Autisme et sagesse | El Watan
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vendredi, 20 septembre, 2019
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Autisme et sagesse

19 août 2019 à 9 h 07 min

C’est quand même curieux, voire bouleversant de croire, intensément, à une idée, à un idéal, d’être persuadé que le destin est en marche, que rien ne pourra l’arrêter, puis d’apprendre tous les jours qu’il y a comme un mur, des obstructions sous diverses formes, des empêchements de tenir des réunions, des conférences, et parfois des procédés fabuleusement ridicules et des louvoiements, des mouches électroniques qui tentent de parasiter ce beau projet. Ce qu’il faut noter, c’est que l’une des commodités de la démocratie, c’est qu’il y a, à intervalles réguliers, des élections qui retirent le pouvoir aux gens qui l’ont pour le donner aux vainqueurs des urnes.

Cela s’appelle l’alternance. Or, ce mécanisme, tous les pouvoirs qui se sont succédé à la tête de l’Etat ne l’ont pas connu, puisque ce passage de relais est une vue de l’esprit chez nous, où à la fin c’est toujours le même qui gagne. Celui désigné, mais immunisé par des élections factices, où le bourrage des urnes, la triche, le vote des morts et des électeurs à leur insu ont constitué la panoplie des «ruses» utilisées. Lors du dernier scrutin avorté, n’a-t-on pas vu les services de l’actuel Premier ministre exhiber, toute honte bue, devant les caméras des véhicules flambant neufs pleins de 6 millions de signatures en faveur du Président moribond !

Fumisterie en direct et ignoble supercherie qui renseigne sur une manière de gouverner qui s’en f… royalement des suffrages du peuple et de ce qu’il pense ! Cette manière a toujours eu cours, et ce n’est pas du jour au lendemain qu’elle changera, puisque l’on constate amèrement que le pouvoir n’est pas habitué à autre chose. C’est pourquoi la société ne veut plus subir le diktat des pouvoirs successifs qui l’ont mise hors jeu, endurant les pires dominations et les humiliations les plus abjectes. Cette gouvernance à l’emporte-pièce, en fait non-gouvernance, qui a montré ses limites, qui a dévoyé le rôle de l’Etat et contaminé les esprits, nous a égarés dans des impasses ruineuses dont il nous faut sortir coûte que coûte. C’est pour cela qu’il ne faut pas faire l’économie – le pouvoir y compris – d’une cure de réalisme.

Tout comme il est vain d’imaginer que ce même pouvoir puisse devenir soudainement, comme par enchantement, attentif à des codes qu’il ne connaît pas et qu’il refuse d’admettre. Car le mot changement dérange. Ce vocable a quelque chose de magique, de fascinant, d’incantatoire, auquel personne ne résiste. Il faudra donc se rendre à l’évidence qu’il n’y a de légitimité que celle du peuple. Et qu’on ne peut effacer un rêve si puissant, si paisible, si plausible, qu’on parvient à le faire partager à des millions de personnes, convaincues que rien ne sera plus comme avant. Ces millions d’Algériens qui n’ont pas fini de poser les bonnes questions n’obtenant que des mauvaises réponses.
Le panel vient d’accoucher d’une commission pour enrichir le débat, suggère-t-il ! N’est-ce pas Clemenceau qui avait dit : «Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission» ? Aussi respectable que celle des «sages» soit-elle…


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