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Violence au parlement tunisien : Le désordre est à son comble au sommet de l’Etat

09 décembre 2020 à 10 h 40 min

La tension est arrivée à son paroxysme avant-hier au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) en Tunisie avec l’attaque du député Anouar Ben Chahed, du Bloc démocratique (24 députés), avec une bouteille en verre, de la part des membres du bloc Qarama (18 députés).

L’incident est survenu lors de la réunion de la commission de la femme pour examiner les propos du député de Qarama, Mohamed Affes, jeudi dernier, portant une grave atteinte aux acquis de la femme. Les députés de Qarama ont empêché, par la violence, la tenue de cette commission, provoquant la requête de la majorité des députés (cinq groupes parlementaires) de lui retirer l’immunité parlementaire.

Un nouveau pas a été franchi avant-hier avec l’utilisation de la violence physique au sein de l’ARP. Trois députés de l’Alliance démocratique ont été agressés, dont un grièvement, par leurs collègues du bloc Qarama, qui ont imposé, par la violence, l’arrêt des travaux de la commission de la femme.

Qarama est essentiellement formé par les insatisfaits d’Ennahdha, considérant que «les islamistes sont devenus très mous, suite à leur alliance, depuis 2014, avec les corrompus de tous genres».

C’était leur slogan fétiche lors des élections de 2019. Sur le plan pratique, Qarama est pour l’application de la charia. Et c’est ce qu’a dit le député Mohamed Affes lors de son intervention jeudi dernier, provoquant un tollé général, notamment sur la question des acquis de la femme. La réunion de la commission de la femme allait condamner lesdits propos de Affes. Les membres de Qarama n’ont pas trouvé d’autre solution que la violence pour s’opposer à la tenue de cette réunion.

Cinq groupes parlementaires, le Bloc démocratique (38 députés), Qalb Tounes (30), le Bloc réformiste (16), Tahya Tounes (10) et les indépendants (15), ont tenu une conférence de presse pour condamner cette violence et exiger la levée de l’immunité parlementaire des membres du bloc Qarama. «La présidence de l’ARP est responsable de ce qui est arrivé à travers le laxisme avec lequel elle réagit aux dépassements des membres de ce groupe», insiste la députée Samia Abbou, du Bloc démocratique, poussée par terre par les députés de Qarama. «Ghannouchi veut les laisser faire pour montrer Ennahdha comme un parti de modérés», ajoute le député Mustapha Ben Ahmed, président du bloc parlementaire de Tahya Tounes.

Quant au président Kaïs Saïed, il a déclaré qu’il «n’accepte pas que le sang coule». Il a exigé «l’application de la loi», lorsqu’il a accueilli une délégation de huit députés du Courant démocratique. «Le président tunisien ne cherche pas à s’impliquer, vu la nature du régime politique, plutôt bâtard», selon le député de Tahya Tounes, Walid Jalled.

Priorités

Aussi bien lors de la conférence de presse des cinq blocs parlementaires que suite à la réunion de la délégation des députés du Courant démocratique avec le président de la République, il a été dit que la priorité est donnée à l’adoption de la loi des finances 2021. Lequel vote devrait avoir lieu au plus tard demain, 10 décembre. «La question de la levée de l’immunité parlementaire du bloc Qarama sera examinée après l’adoption de la loi des finances», assure Oussama Khelifi, le président du bloc de Qalb Tounes.

Encore faut-il qu’Ennahdha accepte de lâcher ses alliés de Qarama et c’est loin d’être acquis. «La présidence de l’ARP par Ghannouchi tient à une alliance entre Ennahdha (54) avec Qalb Tounes (38, lorsqu’il était uni) et Qarama (22)», rappelle Mustapha Ben Ahmed pour expliquer les réticences d’Ennahdha quant à la condamnation de la violence de Qarama.

Entre-temps, Abir Moussi, la présidente du Parti destourien libre (PDL) et de son bloc parlementaire, continue à monter dans les sondages. Son parti est accrédité de près de 30% d’intentions de vote, 10 points devant les islamistes d’Ennahdha. Elle se permet de provoquer les députés de Qarama, en les appelant à faire un rassemblement pour faire dégager Mohamed Ghariani, l’ex-secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique de Ben Ali, désormais conseiller de Rached Ghannouchi. «Vous prétendez combattre l’ancien régime et vous acceptez que l’un de ses symboles soit dans vos rangs. Faites-le dégager si vous êtes vraiment révolutionnaires», les tance-t-elle dans une vidéo filmée avant-hier au sein de l’ARP, avant la tenue de l’assemblée générale consacrée aux débats budgétaires.

Tunis
De notre correspondant  Mourad Sellami


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