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Confédération africaine de football et coupe d’Afrique des nations

Troisième partie (1968-1978) : La longue traversée du désert

18 juin 2019 à 10 h 00 min

Après sa première participation à la CAN-1968 en Ethiopie, l’équipe nationale attendra douze longues années pour retrouver la compétition majeure de la Confédération, à savoir la CAN-1980 au Nigeria. Les verts ont raté cinq rendez-vous consécutifs entre 1970 et 1978.

Ils ont pointé aux abonnés absents aux tournois de Khartoum (1970), Yaoundé (1972), Le Caire (1974), Addis-Abeba (1976) et Accra (1978). Tour à tour, Saïd Amara, Hamid Zouba, de nouveau Saïd amara, Také Makri et Rachid Mekhloufi ne sont pas parvenus à réaliser ce qu’a fait Lucien Leduc en 1968.

Pour la CAN-1970, la CAF avait confié au Soudan l’organisation du tournoi. Le tirage au sort des éliminatoires a placé le Maroc sur le chemin de l’Algérie. Au match aller à Alger, les verts se sont imposés 2-0 grâce à des buts signés Mokhtar Kalem et Rachid Natouri.

Ils ont fait le break au cours de la première demi-heure de jeu. Saïd Amara était le sélectionneur des verts, secondé par Abderrahmane Ibrir. La victoire algérienne était amplement méritée. L’équipe alignée avait fière allure malgré l’absence de Lalmas qui ne joua pas une minute sous les ordres de Saïd Amara.

Le gardien Mohamed Abrouk (CRB) était au faîte de sa forme. Il était protégé par Attoui, Bourouba, sur les côtés, Tahar Benfarhat et Miloud Hadefi au centre. Seridi et Selmi au milieu, alors que l’attaque était conduite par Achour, Natouri, Kalem et Freha «Bekka», tête d’Or. Au match retour, l’équipe nationale a résisté avec un Mohamed Abrouk dans un grand jour.

Il a été l’artisan de la qualification. Après la qualification, Saïd Amara a remis le tablier et a été remplacé par le duo Abdelaziz Bentifour-Hamid Zouba. Après la qualification face au Maroc, l’Egypte s’est dressée sur le chemin des verts.

Au match aller au Caire, les Pharaons se sont imposés petitement à la faveur d’un but de l’ailier Chazli à l’heure de jeu. Les deux sélectionneurs ont intégré Lalmas dans l’équipe-type. Miloud Hadefi, la valeur montante du football algérien, n’a pas participé au match du Caire. Sa présence aurait pu préserver les chances de l’équipe nationale.

Au match retour disputé quelques jours plus tard à Alger, les verts ont été accrochés (1-1) et éliminés de la CAN-1970 au Soudan. Mokhtar Kalem avait redonné espoir aux millions d’Algériens en ouvrant le score en début de match, mais Chazli, encore une fois, a permis à son équipe de sauver les meubles et d’arracher le billet de la qualification.

Pour l’anecdote, comme au Caire, il a marqué le but de l’égalisation à Alger à l’heure de jeu. L’élimination a occasionné une déception à la hauteur des espoirs qu’avait fait naître le mach du Caire, et ce, malgré la courte défaite concédée au stade international.

Les verts n’ont pas eu le temps de gamberger. La CAN-1972 au Cameroun est vite arrivée avec ses éliminatoires. Encore une fois, le tirage au sort n’a pas été tendre avec l’équipe nationale puisqu’il a placé dans son couloir le Maroc, auréolé d’une honorable participation à la Coupe du monde 1970 au Mexique.

Le sélectionneur Hamid Zouba a préparé un onze avec plusieurs joueurs à vocation offensive, Betrouni, Henkouche, Selmi, Tahir, Lalmas, Tchalabi.

L’équipe nationale encaisse un but dès les premiers instants de la rencontre. Benene surprend Abrouk. Le coach du Maroc, le Yougoslave Vidinic, a aligné l’ossature qui a participé au mondial mexicain avec la vieille garde composée de Allal, le gardien, les défenseurs, Boudjemaa, Moulay Idriss, Slimani, et le maestro Dris Bamous.

A la mi-temps, Hamid Zouba galvanise ses joueurs et leur demande de ne pas regarder jouer le Maroc. Message reçu cinq sur cinq. Mokhtar Kalem se chargea d’inscrire un triplé à Allal, que la grande équipe d’Allemagne a eu d’énormes difficultés à lui marquer deux buts au Mexique.

Au match retour à Casablanca, le Maroc renversa la vapeur, marqua trois buts et arracha la qualification au second tour. Le Maroc a inscrit le but de la qualification dans les temps morts suite à un mauvais placement des défenseurs algériens.

Le défenseur Boudjemaa, monté prêter main forte à ses attaquants, a trouvé le chemin des filets au milieu des jambes de plusieurs défenseurs algériens. Le gardien Mohamed Abrouk, gêné par des défenseurs, n’a pas vu le ballon arriver. Dans le camp algérien, la déception était immense. Il était écrit quelque part que l’Algérie ne participera à aucune CAN dans les années 1970.

L’élimination de la CAN-1972 a précipité le départ de Hamid Zouba et l’arrivée de Rachid Mekhloufi à la tête de la sélection nationale qu’il quittera en mars 1972 après la lourde défaite (1-5) concédée à Conakry face à la Guinée dans les éliminatoires de la Coupe du monde 1974. Youcef El Kenz et le Dr Sellal prendront la suite jusqu’à la veille des éliminatoires de la CAN-1974 en Egypte.

Dans les éliminatoires de cette compétition, l’Algérie hérite de l’Ouganda comme premier adversaire. Pour conduire les Verts dans les éliminatoires, la Fédération rappelle Saïd Amara. Au match aller à Kampala, la sélection s’incline (1-2). Obua a ouvert le score pour son équipe. Rabah Gamouh a égalisé avant la mi-temps et le même Obua a redonné l’avantage à son équipe.

Tout le monde pensait que le match retour, au stade du 5 Juillet, serait à la portée des verts. Pour préparer le seconde manche, l’équipe nationale dispute un match de prestige contre le Brésil de Clodoaldo, Rivelino (champions du monde en 1970) avec à la baguette le toujours jeune Mario Zagalo. Les verts s’inclinent (0-2).

10 jours plus tard, les verts accueillent l’Ouganda. Pour ce match, Saïd Amara a fait appel à Abdelghani Djadaoui, meilleur joueur du FC Sochaux (France). Contre toute attente, les verts ont évolué la peur au ventre. Après une première période insipide, Miloud Hadefi marque le but de l’espoir.

La joie dans le camp algérien sera de courte durée. L’inévitable Obua égalisa quelques minutes après le but de Miloud Hadefi. Le sélectionneur Saïd Amara remplaça à la mi-temps Abdelghani Djadaoui par Fendi (MO Constantine).

La partie s’est achevée dans la confusion et sous les quolibets des supporters qui n’épargnèrent ni le sélectionneur ni les joueurs. Encore une sortie sans gloire et une élimination précoce. Saïd Amara n’a pas survécu à l’élimination. L’Algérie n’ira pas en Egypte. Pour préparer les éliminatoires de la Coupe d’Afrique 1976 en Ethiopie, la Fédération fait appel à l’entraîneur roumain du RC Kouba, Také Makri.

Il prépare son équipe en attendant le premier match face à la Tunisie en mars 1973. A Tunis, les camarades du gardien Saïd Ouchen pensent avoir fait le plus difficile en tenant en échec leur bête noire, la Tunisie. Rabah Gamouh a ouvert la marque à l’heure de jeu et l’inévitable Chakroun a égalisé à une poignée de secondes de la fin du match. Pour mettre toutes les chances du côté de l’équipe nationale, la Fédération a domicilié le match retour à Oran.

Les supporters oranais ont répondu massivement à l’appel pour venir soutenir les verts. Les Tunisiens, fidèles à leurs habitudes, jouent la prudence et trouvent l’ouverture juste avant la mi-temps par l’entremise du renard des surfaces, Khouini. Meziane Ighil égalise avant l’heure de jeu et les Tunisiens marquent un but assassin, toujours par Khouini, en fin de partie.

Cette année-là, les Tunisiens ont été les bourreaux de l’équipe nationale. Après la CAN, ils ont de nouveau éliminé les verts des Jeux olympiques de 1976 organisés par le Canada. Také Makri paiera la facture de la double élimination. Rachid Mekhloufi est ensuite chargé de qualifier l’équipe nationale à la CAN-1978 au Ghana.

Sous sa conduite, les verts franchissent le premier tour en éliminant le Kenya 4-1 et 1-2. Au match aller à Alger, les verts s’imposent 4-1 grâce à un doublé de Baileche (JSK) et des buts signés Betrouni et Tlemcani (CRB).

Au match retour, ils concèdent une courte défaite (1-2) sans conséquence pour la qualification. Abdelkader Ighili (CRB), l’enfant d’El Affroun, a marqué le but algérien à Mombassa. Au tour suivant, l’Algérie tire la Zambie la puissance montante du football africain, qui sera endeuillée par un tragique accident d’avion, survenu à Libreville, qui décima la sélection.

Au match aller à Alger, les verts prennent le dessus sur les Tchipolo-Tchipolo (2-0) grâce à des buts signés Ali Messaoud et Ighili. Au match retour, les zambiens s’imposent sur le même score. C’est la série de penalties qui départagera les deux formations. Dans cet exercice, les zambiens se montrent les plus adroits et s’imposent sur le fil (6-5). Les verts n’iront pas au Ghana en bouclant douze ans de disette.

La traversée du désert a été très longue. L’Algérie retrouvera la CAN en 1980 au Nigeria avec la génération montante qui atteindra la finale au Nigeria et propulsera l’équipe nationale pour la première fois en Coupe du monde. L’âge d’or du football algérien commencera à cette époque. 


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