

Cela nécessite la mise en place de formations managériales interdisciplinaires. Dans ce sillage, plusieurs systèmes innovants de rémunération des personnels soignants sont envisageables pour permettre de les motiver à se soucier de la qualité des soins à offrir. Le paiement à la performance ou avec participation aux profits des structures publiques de soins pourrait être adopté.

Aussi, le pays gagnerait à s’ouvrir pour attirer les investisseurs qui peuvent apporter des capitaux et un savoir-faire importants. L’autre moteur de toute réforme digne de ce nom est de rendre l’industrie pharmaceutique algérienne autonome et réellement productive en lui assurant les moyens technologiques nécessaires pour pouvoir fabriquer la matière première localement.

Cela passe par la mise en place d’incitations réglementaires attrayantes pour les entreprises pharmaceutiques innovantes et un investissement massif dans la recherche et la création, mais aussi et surtout par une réelle mise à niveau de nos facultés de médecine et de nos universités.


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