L'Iran face à la contestation sociale : Une manifestation contre le pouvoir dispersée dans le sud-ouest | El Watan
toggle menu
dimanche, 07 mars, 2021
  • thumbnail of ElWatan06032021




L’Iran face à la contestation sociale : Une manifestation contre le pouvoir dispersée dans le sud-ouest

18 juillet 2020 à 9 h 30 min

L a police iranienne a annoncé hier avoir dispersé «fermement» des manifestants qui protestaient jeudi soir dans la province du Khouzestan (sud-ouest) contre les difficultés économiques, rapporte l’AFP relayant des médias iraniens. «Un petit nombre d’habitants de la ville de Behbahan se sont rassemblés à 21h (heure locale) jeudi pour protester contre la situation économique», a déclaré le chef de police de cette ville, le colonel Mohammad Azizi, cité par l’agence officielle Irna.

La police a essayé de parler aux manifestants «mais non seulement ils ne se sont pas dispersés mais ils ont commencé à crier des chants non-conformes», a-t-il ajouté, qualificatif utilisé par les autorités iraniennes pour évoquer des slogans antisystème.

Les forces de sécurité ont alors dispersé la manifestation avec «fermeté», a indiqué le colonel Azizi, soutenant que le calme a été restauré sans victimes ou dommages matériels. Frontalière de l’Irak, la région de Khouzestan est riche en pétrole dont les habitants se plaignent régulièrement d’être négligés.

Le rassemblement à Behbahan intervient quelques jours après que les autorités iraniennes ont confirmé la peine de mort concernant trois personnes impliquées dans les manifestations de novembre 2019. Selon le journal réformateur Charq, les trois condamnés sont Amirhossein Moradi, 26 ans, Saïd Tamdjidi, 28 ans, et Mohammad Radjabi, 26 ans. Leur avocat, Mostafa Nili, qui affirme que les accusés n’ont pas eu accès à leurs dossiers, entend réclamer un nouveau procès.

Mercredi, le président américain Donald Trump a mis en garde l’Iran contre l’exécution de ces trois manifestants. «L’exécution de ces trois personnes enverrait un message terrible au monde et ne devrait pas avoir lieu !», a tweeté le locataire de la Maison-Blanche.

Jeudi, des experts du Conseil des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont exhorté jeudi l’Iran à ne pas procéder à l’exécution de trois personnes impliquées dans les manifestations de novembre et à leur garantir un procès équitable. «Aujourd’hui, nous nous joignons aux centaines de milliers d’Iraniens qui ont condamné sur les réseaux sociaux ces peines capitales.

Nous exhortons la justice iranienne à annuler immédiatement cette décision et à lancer une enquête indépendante», ont déclaré 13 experts indépendants de l’ONU dans un communiqué. Les trois condamnés «affirment qu’ils ont confessé sous la torture» et n’ont pas eu droit à un procès équitable, ont soutenu les experts.

Et d’ajouter : «Nous appelons à une enquête indépendante et impartiale sur ces allégations de torture». La peine de mort constituerait «une violation flagrante» des obligations de l’Iran en matière de droits de l’homme, poursuivent-ils, notant que l’affaire des trois hommes n’est pas «un cas isolé» et qu’«il y a de nombreuses allégations de détentions arbitraires de manifestants et d’aveux obtenus sous la torture».

Boîte de Pandore

Depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran, l’économie de la République islamique ne fait que se détériorer. Une situation inquiétante compliquée par l’épidémie du nouveau coronavirus qui a contraint les autorités à fermer temporairement en mars les commerces non essentiels et réduit ses exportations. Hier, le ministère iranien de la Santé a fait état d’un bilan total de plus de 269 400 cas de contamination dont 13 790 morts.

Un mouvement de contestation a éclaté le 15 novembre 2009 en Iran dès l’annonce d’une forte hausse du prix de l’essence, en pleine crise économique, et a touché une centaine de villes. Des postes de police ont été attaqués, des magasins pillés et des banques et des stations-service incendiées, et les autorités avaient imposé une coupure d’internet d’une semaine. Selon Washington, la répression des manifestations de novembre a fait plus de 1000 morts.

Les experts de l’ONU évoquent plus de 300 morts. Téhéran a estimé à 230 le nombre de personnes tuées. Outre les problèmes économiques, la contestation sociale et la Covid-19, l’Iran fait face depuis près d’un mois à des explosions et sites névralgiques qui demeurent jusque-là énigmatiques.

Dans la nuit du 25 au 26 juin, une explosion est survenue près du site militaire de Parchin. Selon le New York Times, les images satellites montrent qu’il s’agirait d’une usine de production de missiles.

Les autorités iraniennes ont conclu à une fuite de gaz. Le 30 juin, 18 personnes sont mortes dans une explosion dans une clinique de Téhéran : des bonbonnes de gaz auraient pris feu dans le sous-sol de l’établissement, ont dit des responsables iraniens. Le 2 juillet, une déflagration, suivie d’un incendie, a touché le complexe nucléaire de Natanz. Mardi dernier, deux personnes ont péri dans une nouvelle explosion dans une usine, à une vingtaine de kilomètres de la capitale.

Mercredi, un incendie s’est déclenché sur un chantier naval du port de Bouchehr dans le sud-ouest de l’Iran, endommageant plusieurs bateaux en construction, sans toutefois faire de victime, selon des médias locaux. La province de Bouchehr abrite la centrale nucléaire éponyme, la seule du pays à ce jour, qui produit 1000 mégawatts d’électricité. La centrale est située à une vingtaine de kilomètres de la ville.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!