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Logement, pénurie d’eau, électricité…

La colère monte dans plusieurs villes

31 juillet 2018 à 6 h 49 min

Plusieurs villes et localités des Hauts-Plateaux et du sud du pays vivent, ces derniers mois, au rythme de protestations à caractère socioéconomique. Des coupures d’électricité au chômage, en passant par le manque d’infrastructures de base, les habitants de ces régions arides et désertiques crient leur colère.

A Béchar, cette wilaya de 165 000 habitants, des groupes de personnes se sont élevés contre les récurrentes coupures d’électricité et d’eau, devenues insupportables durant cette période de grandes chaleurs. A Adrar aussi, la chaleur torride de cet été a fait sortir des populations dans la rue, réclamant la gratuité de l’électricité.

Mais pas seulement, les protestataires parlent de chômage, de logements, de structures de soins, de moyens de transport, de marginalisation, de passe-droits… La litanie est longue.

A Djelfa, une délégation officielle conduite par le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, pour présenter les condoléances du gouvernement à la famille du défunt Ahmed Bencherif, a été prise à partie par une population en furie.

L’absence d’officiels à l’enterrement du colonel Bencherif, «un héros de la Révolution», a été la goutte qui a fait déborder le vase, ont expliqué les manifestants qui ont tenu le lendemain de la visite de M. Bedoui un rassemblement par lequel ils dénonçaient le manque de développement et la mauvaise gestion dans cette wilaya steppique, connue pour son apport considérable dans l’élevage ovin et caprin.

A Ouargla, un concert de raï a été empêché par des groupes de personnes au nom des nombreux problèmes socioéconomiques que connaît la population. L’accent a été mis sur le sous-développement de cette wilaya, qui recèle d’importants gisements de pétrole, notamment à Hassi Messaoud.

Au-delà du modus operandi, la réalité est là, têtue. Le travail devient de plus en plus difficile à trouver et l’activité économique est quasi inexistante, en dehors des multinationales qui n’ont pas besoin de la main-d’œuvre locale.

A Saïda, des habitants, en colère, s’en sont pris au cortège du ministre de l’Intérieur. Leur action est justifiée par les promesses non tenues des membres du gouvernement en matière de création d’emploi et de développement en général.

On retrouve ce sentiment d’abandon et de marginalisation même dans certaines régions plus au nord, où des populations coupent des axes routiers ou ferment des administrations locales pour exiger la prise en charge de leurs revendications, qui peuvent aller de la simple réparation d’une conduite d’eau à la création d’emploi.

Ces poches de protestations sociales renseignent ainsi sur la colère latente de la société, qui subit depuis plus de quatre années les contrecoups d’une crise financière dont elle n’est pas responsable.

Le plus inquiétant n’est pas le bouillonnement de la société, qui manque de mille et une choses dans un pays qui peine à amorcer son développement, mais plutôt la réaction empreinte d’impuissance du gouvernement.

S’exprimant lors d’une activité de son parti, le RND, Ahmed Ouyahia a dénoncé le recours à l’émeute et à la casse pour protester contre des problèmes sociaux, sans annoncer des mesures ou tout au moins s’engager à trouver des solutions aux difficultés socioéconomiques rencontrées par ces populations.

En tentant de délégitimer les revendications des populations de ces régions au climat particulièrement éprouvant, M. Ouyahia cache mal son incapacité à répondre favorablement aux problèmes multiples générés par un sous-développement persistant depuis plusieurs années.

Car, quand l’Algérie se trouvait en aisance financière, le gouvernement dépêchait des délégations ministérielles pour apaiser les esprits et promettre des solutions aux protestataires.

Cette impuissance face aux soulèvements de populations, aussi bien au Sud que dans les Hauts-Plateaux, n’augure rien de bon pour l’avenir du pays. Le risque d’une grave explosion sociale n’est pas à écarter.

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