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11 mars 2019 à 9 h 00 min

Apparemment, les grandioses manifestations populaires en Algérie contre la candidature de Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat, ainsi que des manifestations presque similaires au Soudan contre le criminel Omar El Béchir font peur à l’apprenti-dictateur égyptien, Abdelfattah Al Sissi.

«Actuellement, dans des Etats de notre région, les gens parlent de la situation économique et des conditions (de vie) et, ainsi, ils gâchent leur pays, le conduisent à sa perte», a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée, mais sans citer les noms des pays visés, selon l’Agence France Presse.

Qu’est-ce qui fait courir le raïs égyptien ? Craint-il que ces soulèvements populaires fassent tache d’huile et atteignent l’Egypte ? Pense-t-il que le peuple égyptien, qui étouffe sous le joug d’une horrible dictature, prenne exemple sur les Algériens et exige à son tour la fin du pouvoir dictatorial et l’instauration de la démocratie et des institutions conformes aux aspirations populaires ?

Le maréchal Al Sissi a la triste réputation d’être un traître à la démocratie. En 2011, le peuple égyptien s’était soulevé pour faire déguerpir le président Mohamed Morsi, un membre des Frères musulmans, qui avait remplacé Hosni Moubarak, destitué par le Conseil supérieur des forces armées à la suite de grandioses manifestations populaires, notamment au Caire.

Or, à peine installé à la Présidence, le nouvel homme fort a engagé au pas de charge des réformes pour transformer l’Egypte en République islamique. Les forces démocratiques se soulevèrent à nouveau, provoquant sa chute et ouvrant la voie au maréchal Al Sissi pour prendre le pouvoir. La première action de ce dernier fut de mettre en prison tous les leaders du mouvement démocratique, c’est-à-dire ceux-là mêmes qui ont fait de lui un président.

Une incroyable ingratitude qui laissait penser qu’Al Sissi voulait gouverner sans partage et, surtout, qu’il voulait devenir le maître absolu de l’Egypte, et pour longtemps. Dans ce but, il vient de faire adopter par l’Assemblée nationale – une réplique de la nôtre, c’est-à-dire composée de beni-oui-oui – une loi en vue de réviser la Constitution pour pouvoir rester au pouvoir jusqu’en… 2035.

D’où sa frayeur quand il voit une révolution pacifique, comme celle vécue par l’Algérie. A l’image des Algériens, les Egyptiens sont eux aussi imprévisibles, surtout qu’ils doivent en vouloir grandement au nouveau pharaon qui leur a confisqué la victoire et brisé leurs aspirations à la liberté.

Même s’il panique, le maréchal n’a pas le droit de tenir les propos au sujet des manifestations algériennes qui, contrairement à ce qu’il prétend, ne «conduisent pas (l’Algérie) à sa perte», mais constituent un renouveau, une renaissance de la nation algérienne. Des propos qui sont une grave ingérence dans nos affaires. Il est vrai que les potentats arabes ont une sainte horreur de la démocratie.


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