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jeudi, 21 octobre, 2021
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Alerte rouge

23 août 2021 à 10 h 00 min

Les incendies qui ont ravagé l’Algérie ont enfin été maîtrisés. L’heure est au bilan et, malheureusement, il est terrible. Des citoyens, qu’ils soient de la Protection civile, de l’armée ou de simples volontaires mobilisés à travers tout le territoire, ont malheureusement laissé leur vie dans les incendies les plus dévastateurs jamais connus. Saurons-nous tirer les conclusions qui s’imposent et se préparer en conséquence ?

En 2004, un sérieux plan de lutte contre les incendies a bien été adopté par l’Assemblée nationale, malheureusement, le décret d’application n’a jamais été signé par Abdelaziz Bouteflika. De ce fait, le pays s’est trouvé démuni face à un éventuel danger. Négligence ou cynisme de la part d’un Président qui n’a jamais porté l’Algérie dans son cœur et dont toute la politique avait pour objectif de mettre le pays à genoux et de le ravaler au rang de puissance insignifiante ?

Quelle que soit la réponse, la catastrophe s’est abattue sur le peuple, laissant un traumatisme profond dont on ne mesure pas encore l’étendue.

Même si des pyromanes, ennemis déclarés du pays, sont derrière cette tragédie, il n’en demeure pas moins que les pouvoirs publics n’ont pas agi sérieusement face à ce danger qui, depuis 1962, revient cycliquement. Quand on sait que seuls 4,1% du territoire sont boisés, on mesure l’ampleur de la négligence et du laisser-aller.

Il est vrai aussi que les bouleversements climatiques sont à l’origine de ces feux qui se sont déclarés un peu partout dans le monde. Cette saison, le feu a particulièrement fait des ravages dans le bassin méditerranéen. Algérie, Grèce, Turquie ainsi qu’en Californie, au Canada et en Russie. Un désastre écologique que les scientifiques attribuent aux énergies fossiles, à la déforestation (Jair Bolsonaro, le président brésilien, veut détruire l’Amazonie, le poumon de la planète, pour faire plaisir aux multinationales) et qui, si l’on n’y prend garde, entraînera l’humanité à sa perte. Les cris de détresse lancés jusqu’à ce jour par les hommes de sciences n’ont pas eu d’écho. Leurs avis comptent parfois pour du beurre, ce qui faire dire à la sociologue Patricia Espinosa que «la science ne permet pas de voir le monde comme on voudrait qu’il soit, elle montre le monde tel qu’il est».

L’accord de Paris de 2015 sur le sauvetage de la planète n’a pas tenu ses promesses. Les trois pays parmi les plus grands pollueurs, les Etats-Unis, la Chine et l’Inde, se contentent d’émettre des vœux pieux sans s’engager outre mesure dans le programme visant à ramener l’émission de gaz carbonique à 1,5 C. Donald Trump, un ennemi avéré de la protection de la nature, a donné un coup terrible à cet accord en en retirant les Etats-Unis en 2018.

Si rien n’est fait dans les années qui viennent, une partie du littoral de la planète sera engloutie par la montée des eaux. Et des pays, comme les îles Maldives par exemple, seront engloutis. D’ici une cinquante d’années, une partie des côtes algériennes aura disparu et la plaine de Annaba, qui est au-dessus du niveau de la mer, deviendra un immense lac salé. Toutes les mises en garde à ce sujet ont été émises et répétées par le GIEC (Groupe intergouvernemental des experts pour le climat). Pour l’instant, les mises en garde sont restées lettre morte. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclenché «l’alerte rouge pour l’humanité». Il n’est pas trop tard pour bien faire. La pandémie de Covid est déjà un malheur de trop pour l’humanité.


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