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Un rapport de l’ONU sur le conflit libyen le confirme : Khalifa Haftar soutenu par des mercenaires russes et syriens

09 mai 2020 à 9 h 20 min

Un rapport d’experts de l’ONU contrôlant l’embargo sur les armes imposé à la Libye, remis le 24 avril au Conseil de sécurité, confirme la présence dans ce pays de mercenaires du groupe russe Wagner et révèle celle de combattants syriens venus de Damas soutenir Khalifa Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), qui cherche à conquérir Tripoli depuis avril 2019.

L’information n’est pas en soi une révélation puisque plusieurs sources avaient déjà fait état, il y a une année au moins, d’un important soutien fourni par des sociétés militaires privées (SMP) étrangères à Khalifa Haftar.

C’est toutefois la première fois effectivement qu’un rapport de l’ONU confirme la présence de militaires privés employés par le groupe russe Wagner en Libye, pays ravagé par la guerre depuis le renversement par les Occidentaux du régime de Mouammar El Gueddafi en 2011. «Le groupe d’experts a identifié la présence de militaires privés de ChVK Wagner en Libye depuis octobre 2018.» Leur nombre, selon la même source, avoisinerait les 1200.

Il oscillerait entre 800 et 1200 éléments. Les experts onusiens précisent que les membres du groupe Wagner «fournissent un soutien technique pour la réparation de véhicules militaires, participent à des combats et à des opérations d’influence». Ils aident aussi dans le domaine de «l’artillerie, du contrôle aérien, fournissent une expertise dans les contre-mesures électroniques et déploient des tireurs d’élite». «Leur implication a agi comme un multiplicateur de force» pour les troupes du maréchal Haftar, estiment les experts de l’ONU.

Les SMP russes en force

Le groupe Wagner n’est pas la seule SMP russe à opérer en Libye. «Des militaires privés du groupe Russkie System Bezopasnosti (RSB) ont aussi été identifiés comme assurant de la maintenance et des réparations à des aéronefs militaires.» Des informations font aussi état d’un «déploiement, le 6 janvier 2020, à Benghazi de membres des groupes militaires privés Moran Security Group et Schit Security Group», souligne le résumé du rapport repris par l’AFP. Les experts affirment par ailleurs avoir la preuve d’un transfert de combattants syriens de Damas vers l’est de la Libye, où les milices qui soutiennent Khalifa Haftar ont leur QG. Des milliers de mercenaires soudanais renforcent également les rangs des troupes de Khalifa Haftar. Mais l’ONU n’en parle pas.

Dans leur rapport, les experts précisent n’être pas en mesure d’identifier les responsables du recrutement et du financement des mercenaires venus combattre aux côtés du maréchal Haftar. Le groupe Wagner est réputé proche du président Vladimir Poutine, mais la

Russie a toujours démenti tout rôle dans la présence de mercenaires russes en Libye.

Antonio Guterres n’identifie pas aussi la Russie ou la Syrie comme pays d’origine des mercenaires. Dans un rapport au Conseil de sécurité daté du 5 mai, le secrétaire général de l’ONU dénonce toutefois les «informations continues sur l’implication de mercenaires étrangers au profit du GNA et de l’ANL, en violation de l’embargo sur les armes» décrété en 2011. Cependant, ni lui ni les experts de l’ONU ne recommandent de sanctionner les responsables présumés des violations.

Stratégie d’influence

Membres permanent du Conseil de sécurité, les Etats-Unis ont en revanche accusé nommément jeudi la Russie d’aggraver le conflit en Libye. Le soutien russe à Khalifa Haftar «a conduit à une escalade importante du conflit et une détérioration de la situation humanitaire en Libye», a affirmé Chris Robinson, spécialiste de la Russie au département d’Etat. «Wagner est souvent considérée à tort comme une société privée de sécurité, mais c’est en fait un instrument du gouvernement russe utilisé par le Kremlin pour faire avancer ses objectifs à moindre coût et à moindre risque», a-t-il confié à des journalistes. Chris Robinson a indiqué que des clichés d’armes «lourdes et modernes» du groupe sur le terrain montrent que ce n’est pas une simple société privée.

Pour Henry Wooster, chargé de l’Afrique du Nord au département d’Etat, Moscou ne semble pas prêt à se retirer de Libye, devenue après la Syrie une pièce de sa stratégie d’influence dans la région. «Personne ne doit espérer que la Russie va faire ses valises et partir alors qu’elle est investie dans le conflit libyen», a-t-il dit. Henry Wooster a rappelé que les Etats-Unis ne soutiennent pas l’offensive contre Tripoli et jugent «troublant» de voir Khalifa Haftar établir des liens avec Bachar El Assad.


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