Abdenacer Almas. Président du Mouloudia d’Alger : «La décision de maintenir le championnat a le mérite de mettre fin aux spéculations, mais…» | El Watan
toggle menu
mardi, 22 septembre, 2020
  • thumbnail of elwatan07092020





Abdenacer Almas. Président du Mouloudia d’Alger : «La décision de maintenir le championnat a le mérite de mettre fin aux spéculations, mais…»

03 juin 2020 à 9 h 30 min

A la tête de la SSPA/Le Doyen depuis janvier dernier, le président du Mouloudia d’Alger évoque dans cet entretien plusieurs points liés à l’actualité sportive nationale, en particulier celle de son club.

De la décision de poursuivre le championnat, en passant par les affaires Merouani et El Ghorbal, mais aussi de la gestion de son club, avec la décision de réduire les salaires des joueurs, en passant par la baisse de la masse salariale et la stratégie de faire confiance aux jeunes, Abdenacer Almas répond sans langue de bois.

Entretien réalisé par  Tarek Aït Sellamet

 

-Le BF de la FAF a maintenu, dimanche dernier, sa décision d’aller au bout de la saison en cours, même s’il n’a pas fixé d’une manière claire une date pour la reprise. Votre commentaire…

Maintenant, je peux dire que la FAF a pris «la décision» qui s’impose. On était vraiment dans le flou. Cette décision a le mérite de mettre fin aux spéculations. On ne pensera plus qu’à la reprise des entraînements et de la compétition. C’est la première bonne chose. Pour la seconde, il faut savoir que c’est maintenant que le vrai travail va commencer. Je m’explique : on est dans une situation exceptionnelle avec une pandémie qui touche le monde entier. De ce fait, j’espère que les instances qui gèrent le football national (FAF et LFP, ndlr) vont bien réfléchir aux mécanismes à mettre en place pour la reprise de ce championnat, sans créer d’interférences et de problèmes supplémentaires aux clubs. Parce que, croyez-moi, cela ne sera pas facile de gérer une reprise après trois mois d’arrêt complet. D’ailleurs, on ne sait même pas si le confinement va aller au-delà du 13 de ce mois. Donc, ce n’est qu’à partir de la levée de ce confinement qu’on pourra avoir une date précise pour la reprise. Et quand je dis reprise, il sera d’abord question de reprendre la préparation avant de parler de compétition. Il y a aussi un autre problème dont on ne parle pas, et qu’on doit prendre très au sérieux à mon avis.

-Quel est ce problème ?

Eh bien, c’est celui de la nouvelle saison. Parce que cette saison a été presque sacrifiée par cette pandémie, mais j’espère que la reprise de la saison actuelle ne va pas influer sur le prochain exercice. Car si on ne fait pas attention, on risque d’entacher deux saisons consécutives.

-Justement, selon plusieurs techniciens, si on ne reprend pas avant le 30 juin, ça ne sera pas possible de poursuivre la saison actuelle sans que cette dernière n’affecte la préparation et la compétition du prochain exercice. Qu’en pensez-vous ?

Pour moi, les avis de tous les techniciens qui exercent sur le terrain sont crédibles. Moi je suis gestionnaire dans le sport, je suis donc au courant de ces aspects à travers nos staffs technique et médical. Je pense que cet avis est même majoritaire. Maintenant que la décision est prise d’aller au bout de cette saison, à la bonne heure ! Mais il faudra faire attention, réfléchir à la meilleure manière d’effectuer cette reprise. Reprendre au mois de juillet en plein été, ce ne sera pas facile, il y a aussi la problématique des déplacements et de l’hébergement des délégations dans les hôtels. Tout cela, il faudra le gérer. Donc, il ne faudra pas juste décider de reprendre sans prendre les mesures qui s’imposent dans une telle situation (protocole sanitaire, Ndlr). C’est pour cela que j’ai dit en prélude que c’est maintenant que les problèmes et le vrai travail vont commencer. Il ne faudra pas attendre qu’on reprenne.

C’est dès maintenant qu’il faut trouver des solutions.

-Malgré toutes ces craintes, il faut dire qu’une reprise vous arrange, du moment que vous avez toujours été pour la poursuite de la saison…

Tout à fait. Nous, au Mouloudia, cela nous arrange du moment qu’on est en course pour le titre, et on ne le lâchera pas. Mais on est aussi de l’avis de la majorité. Toutefois, il y a une situation exceptionnelle pour laquelle il faut des mesures exceptionnelles. Il faut vraiment de grands moyens et beaucoup de réflexion pour limiter au maximum les risques en raison de cette pandémie de coronavirus.

-Dans le sillage de l’affaire du fameux enregistrement téléphonique, le MCA s’est retrouvé devant deux affaires. Celle de Merouani et du Soudanais El Ghorbal. Qu’avez-vous à nous dire à ce sujet ?

Pour nous au Mouloudia, il n’y a pas d’affaire Merouani. Le MCA a le droit de convoquer n’importe lequel de ses employés, et ce n’est pas pour autant qu’il y a une affaire. Le nom du manager impliqué dans le fameux enregistrement a été rattaché à celui de notre joueur, et on était en droit de connaître les détails. On a donc entendu Merouani et c’était beaucoup plus pour le protéger que pour autre chose. Surtout que c’est un jeune et prometteur joueur. En plus, du moment que l’affaire de l’enregistrement est en justice, on n’a plus le droit de spéculer et de commenter. Laissons la justice faire son travail et arrêtons de dire n’importe quoi.

-Et pour ce qui est d’El Ghorbal ?

Vous me donnez là l’occasion de tirer certaines choses au clair. D’abord, c’est quoi l’objectif de ces gens d’évoquer El Ghorbal ? Qu’on le veuille ou non, le Mouloudia a des ennemis aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. Ce qui a été dit et commenté sur une prétendue somme de 12 000 euros prise par ce joueur sans signer au MCA est grave et totalement dénué de tout fondement. Il n’a pris aucun sou. Je me suis renseigné et il est vrai que bien avant mon arrivée, la direction de l’époque a négocié avec le joueur sans aboutir. Je suis catégorique, El Ghorbal n’a pris aucun sou du MCA.

-Le conseil d’administration a décidé une baisse de 50% des salaires des joueurs pour la période où la compétition est à l’arrêt. Avez-vous obtenu l’accord des joueurs ?

Effectivement. Certains clubs nous avaient devancés en annonçant une baisse de 50%, donc on s’est entendu au sein du CA, en présence du capitaine et de deux joueurs de s’aligner sur ce taux et ne pas faire exception, histoire d’éviter les commérages qui ne servent à rien. Tarek
Laâzizi, notre coordinateur a, par la suite, appelé les joueurs un par un. Et je peux vous dire que la majorité écrasante des joueurs ont donné leur accord de principe. Il leur reste à nous retourner l’accord par un document écrit et signé pour entériner cette baisse incessamment.

-Et quel sera le sort qui sera réservé aux rares joueurs qui ont refusé cette baisse ?

Pour ce cas précis, on a notre plan, légal je le précise, qu’on appliquera à leur encontre. Mais je préfère ne pas le divulguer pour le moment.

-En prévision de la nouvelle saison, vous avez décidé d’un plafonnement des salaires, qui ne semble pas plaire à certains cadres. Où en êtes-vous avec cette décision ?

En fait, c’est un plan pour une baisse de la masse salariale du club qui est plus que nécessaire. D’ailleurs, permettez-moi de lancer à partir de cette tribune un appel aux présidents de clubs.

-Allez-y…

Faisons un effort, car c’est un problème qui concerne tous les clubs. Soyons honnête et logique : la plupart des clubs sont financièrement en crise, avec des joueurs qui n’ont pas été payés depuis plusieurs mois et des dettes qui ne cessent de s’accumuler. Les responsables de clubs se plaignent de ne plus avoir d’argent pour payer leurs joueurs. Mais malgré cela, certains ne s’empêchent de faire dans la surenchère et la spéculation pour obtenir les faveurs de nouveaux joueurs.

En plus, beaucoup spéculent avec l’argent de l’Etat et du peuple octroyé au club. Il faut reconnaître : on est des sociétés commerciales (SSPA, ndlr) que sur le papier. On est des sociétés qui ont des dépenses et qui ne font rentrer aucun sou. Arrêtons de proposer ces salaires imaginaires aux joueurs. Soyons logiques. J’appel les présidents de clubs dans ces conditions à s’unir et faire arrêter cette saignée de notre football, qui ne peut sortir du contexte économique, social et culturel de l’Algérie.

-Pas facile de persuader les clubs d’en faire de même…

On n’envie pas les joueurs, mais il y a des limites. En plus, soyons légalistes : une société sportive commerciale qui engloutit 90% de son budget uniquement dans la masse salariale est normalement déclarée en faillite. Où est l’investissement ? Où sont les frais de gestion ? Je suis un gestionnaire et je dois agir en tant que tel, et c’est pour cette raison qu’il est de mon devoir de réduire la masse salariale du club, qui est une société commerciale, ne l’oublions pas. En fin de saison, on va réunir tous nos salariés, joueurs et staff pour les sensibiliser sur cette stratégie nécessaire, et je suis persuadé qu’ils vont comprendre la situation.

-Vous avez également décidé de changer de stratégie à l’intersaison, de bannir les gros salaires et de faire confiance aux jeunes du cru. Une stratégie qui fait quelque peu jaser, surtout du côté des supporters. Qu’en est-il au juste ?

Des fois, les gens donnent une autre dimension à certaines déclarations. On donnera la priorité aux jeunes du club, certes. Parce que moi je ne comprends pas que l’on fasse de la formation et que l’on débourse de l’argent, ce qui est un investissement et qu’à la fin on ne sorte pas notre produit pour renforcer l’équipe première.

Ces jeunes doivent être le réservoir futur de l’équipe première. Je ne peux donc pas vous dire combien de jeunes seront promus, mais il y en aura, c’est certain. Mais si demain on arrive à la conclusion qu’il n’y a pas de jeunes qui méritent d’être promus, cela voudra dire qu’il n’y a pas eu de travail de formation. On déboursait de l’argent, on faisait semblant de former, mais en réalité on n’a rien fait. On va réorganiser le club de l’école jusqu’à l’équipe première. Cette dernière n’est en fait qu’une vitrine du club.

Notre objectif à ce sujet, je vous le résume en une phrase : en période de mercato, si je dois ramener un joueur de l’extérieur, c’est que ce dernier doit avoir un profil et un niveau qu’on n’a pas dans notre groupe de jeunes. Donc, si c’est pour ramener un élément externe du même niveau que nos jeunes, je préfère de loin notre joueur, sur qui on a investi et qui doit être promu. C’est aussi simple que ça.



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!