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Washington annonce une vente d’armes à Taïwan : La colère noire de Pékin

10 juillet 2019 à 8 h 20 min

Nouvelle friction entre les Etats-Unis et la Chine : Pékin a exigé hier de Washington «l’annulation immédiate» d’une vente d’armes de 2,2 milliards de dollars à Taïwan, selon des médias. L’île étant considérée par l’Empire du Milieu comme partie de son territoire.

Annoncée lundi par le ministère américain de la Défense, cette vente qui comprend entre autres 108 chars de combat et 250 lance-missiles sol-air, a été notifiée au Congrès. «La Chine exhorte les Etats-Unis (…) à annuler immédiatement ce projet de vente d’armes à l’île et à stopper tout lien militaire avec Taïwan», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Geng Shuang. «Il convient d’éviter de porter encore davantage atteinte aux relations sino-américaines, à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan», a-t-il observé lors d’une conférence de presse. Et d’ajouter : «La Chine a exprimé son profond mécontentement, ainsi que son opposition résolue, et a protesté officiellement auprès des Etats-Unis.»

Cette nouvelle vente intervient alors que Pékin et Washington se livrent depuis un an une guerre commerciale féroce. Une transaction qui «n’affectera pas l’équilibre de base des forces militaires dans la région», a estimé, la veille, la Defense Security Cooperation Agency (DSCA), qui fait partie du ministère de la Défense américain. Les chars contribueront à renforcer la capacité de Taïwan «à faire face aux menaces régionales actuelles et futures», a indiqué l’agence. Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a salué la vente, constatant que l’île «se trouve en première ligne de l’expansion ambitieuse de la Chine et fait face à d’énormes menaces et pressions de Pékin».

Le président américain, Donald Trump, tente de renforcer les liens des Etats-Unis avec l’île. En décembre 2016, juste après son élection, il a horripilé Pékin en prenant un appel téléphonique de la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen. Fin mai, la Chine a accusé les Etats-Unis de «jouer avec le feu» avec Taïwan, après plusieurs initiatives américaines visant à renforcer les liens avec l’île, notamment l’envoi de navires dans le détroit de Taïwan.

Un passé chargé de troubles

Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame l’avènement de la République populaire de Chine. Réfugiés sur l’île de Taïwan, les nationalistes du Kouo-Min-Tang, dirigés par Tchang Kaï-chek, forment un gouvernement le 7 décembre et interdisent tout lien avec la Chine communiste. En 1950, Taipei devient un allié de Washington impliqué comme la Chine dans la guerre intercoréenne (1950-1953). Le 5 octobre 1971, le siège de la Chine à l’Organisation des Nations unies (ONU), jusque-là occupé par Taïwan, est attribué à Pékin.

En mars 1979, Washington rétablit ses relations diplomatiques avec Pékin. Depuis, comme l’ensemble de la communauté internationale, les Etats-Unis s’en tiennent à la politique d’une seule Chine, reconnaissant uniquement Pékin comme gouvernement légitime. Cependant, Washington entretient des relations étroites avec Taipei. En 1991, Taïwan abroge les dispositions instaurant l’état de guerre avec la Chine. Mais en juin 1995, Pékin suspend des négociations vers une normalisation pour protester contre un voyage du président Lee Teng-hui à Washington.

Le 14 mars 2005, Pékin a adopté une loi anti-sécession à l’encontre de Taïwan. En juin 2008, Pékin et Taipei reprennent le dialogue, après la victoire à l’élection présidentielle en mars du candidat du Kouo-Min-Tang, Ma Ying-jeou, partisan d’un rapprochement avec la Chine, qui sera réélu en 2012. Arrivée au pouvoir en 2016, Tsai Ing-wen refuse de reconnaître l’unité de principe de l’île et du continent.

Lors d’un discours prononcé début janvier, le président chinois, Xi Jinping, a promis que Taïwan sera réunifiée à l’Empire du Milieu et réaffirmé que Pékin ne renoncerait pas à la force pour récupérer l’île. «Nous ne promettons pas de renoncer au recours à la force et nous nous réservons le droit de prendre toutes les mesures nécessaires», a déclaré le président chinois.


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