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PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN

Washington prévient Téhéran

25 novembre 2021 à 10 h 05 min

Les Etats-Unis ne resteront pas «les bras croisés» si l’Iran ne négocie pas de bonne foi pour sauver l’accord sur son programme nucléaire et continue à le développer.

C’est ce qu’a déclaré l’émissaire américain Rob Malley dans un entretien qui sera diffusé vendredi par la radio publique américaine NPR, dont des extraits recueillis par l’AFP ont été publiés hier. «S’ils décident de ne pas revenir dans l’accord, évidemment nous allons devoir envisager d’autres moyens, diplomatiques et autres, pour tenter de faire face aux ambitions nucléaires de l’Iran». Et d’ajouter : «Les options dont dispose l’Amérique sont (…) connues de tous», laissant ainsi planer à nouveau la menace d’une action militaire.

Les Etats-Unis ont quitté en 2018, sous la présidence de Donald Trump, l’accord conclu trois ans plus tôt à Vienne par l’Iran avec les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France ainsi que l’Allemagne) pour éviter que Téhéran se dote de l’arme nucléaire. Ils ont rétabli et durci leurs sanctions. En riposte, la République islamique a commencé à s’affranchir de plus en plus des restrictions à son programme atomique.

L’actuel président américain Joe Biden dit vouloir revenir dans l’accord de 2015 si l’Iran renoue aussi avec ses engagements. Des négociations indirectes ont démarré en avril à Vienne mais sont à l’arrêt depuis l’élection, en juin, d’un nouveau président iranien Ebrahim Raïssi. Elles doivent reprendre lundi à Vienne. «S’ils traînent des pieds à la table des négociations, tout en accélérant le rythme avec leur programme nucléaire, ce sera leur réponse à la question de savoir s’ils veulent vraiment retourner dans l’accord», a estimé Rob Malley dans cet entretien enregistré mardi. «Alors, bien entendu, nous ne serions pas prêts à rester les bras croisés», a-t-il mis en garde.

Partisan de l’accord de 2015 qu’il a contribué à négocier, l’émissaire a affirmé que les actes iraniens au cours des derniers mois ne sont «pas de bon augure pour les négociations». «Ils ont continué à développer leur programme nucléaire» sans «revenir à la table des négociations» pendant cinq mois, tout en multipliant «les positions très radicales au sujet de leurs exigences», a-t-il observé.

«Pas d’accord» avec l’AIEA

Revenu la veille de Téhéran, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a de son côté déploré hier «l’absence d’accord» avec l’Iran. «Les discussions ont été constructives mais nous n’avons pas pu parvenir à un accord malgré tous mes efforts», a-t-il déclaré à la presse, au premier jour d’un Conseil des gouverneurs de l’instance onusienne à Vienne et à l’approche de la reprise des pourparlers diplomatiques. «Clairement, non, nous n’avons pas pu avancer», a-t-il indiqué.

L’AIEA s’inquiète de la restriction des inspections depuis février par le gouvernement iranien, qui «entrave sérieusement» les activités de vérification, selon un récent rapport. Autre question en suspens, la situation de quatre sites non déclarés, où des matières nucléaires ont été détectées.

Le traitement des inspecteurs de l’AIEA fait aussi l’objet de préoccupations alors que plusieurs d’entre eux ont été «soumis à des fouilles excessivement intrusives par des agents de sécurité», selon l’instance. Chaque pays s’engage légalement à «protéger les agents de toute intimidation», a précisé le chef de l’AIEA. «Mais nos collègues iraniens, invoquant des raisons de sécurité, ont mis en place une série de mesures qui sont tout simplement incompatibles avec cela». «Le sujet a été abordé et j’espère que de tels incidents ne se reproduiront pas», a-t-il affirmé.

Arrivé lundi soir à Téhéran, Rafael Grossi a rencontré le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, et le chef de la diplomatie, Hossein Amir-Abdollahian. «Nous approchons du point où je ne pourrai plus garantir la continuité des connaissances» sur le programme nucléaire iranien, a averti le directeur général de l’AIEA.


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