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Libération de quatre otages détenus au Mali : Une opération à zones d’ombre

10 octobre 2020 à 10 h 42 min

La Française Sophie Pétronin, un prêtre et un jeune italiens et l’homme politique malien Soumaïla Cissé ont recouvré leur liberté, ont annoncé les autorités maliennes jeudi, relayées par des médias. Les otages étaient aux mains du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une alliance de groupes djihadistes affiliée à Al Qaîda.

Sophie Pétronin, 75 ans, a été enlevée le 24 décembre 2016 à Gao (nord du Mali), où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d’aide à l’enfance ; le prêtre Pier Luigi Maccalli, installé depuis onze ans au Niger, a été enlevé en 2018 à son domicile de Bamoanga (sud-ouest du Niger), proche du Burkina Faso.

Il est apparu pour la première fois dans une vidéo tournée en mars 2020, en compagnie d’un compatriote, Nicola Chiacchio, a indiqué un journal privé nigérien. Nicola Chiacchio, jusqu’alors inconnu, a été présenté par les médias comme un jeune homme ayant disparu dans le nord du Mali en février 2019, alors qu’il voyageait à vélo. Quant à Soumaïla Cissé, figure de l’opposition malienne, il a été enlevé le 25 mars alors qu’il faisait campagne pour les élections législatives dans la région de Tombouctou (nord-ouest). Leur libération couronne une opération dont le déroulement est entouré de zones d’ombre.

Elle est parachevée sous un gouvernement de transition installé depuis seulement il y a quelques jours par les nouveaux maîtres militaires de Bamako, sans qu’apparaisse clairement le rôle qu’aurait joué ce changement politique pour débloquer la situation. Alors que les autorités maliennes et françaises gardent le silence, différentes sources proches des tractations ont fait état dès lundi d’un possible échange contre des otages, à commencer par Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin.

Des médias ont annoncé mardi la libération des deux otages, à Tessalit (nord-est), ce que les autorités n’ont pas confirmé. Dans son communiqué de jeudi soir, annonçant la libération des quatre otages, le gouvernement malien la date du «mardi 6 octobre».

Mais il ne fournit aucune raison à ce délai de deux jours entre la libération et son annonce officielle. La télévision malienne a évoqué des «difficultés» de dernière minute, dues notamment à une trop forte médiatisation. L’ajout dans la négociation, qui concerne en premier lieu S. Cissé du dossier de l’humanitaire française ou des deux Italiens, a pu également compliquer la démarche.

Déjà au temps de Boubacar Keita

Entre dimanche et mardi, selon des responsables maliens, environ 200 prisonniers ont été libérés des geôles maliennes.

La libération des quatre otages intervient moins de deux mois après le coup d’Etat militaire qui a fait chuter le président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août. L’ancien président Keïta a longtemps refusé officiellement le dialogue avec les djihadistes. Néanmoins, il a fini par choisir une autre option.

En février, sur Radio France internationale (RFI) et France 24, il a reconnu l’existence de contacts avec les groupes djihadistes, les justifiant par la nécessité d’explorer les voies d’une sortie de crise après huit années de guerre. Des contacts avec les djihadistes ont été entretenus pour permettre des échanges de prisonniers : il y a un an, l’ancien commissaire de la police islamique de Gao a été extrait de la prison contre la libération d’un préfet et d’un journaliste.

Fin janvier, le haut représentant du président pour le centre du Mali, Dioncounda Traoré, a indiqué avoir envoyé des émissaires en direction (d’Amadou) Koufa et Iyad (ag Ghali), les deux principaux dirigeants djihadistes du pays. «Nous sommes prêts à lancer les passerelles pour dialoguer avec tout le monde […] Il faut à un moment donné s’asseoir autour d’une table et discuter», a-t-il soutenu. Dioncounda Traoré «est en mission pour moi et a le devoir d’écouter tout le monde», a déclaré le président Keïta. Sa mission consiste à déterminer si certains dans l’entourage des chefs peuvent être «sensibles à un discours de raison», a-t-il affirmé.

Combattre les groupes djihadistes et dialoguer avec eux n’est «pas antinomique», a-t-il dit. La junte militaire n’a pas fermé la porte aux discussions. Elle a fait vœu de chercher à obtenir la libération de Soumaïla Cissé. Quelle est la contrepartie cédée par les autorités maliennes pour obtenir la libération des otages au-delà de la remise en liberté de djihadistes?


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