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Ils ont, à leur manière, contribué au combat libérateur, en faisant connaître la cause algérienne à travers des pays et des continents.

Un seul but : l’indépendance de l’Algérie..

13 avril 2016 à 10 h 00 min

L’écriture de cette tranche de l’histoire n’est pas aisée. Des chercheurs, historiens, journalistes, écrivains, chacun à sa manière, ont tenté de reconstituer le contexte et surtout retrouver les hommes qui ont jeté les bases des premières sélections. Notre regretté confrère Rabah Saâdallah et Djamel Benfars ont produit un livre, La glorieuse équipe du FLN (édition Enal-Gam 1985), qui restitue avec force détails les principales étapes de la création de cette équipe.

La mise sur pied de la première sélection remonte à l’année 1956. Ahmed Benelfoul et le défunt Habib Draoua (entraîneur) montent la première équipe constituée principalement de footballeurs algériens opérant en Tunisie, à l’instar de Abdelkader Zerrar, Rebih «Krimo», Salah, anciens joueurs de l’USM Alger et plusieurs autres footballeurs détenteurs d’une licence au sein de clubs tunisiens. Cette équipe prend part à des tournois en Tunisie et en Libye en 1957.

De retour à Tunis, les responsables décident de mettre sur pied une sélection qui sera appelée équipe de l’Armée de libération nationale, dont plusieurs joueurs sont des maquisards. Son responsable, M. Zighem, ne ménagea aucun effort pour que cette formation puisse jouer le rôle qui lui était dévolu. Ses joueurs participent à plusieurs tournois et matchs en Libye particulièrement et dans d’autres pays arabes. Ses initiateurs s’acquittent parfaitement de leur mission. Malheureusement, cette période et cette sélection ne seront pas mises en relief dans l’histoire du football algérien.

A la fin de l’année 1957 se déroulent les Jeux de la jeunesse mondiale à Moscou. Mohamed Khemisti, futur ministre des Affaires étrangères de l’Algérie indépendante, conduit la forte délégation algérienne qui défile à Moscou sous les yeux du président de l’Union soviétique de l’époque, Nikita Kroutchev. L’équipe de football était constituée d’étudiants (feu Larbi Mekhalfa, ex-patron du CNMS) et de jeunes joueurs évoluant à l’étranger, à l’exemple du regretté Abdelghani Zitouni, qui a porté ensuite les couleurs de l’OMR et du CRB.


Jeux mondiaux de la jeunesse

A Moscou, la sélection algérienne a fait forte impression. Des compatriotes présents dans la capitale soviétique avaient offert aux membres de la délégation des parapluies aux couleurs algériennes. Les organisateurs avaient recommandé aux dirigeants algériens présents au stade de ne pas les ouvrir pour éviter la colère de la délégation française présente aux jeux. Durant le tournoi de football, l’Algérie s’impose (8-1) face à l’Italie, écrase (15-1) l’Autriche, concède le nul (4-4) face à une sélection locale russe, étrille la France (14-4) et se qualifie pour les quarts de finale du tournoi.

A l’issue de la victoire contre la France, des supporters russes envahissent le terrain et portent en triomphe les joueurs algériens. Les dirigeants algériens ouvrent les parapluies aux couleurs de l’Algérie et ne respectent pas la consigne des organisateurs, au grand dam des Français.

Les responsables politiques qui accompagnent la sélection (Mohamed Khemisti et Omar Boudaoud) mesurent tout de suite la portée de ce qui vient de se passer à Moscou. L’idée de mettre sur pied une équipe formée exclusivement de joueurs algériens professionnels jouant en France prend forme. Mohamed Boumezrag (1912-1969) est chargé de cette mission. L’enfant de Chlef, ex-El Asnam, prend langue avec Abdelaziz Bentifour (1927-1970) pour contacter les joueurs professionnels et les convaincre de quitter la France et leurs clubs respectifs pour rejoindre Tunis et donner naissance à l’équipe du FLN.

Le choix de Abdelaziz Bentifour n’est pas anodin. Il militait au sein de la Fédération de France, collectait de l’argent et transportait des armes entre Nice et San Remo. En plus, il était respecté par tous les joueurs algériens qui accomplissaient leur carrière en France,  pays qu’il a rejoint en 1949. Il est deux fois champion de France et remporte le doublé (1952) avec Nice. En 1958, il signe à Monaco, où joue son compatriote Mustapha Zitouni.

Il dispute la Coupe du monde 1954 en Suisse sous les couleurs de la France. Quatre ans plus tard, il est présélectionné pour la Coupe du monde 1958 en Suède.

Comme Mustapha Zitouni, titulaire indiscutable après son match extraordinaire contre l’Espagne au début du printemps 1958 où il a muselé Alfredo Distefano, le meilleur avant-centre du monde.  
Le trio Mohamed Boumezrag-Abdelaziz Bentifour-Mokhtar Arribi (1924-1989) se concerte et se mettent en relation avec les joueurs pros. Les footballeurs contactés adhèrent sans hésitation au projet présenté par leurs aînés.

Quand faut-il partir ? Une première proposition fixe le départ de France à la fin de la saison 1958. Elle n’obtient pas l’agrément de tous. Son effet serait moindre que si les joueurs quittaient la France en plein championnat.

L’idée plaît et rallie les concernés. Le grand départ aura donc lieu le 13 avril 1958, au soir d’une journée de championnat. Le 14 avril 1958, la France découvre la nouvelle : 10 joueurs professionnels algériens ont quitté l’Hexagone pour rejoindre Tunis à l’appel du FLN. Il s’agit de Abderrahmane Boubekeur (1932-1999) AS Monaco, Mustapha Zitouni (1928-2014) AS Monaco, Mokhtar Arribi (né en 1924) RC Lens, Saïd Brahimi (1931-1997) FC Toulouse, Abdelhamid Kermali (1931-2013) Lyon, Abdelhamid Bouchouk (1925-2004) FC Toulouse, Amar Rouai (né en 1932) SCO Angers, Abdelaziz Bentifour (1927-1970) AS Monaco, Rachid Mekhloufi (né en 1936) AS Saint-Etienne, Kaddour Bekhloufi (né en 1934) AS Monaco. Ces dix joueurs se retrouvent avec leur famille (femmes et enfants) à Tunis au lendemain de leur fuite de la France. C’est le début de la fabuleuse équipe du FLN.

Les pros quittent la France

Le 15 avril 1958, le Front de libération nationale (FLN) diffuse un communiqué qui annonce : «Des sportifs professionnels algériens viennent de quitter la France pour répondre à l’appel de l’Algérie combattante, cinq footballeurs sélectionnés sont arrivés à Tunis. Il s’agit des frères Abdelaziz Bentifour (international A et B, Monaco), Abderrahmane Boubekeur (international militaire et B, Monaco), Mustapha Zitouni (international A, Monaco), Kaddour Bekhloufi (Monaco), Amar Rouai (Angers)… au moment où la France faisait à leur peuple et à leur patrie une guerre sans merci, ils se refusaient d’apporter au sport français un concours dont l’importance est universellement reconnue… en patriotes conséquents, plaçant l’indépendance de leur patrie au-dessus de tout, nos footballeurs ont tenu à donner à la jeunesse de l’Algérie une preuve de courage, de droiture et de désintéressement.

Le FLN envisage de créer une Fédération nationale algérienne qui demandera son adhésion à la Fédération internationale de football association (FIFA) en vue de participer aux compétitions internationales et à la prochaine Coupe du monde.» La Fédération française de football et la FIFA ne tarderont pas à régir. La FIFA menacera d’exclusion de ses rangs toute fédération qui organisera un match contre l’équipe du FLN.

Durant l’été 1958, à la fin du championnat de France, un second groupe de joueurs algériens quitte l’Hexagone pour rejoindre Tunis. Il est composé de Hamid Zouba (né en 1935) Niort, Mohamed Soukhane (né en 1931) Le Havre, Abderrahmane Soukhane (1936-2015) Le Havre, Abdelkader Mazouza (1932-1978) Nîmes, Bouchache Cherif (1929-1999) Lyon, Abderrahmane Ibrir (1917-1988) qui a joué à Marseille d’avant d’être arrêté et emprisonné. La troisième vague suivra en 1960, avec Mohamed Maouche (né en 1936) Reims, Mohamed Bouricha (né en 1934) Nîmes, Mokrane Oualiken (1933-2010) Nîmes, Ali Benfaddah (1935-1993) SCO Angers, Defnoun Dahmane (né en 1935) SCO Angers.

Ce troisième groupe, qui rejoindra l’équipe du FLN à Tunis à partir de 1960, est formé de jeunes joueurs qui se sont affirmés avec leurs clubs respectifs et qui ont été sollicités par Mohamed Maouche (Reims) sur instruction de Mohamed Boumezrag et Mokhtar Arribi. Lui, il devait partir avec le premier groupe (13 avril 1958), mais n’a pu le faire après son arrestation par la police française. Lorsque ce dernier groupe a rejoint Tunis, l’équipe du FLN comptait 32 joueurs. 
 


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