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jeudi, 22 août, 2019
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Changement statique

13 août 2019 à 10 h 00 min

Les dures conditions climatiques caniculaires, plus de 44 degrés, les obstacles sécuritaires, les vacances et la proximité de l’Aïd n’ont pas eu raison de la volonté des dizaines de milliers de manifestants à travers le pays qui ont, encore une fois, démontré leur détermination, à l’occasion de cette 25e étape de la révolution populaire pacifique, afin d’exiger un véritable changement.

Les Algériens sortent depuis 6 mois et ne voient pas de suite  à leurs légitimes revendications. Aucune avancée à l’horizon, si ce n’est le rappel par le pouvoir réel, sur un ton martial, autoritaire, de la tenue des élections dans les plus brefs délais ! Pour le peuple, et en l’état, ces élections ne seraient qu’une prolongation des précédentes mandatures, avec l’intime conviction que les élections sont un moyen et non une fin.

Le problème, c’est que ni le panel, encore moins le chef d’Etat provisoire ne semblent sur la même longueur d’onde que les décideurs. Le constat est que cette crise a ruiné les confiances et fait lever les risques d’orages sociaux imprévisibles à la prochaine rentrée sociale qui n’est qu’à un jet de pierre. Les manifestants gardent le cap : ils marchent pour une République réinventée, qui prône l’unité, le progrès, une justice indépendante dans un Etat de droit. Cet Etat rêvé ne peut être celui des clans vieillots et tutélaires, qui ont conduit le pays à la ruine avec, en plus, des aspects mafieux, qui ont flirté même avec la cocaïne à grande échelle !

C’est pourquoi le peuple, dont la dignité a été largement bafouée et qui a toujours été laissé sur le bas-côté, ne veut plus revivre le même cauchemar. Le réveil de la conscience collective a été à l’origine du sursaut salvateur du 22 février dernier, qui jure que rien ne sera plus comme avant ! Et que l’avenir d’une nation ne se lit pas dans le rétroviseur ! Or, on constate, dans la réalité, que la reproduction est en marche ! Honnis et rejetés, le FLN et le RND, honteusement présentés comme les deux partis majoritaires, béquilles du régime Bouteflika, champions zélés de la chita, de la triche, des combines et de la corruption, sont remis en selle.

Avec des dirigeants tout aussi contestables que leurs prédécesseurs. Avec les mêmes mentalités et les mêmes pratiques. N’a-t-on pas compris que cette politique apparaît comme une machinerie inadaptée aux temps nouveaux ! Que la jeunesse est avide de s’impliquer, enfin, dans le développement et dans la gestion de son propre destin. Et que la société a débordé les hommes politiques alibis.

L’opération de démythification, qui se poursuit à un rythme soutenu, a montré l’horreur des pratiques scandaleuses d’une bande de copains et de coquins ; en fait, une association de malfaiteurs qui ont pris en otage tout un pays pendant des années pour finir en prison ! Engendrant un affaissement, tout autant économique que moral, dont les conséquences sont terribles pour le citoyen.

La régénération de ces partis d’un autre âge, adorateurs de cadres et de mythes, qui se réclamaient du programme présidentiel, si tant est qu’il ait existé, qu’ils ont fait semblant de défendre, avec zèle et larbinisme, jusqu’à la fin, reprennent du service, toute honte bue, sans remords ni excuses ! Cette «mue» expresse faite au pas de charge a aussi touché des organisations aussi importantes que celles des travailleurs et du patronat, dont le renouvellement s’est fait en un tournemain et qu’on a préféré mettre sur les rails d’une… infâme continuité.

Inutile d’évoquer leur servilité obséquieuse et leur alignement aveugle et indigne derrière le pouvoir déchu ! Acceptera-t-on de les laisser poursuivre leur œuvre maléfique, qui a fait tant de dégâts au pays. Sachant que la matrice de leur triste bilan s’articule autour de l’imposture, la corruption et la fraude. Ce n’est donc pas avec ces gens-là qu’on ira vers un Etat de droit, respectable et respecté, comme l’avaient rêvé nos chouhada.

Un Etat où règnent la justice équitable et indépendante, les libertés individuelles et collectives, les solidarités et la mobilisation pour l’émergence d’une nation moderne juste et forte, en mesure de faire face aux nombreux défis complexes et compliqués. Dans leurs marches, les manifestants n’ont pas manqué de fustiger la Télévision nationale qui s’éloigne de ses missions originelles, en continuant à faire l’impasse sur ce mouvement impétueux qui a pourtant suscité l’admiration du monde entier !

Pourquoi cette volonté de tenter de déprécier et de minimiser ce formidable élan citoyen ? La télé n’est-elle pas censée offrir un service public ? La question intrigue plus qu’elle ne surprend. Dans ce système sclérosé, ce qui est réconfortant, c’est ce regain de la conscience de l’enjeu national, exprimé par les masses, braquées sur leur avenir, convaincues qu’il n’y a qu’un jeu qui vaille aujourd’hui : c’est le jeu de la vérité.


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