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Scandale au siège de la LFP : Des employés transférés dans un… dépotoir !

23 juillet 2020 à 9 h 45 min

Scandaleux ce qui se passe au niveau du siège de la Ligue de football professionnel (LFP), sis au 554 Tour les Halles El Djawhara de Belouizdad, à Alger.

Au moment où le siège en question, formé de trois spacieux et luxueux appartement au 3e étage de la tour, a connu un grandiose lifting (photos et vidéos à l’appui), les responsables de l’instance qui gère les championnats dits professionnels, se sont distingués par une action des plus abjectes, en forçant quatre cadres de l’administration, qui plus est des plus anciens de la boîte, à travailler trois étages en dessous (rez-de-chaussée), dans un semblant d’appartement, qui n’est en fait qu’un dépotoir insalubre (voir photos), en pleine pandémie de coronavirus.

Les faits remontent à quelques jours seulement. Sitôt le luxueux lifting des trois appartements du 3e étage de la Tour, faisant office de siège de la LFP achevé, les employés de la Ligue ont été conviés, au début du mois à retrouver leurs bureaux, sauf quatre cadres.

Ces derniers ont été invités un à un rejoindre le rez-de-chaussée, dans le fameux appartement-dépotoir, qui de surcroît n’appartient même pas à la ligue, et qui en fait a été généreusement laisser à sa disposition par la CNEP, qui en est le propriétaire, le temps des travaux pour servir de dépotoir de détritus du chantier engagé trois étages plus haut par la Ligue.

Avisé de cette situation par une source au sein de la LFP, avec des photos comme preuve, on a entrepris de contacter les quatre employés cadres en question pour connaître les faits. Deux d’entre eux nous ont répondu.

Mme Douha F., cadre à la LFP depuis 16 ans, et qui n’a repris le travail que la semaine dernière, car étant dispensée en raison de la pandémie, n’en revient pas de côtoyer les détritus et les rats, alors que ses collègues sont installés dans leurs bureaux retapés à neuf. Hésitant à aborder le sujet avec nous, elle finira après insistance par répondre. «C’est un endroit infect, insalubre et nauséabond. Les détritus jonchent le sol et les murs sont fissurés.

Il y a même des rats et l’odeur est insupportable», témoigne Mme Douha. «Même sur le plan logistique, je ne peux travailler. J’ai été affectée dans une salle où les prises électriques ne fonctionnent pas. Je n’ai pas internet et même mon ordinateur et ses accessoires n’ont pas été branchés. Les dossiers qui sont sous ma responsabilité m’ont été enlevés, et ce qui reste a été bazardé sur une table et sur le parterre insalubre», révèle encore cette cadre de la Ligue.

Et de poursuivre : «Pourtant, ce n’est pas l’espace qui manque au 3e étage, puisqu’on a toujours travaillé sans aucune gêne et il n’y a jamais eu de problème d’exiguïté. Et même si c’était le cas, la décence aurait voulu qu’on m’affecte dans des locaux propres et salubres, non qu’on m’installe entre les détritus.»

Ne comprenant pas les raisons d’une telle affectation, la concernée a adressé une lettre de réclamation au président de la Ligue, Abdelkrim Medouar, en mettant en exergue l’absence d’hygiène et de sécurité comme exigé par le code du travail, afin de lui changer de bureau, mais en vain. Une mésaventure, qu’une autre cadre de la Ligue se prépare à vivre, puisque n’ayant pas encore été rappelée à reprendre son poste depuis qu’elle a été dispensée en raison de la pandémie de Covid-19, du confinement mais aussi des travaux de réaménagement du siège de la Ligue entamés juste avant.

Il s’agit de la juriste Mme Belmadani K., qui a été avisée que son bureau du 3e étage avec tout le matériel qui va avec est désormais occupé par un nouveau juriste, fraîchement recruté par Medouar et son SG. «En fait, j’ai fait un saut au siège de la Ligue le 15 juin pour reprendre mon service, mais le SG m’a dit de rester chez moi, vu que les travaux des appartements au 3e étage n’étaient pas encore achevés.

Entre-temps, j’ai été avisée, il y a une quinzaine de jours par mes collègues, que mon bureau et mes outils de travail ont été confiés à un nouveau juriste, et que mes effets personnels m’ont précédée dans les locaux du rez-de-chaussée et mis dans une corbeille (voir photo).

On m’a aussi parlé de l’état de ce local, mais j’attends qu’on me rappelle pour reprendre du service et voir par moi-même», explique la juriste, qui ne cache pas son étonnement sur cette affectation dans un tel local. «J’ai fait un saut à la Ligue le 15 juin dernier pour reprendre mon service, le SG m’avait dit que je serais rappelée dès que les travaux au 3e étage seront achevés, alors que font mes effets personnels au rez-de-chaussée et dans une poubelle ?» s’interroge Mme Belmadani.

Voulant avoir le témoignage des deux autres cadres confrontés à cette même situation, ces derniers sont restés injoignables. On a toutefois appris de nos sources au niveau du siège de la LFP, que les deux cadres, ingénieurs de leur état et exerçant depuis une douzaine d’années au niveau de l’instance, ont refusé de travailler dans les locaux en question en raison l’insalubrité et des détritus.

L’un d’eux s’étant même accroché avec le SG, Mourad Boussafer, devant tous les employés, refusant qu’il travaille dans les locaux insalubres, alors que le second a préféré prendre un congé, pour éviter de travailler dans un dépotoir.

Un scandale ahurissant, aggravé par le fait qu’on a appris, toujours de nos sources au sein de la Ligue, que Medouar occupe désormais tout un appartement à lui tout seul en guise de bureau après les travaux de réaménagement, alors qu’il n’y a que le SG et quelques proches du président dans le 2e appartement.

On a aussi appris qu’une jeune nouvelle employée, fraîchement recrutée, s’est vu attribuer un bureau à elle seule, alors qu’il y avait deux fonctionnaires avant les travaux dans cette spacieuse salle, dénotant que toutes les astuces ont été employées pour «chasser» ces quatre cadres, visiblement «indésirables».

C’est en tous les cas la seule explication à donner à cette décision de Medouar et de son SG, de contraindre les quatre cadres employés à choisir entre travailler dans les «ordures» ou de prendre la porte de sortie.

Des faits, et une histoire qui a tous les relents d’un règlement de compte flagrant, dont il serait très intéressant d’en connaître les tenants et les aboutissants, avec des responsables, qui par un abus de pouvoir criant, auraient opté pour le stratagème du harcèlement moral, dans un but inavoué : celui de pousser ces cadres à la démission… Affaire à suivre !


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