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Parmi les grands joueurs que Sétif a enfantés depuis la nuit des temps, Abdelhamid Salhi a une place de choix.

Abdelhamid Salhi : Qu’il était Grand le «petit»

16 mai 2018 à 12 h 00 min

Il a été le digne héritier de Abdelhamid Kermali, Rachid Mekhloufi et toute une pléiade de footballeurs talentueux. Comme tous les enfants de sa génération, le virus du football a pris sur lui très tôt. Il est né le 27 août 1947 à Sétif. A 14 ans il était une terreur sur les terrains vagues. Il fréquentait le lycée Kerrouani, ex-Albertini, et participait aux matchs interlycées.

Un jour, son meilleur ami, Mohamed Belbey qui présidera plus tard l’Entente de Sétif, lui lance : «Que dirais-tu si on allait demander à l’USMS , ex-USFMS, de signer en cadet ?» Sur-le-champ, ils se rendent au siège du club. Le préposé leur fait savoir que personne ne peut les recevoir parce que les dirigeants sont en réunion. En fin de journée, Abdelhamid Salhi croise Lounis Mattem qui lui propose de signer à l’ES Sétif. Le futur lutin des noir et blanc se dirige vers le cercle de l’Entente où l’accueille Ali Benaouda, dit Layas, qui, déjà, était l’homme à tout faire du club. Ce dernier ne perd pas de temps, sort une licence cadet et Salhi la signe.

Avant de se quitter, Layas dit à Abdelhamid : «Présente-toi demain au stade pour un entraînement à 4h du matin.» Au bout de quelques matchs en cadet, Layas exhorte les dirigeants à procéder au surclassement de la pépite qu’il a fait signer quelques jours auparavant. Rendez-vous est pris au siège de la ligue de Constantine avec le docteur Bencharif, qui donne le feu vert pour le surclassement du prodige. Feu Mokhtar Arribi, le coach des seniors, a rapidement décelé le talent de Abdelhamid. Il le prend sous sa coupe, lui prodigue des conseils et le prépare en prévision de ses grands débuts avec les seniors. Le Rubicon est franchi la veille de la rencontre USMA-ESS à Alger.
Abdelhamid Salhi est dans le groupe pour le déplacement. Il est encore cadet 2e année. Mokhtar Arribi prend le maillot n°10 et le donne à Salhi. Dans le vestiaire, se mêlent surprise et incompréhension. Un cadre de l’équipe chuchote : «Si Mokhtar tu es fou, il est encore trop jeune pour ce type de rendez-vous.» Sétif gagne 1-0 grâce à un but de Messaoud Koussim sur passe de Salhi. Dans les vestiaires, Mokhtar Arribi lâche : «Il est petit le garçon !» Abdelhamid Salhi ne pouvait rêver meilleur début de carrière.

Celle- ci une fois lancée, le mena aux cimes du football algérien. Que de titres gagnés, de sélections (34) honorées, de distinctions méritées, à l’instar de celle que lui a décerné le Comité olympique international (CIO) pour sa carrière exemplaire et son légendaire esprit sportif, pas un avertissement durant toute sa carrière. La saison 1968 restera la plus belle pour Salhi et les sétifiens. Ce fût celle du doublé. Et quel doublé ! En finale contre le NAHD, victoire 3-2 de l’ESS, Salhi a marqué le but de la victoire d’une finale mémorable. Cette saison-là, Sétif a joué une «seconde finale».

A la veille de la dernière journée de championnat, Sétif se déplaçait à Oran pour affronter le MCO qui le talonnait à 3 points. Pour être champion, le MCO devait gagner par 4 buts d’écart. Il a réussi à marquer 3 buts et Ferchichi (gardien de l’ESS) a tout arrêté en fin de partie. Les 2 équipes ont terminé avec le même nombre de points et Sétif a été déclaré champion grâce à son meilleur goal-average de l’aller. Sur ces matchs, Salhi se souvient : «On a réalisé une grande saison et on a été présents lors des deux matchs contre le NAHD et le MCO. C’est le meilleur souvenir de ma carrière de joueur avec Sétif.»

Lorsque Lucien Leduc, sélectionneur des Verts, fait appel à lui pour la première fois en 1967 contre la France, Abdelhamid Salhi a tout juste 20 ans. Il est remplaçant, il rentre en seconde période et réalise de belles prouesses. Il rate la CAN-1968 en Ethiopie à cause d’une blessure. En 1973, il fait partie avec Tahar, Ouchen, Dali, de la sélection africaine drivée par Rachid Mekhloufi lors de la mini Coupe du monde organisée au Mexique. La presse mexicaine n’a pas tari d’éloges sur le meneur de jeu sétifien.

Il avait le talent pour faire une très grande carrière en équipe nationale. Malheureusement, les blessures et certains choix incompréhensibles des différents sélectionneurs qui se sont succédé à la tête des Verts à cette époque n’ont pas permis à Salhi d’avoir la carrière internationale qu’il méritait. Qu’il était Grand le «petit»…
 


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