Washington exhorte Athènes et Ankara au dialogue | El Watan
toggle menu
mardi, 20 octobre, 2020
  • thumbnail of elw_30092020






CONFLITS TERRITORIAUX ENTRE LA GRECE ET LA TURQUIE

Washington exhorte Athènes et Ankara au dialogue

30 septembre 2020 à 10 h 45 min

Nous soutenons fortement le dialogue entre la Grèce et la Turquie, deux alliés de l’OTAN, et les encourageons à reprendre les discussions sur ces questions dès que possible.»

C’est ce qu’a déclaré hier, selon des médias, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, au côté du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, sur la base navale de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) de Souda en Crète, au deuxième jour de sa visite en Grèce.

L’étape grecque de sa tournée européenne vise à favoriser une «désescalade» des tensions en Méditerranée orientale, où Ankara et Athènes se disputent des zones recherche.

La Turquie revendique le droit d’exploiter des gisements d’hydrocarbures dans une zone maritime qu’Athènes estime relever de sa souveraineté. Les relations entre les deux pays voisins se sont détériorées, à la mi-août, après le déploiement d’un bateau turc d’exploration escorté de navires de guerre.

Ces dernières semaines, les deux pays ont multiplié les déclarations belliqueuses et les manœuvres militaires, avant de choisir récemment l’apaisement. «Nous espérons que ces discussions pourront reprendre de manière sérieuse», a indiqué le chef de la diplomatie américaine, considérant «la Grèce comme un pilier de stabilité».

Il a aussi appelé les deux parties en conflit au Nagorny Karabakh à «mettre fin aux violences» et «reprendre les négociations aussi vite que possible».

Il a en outre accusé la Russie de chercher «à déstabiliser la région, particulièrement en Libye» et critiqué la Chine qui «tente d’utiliser son pouvoir économique ici et dans la région pour tirer un avantage stratégique sur les démocraties européennes».

A ses côtés, sur la base américaine de Souda, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, s’est dit «prudemment optimiste» de voir «le retour du temps de la diplomatie» avec son voisin turc. Estimant que «les tensions entre deux membres de l’OTAN ne profitent à personne», il a appelé à la reprise des «discussions techniques au sein de l’Otan», observant que «le droit international» devait être «la boussole» pour les deux parties.

La veille à Thessalonique, dans le nord du pays, le diplomate américain, dont c’est la deuxième visite en Grèce en un an, a soutenu que «les pourparlers exploratoires seraient non seulement lancés mais qu’ils permettraient d’aboutir à des résultats que chacun des deux pays jugera plus qu’acceptables». «Il ne s’agit pas juste de parler, mais d’aboutir à de bonnes solutions», a-t-il affirmé.

Avant de se rendre en Croatie, le secrétaire d’Etat américain sera aujourd’hui et demain à Rome pour rencontrer les autorités italiennes, et évoquer notamment les efforts de l’administration de Donald Trump pour dissuader ses alliés européens d’accepter l’équipementier chinois Huawei dans le développement de leurs réseaux de téléphonie mobile 5G.

Anciens contentieux

Les différends territoriaux entre la Grèce et la Turquie datent de plus d’un siècle. Les deux pays se sont déjà opposé dans les années 1970 et ont frôlé l’affrontement armé en 1987, puis à nouveau en 1996 en se disputant la souveraineté d’îlots. La découverte ces dernières années de gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé les convoitises des pays riverains, à l’exemple de la Grèce, Chypre, la Turquie, l’Egypte et Israël.

Réserves dont la Turquie n’a pas bénéficié, faute, estime-t-elle, d’une reconnaissance de ses droits sur certaines zones disputées.

Le 6 août dernier, l’Egypte et la Grèce ont signé un accord délimitant leurs frontières maritimes, a-t-on annoncé. Accord qui pourrait constituer une réponse à un accord similaire conclu en novembre 2019 entre la Turquie et le gouvernement officiel libyen qui siège à Tripoli, et aux termes duquel l’espace maritime de la Turquie est considérablement élargi.

Ce qui a suscité l’ire de la plupart des Etats situés en Méditerranée orientale, dont la Grèce. Le traité entre Athènes et Le Caire «autorise» les deux pays «à aller de l’avant en tirant chacun le maximum d’avantages des ressources disponibles dans la zone économique exclusive (ZEE), notamment les réserves de pétrole et de gaz», a indiqué le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, lors d’une conférence de presse au Caire avec son homologue grec, Nikos Dendias.

Cet accord est «historique», a affirmé le chef de la diplomatie grecque. Il est «tout l’opposé» de l’accord «illégitime (…) signé entre la Turquie et Tripoli», a ajouté le ministre grec. Ankara a immédiatement rejeté ce «prétendu accord maritime», le qualifiant de «nul et non avenu».

Le 10 août, il déploie un navire de recherche sismique Oruç Reis, dans une zone revendiquée par la Grèce, suscitant la colère d’Athènes et la préoccupation de l’Union européenne (UE).Paris affirme trois jours plus tard avoir «temporairement» dépêché deux chasseurs Rafale et deux bâtiments de la Marine nationale en Méditerranée orientale. Fin août, Athènes et Ankara effectuent des manœuvres militaires rivales. Pour «donner une opportunité à la diplomatie», les autorités turques rappellent au port, le 13 septembre, l’Oruç Reis.

Le 22 la présidence turque annonce que les deux pays voisins sont prêts à entamer des «pourparlers exploratoires» au sujet de leurs différends en Méditerranée orientale, dont le dernier round visant à régler leurs contentieux dans la région remonte à 2016.

Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!