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vendredi, 18 octobre, 2019
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Slimane Saâdoun. Ecrivain

«Fadhma N’Soumer est un personnage très important dans l’histoire de l’Algérie»

18 juin 2019 à 10 h 00 min

– S’agit-il d’un roman biographique ?

C’est un roman historique et non l’histoire de Fadhma N’Soumer. J’ai respecté les faits historiques, les événements, les personnages, etc., et en même temps, j’ai pris mes libertés et donné libre cours à mon imagination. Il y a toujours une part de fiction dans un roman.

En outre, j’ai tout fait pour ne pas tomber dans le piège de la facilité. Je me suis assez documenté avant de franchir le pas et d’entamer la rédaction de ce roman.

– Il y a beaucoup de héros et d’héroïnes qui ont conduit la résistance, que ce soit au début de la conquête française ou durant la glorieuse Révolution de 1954. Pourquoi votre choix s’est-il porté sur Lalla Fadhma N’Soumer ?

Fadhma N’Soumer est un personnage très important dans l’histoire de l’Algérie. Elle est devenue un personnage mythique. Cette héroïne était et est toujours victime d’une terrible injustice. Tout le monde parle d’elle, mais, hormis les faits de guerre, on ne sait que peu de choses sur elle.

Sa vie de femme demeure méconnue. En la découvrant petit à petit, elle m’a subjugué, elle m’a vraiment fasciné. Je vous raconte cette anecdote. J’avais appris via un ami que lors des années 1990, un groupe terroriste avait tenté à plusieurs reprises de saccager la tombe de Fadhma N’Soumer qui se trouve à Tablat, dans la wilaya de Médéa.

En 1995, ses ossements ont été ensuite transférés au cimetière El Alia. Je n’arrive pas comprendre pourquoi toute cette haine envers cette femme légendaire. C’est ce qui m’a poussé à m’engager corps et âme dans un travail de recherche qui s’est étalé sur des années.

– Pourquoi ce choix du titre Lalla N’Ouerdja La Révoltée et non pas la résistante ?

Je me suis axé beaucoup plus sur sa révolte. Elle était d’ailleurs une femme continuellement révoltée. Dès l’âge de 6 ans, elle avait tout fait pour étudier à la zaouia auprès de son père. Intellectuellement, elle avait largement dépassé ses frères. Ce qui m’a le plus surpris, c’était sa révolte contre les traditions de l’époque.

A l’âge de 16 ans, elle a été mise en quarantaine, puis mise dans une cellule, car elle avait refusé de se marier à l’un des nombreux prétendants.

Elle avait engagé un bras de fer avec sa famille, son village et toute la société conservatrice de marabouts. Elle est allée jusqu’au bord de la folie. On peut dire qu’elle est l’une des premières féministes de son époque. Après la mort de son père, Fadhma a été mariée de force par son frère, mais elle n’avait pas baissé les bras.

La jeune fille fit une fugue et revint chez ses parents. Elle était aussi victime de dépressions. Il faut toujours se demander comment une jeune fille élevée dans un environnement conservateur, issue d’un village de marabouts à l’époque du XIXe siècle puisse se faire reconnaître comme un guide spirituel et chef de guerre !

– Pensez-vous que c’est une figure de proue de la résistance algérienne à la place qu’elle mérite ?

Malheureusement, Fadhma N’Soumer, cette femme d’exception, ce symbole emblématique de la résistance, n’a pas la place qu’elle mérite dans l’Algérie indépendante. Malgré tous ses sacrifices, elle continue à subir l’injustice.

Ça me chagrine de ne rien trouver d’intéressant dans les manuels scolaires sur le parcours légendaire de cette femme qui a défié l’armée coloniale à plusieurs reprises.


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