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La situation socioéconomique de Ghaza est désastreuse : Un Ramadhan dans une prison à ciel ouvert

22 mai 2019 à 9 h 00 min

Avec 53% de taux de chômage, 70% chez les jeunes, selon la Banque mondiale, l’enclave palestinienne est l’un des rares endroits au monde où il est presque impossible de trouver un poste de travail fixe ou même temporaire.

En septembre 2015, un rapport de la Cnuced, l’organe de l’ONU chargé des questions de développement et de commerce, avait affirmé que la bande de Ghaza allait être invivable en 2020. En 2017, à l’occasion de l’anniversaire de la prise de contrôle de l’enclave palestinienne par le mouvement Hamas, au prix d’un putsch armé, un nouveau rapport des Nations unies a confirmé cette tendance, ajoutant que la détérioration de la situation se faisait plus vite que prévu et que cette étroite bande côtière de 360 km2, enclavée entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, avait commencé à être invivable.

La bande de Ghaza soumise à un blocus israélien étouffant depuis 2006, suite à la capture par des combattants du Hamas d’un de ses soldats qui été libéré en 2011, renforcé en 2007 après le contrôle en solo par ce mouvement de l’enclave palestinienne, est habitée par près de 2 millions de Palestiniens, faisant d’elle un des territoires où la densité de population est parmi les grandes au monde. Israël a fait de Ghaza une prison à ciel ouvert.

Le blocus israélien, la fermeture fréquente du point de passage de Rafah à la frontière avec l’Egypte, les agressions militaires israéliennes répétées, les pénuries chroniques en électricité et en eau potable, la division palestinienne et cette grande densité de population sont la cause de la situation socioéconomique désastreuse dans laquelle est plongée actuellement la bande de Ghaza.

Chômage endémique

Avec 53% de taux de chômage, 70% chez les jeunes, selon la Banque mondiale, l’enclave palestinienne est l’un des rares endroits au monde où il est presque impossible, aujourd’hui, de trouver un poste de travail fixe ou même temporaire. Ceci induit que le taux de pauvreté a sensiblement augmenté et que plus des deux tiers de la population a besoin d’aides diverses pour survivre.

Jamais dans l’histoire de Ghaza, il n’y a eu autant de mendiants dans les rues, dans les marchés, devant les portes des mosquées et des banques ou au niveau des feux tricolores. Ce sont des femmes, des enfants ou des personnes âgées des deux sexes. En ce mois sacré de Ramadhan, les marchandises ne manquent pas dans l’enclave palestinienne, mais le problème est que la majorité des Ghazaouis n’ont pas d’argent pour les acheter. Ici le chômage bat son plein.

Donc personne n’arrive à gagner sa vie. Année après année depuis 2007, des dizaines de milliers de jeunes diplômés ont vu leur vie s’arrêter à cause du chômage. Rares sont les jeunes qui ont une vie normale, c’est-à-dire sont autonomes et arrivent à fonder à un foyer. Cette situation désastreuse a d’ailleurs poussé le mois dernier des milliers de jeunes à sortir dans la rue pour réclamer au Hamas l’amélioration de leurs conditions de vie. Il s’agissait d’une sorte de hirak mené sous le slogan «Nous voulons vivre» et qui a été durement réprimé par le mouvement islamiste, malgré l’absence de revendications politiques.

Répression islamiste et bombardements israéliens

Selon des organisations locales de défense des droits de l’homme, des centaines de jeunes ont été sauvagement agressés par les éléments des services sécuritaires du Hamas et près d’un millier ont été jetés en prison, où ils ont été maltraités psychologiquement et physiquement. La majorité des jeunes emprisonnés ou passés à tabac étaient des militants du mouvement Fatah du président Mahmoud Abbas.

Gravement blessé lors de son agression près de chez lui par un groupe non identifié officiellement, Atef Abou Seif, un écrivain et haut responsable du Fatah, a dû être évacué vers Ramallah en Cisjordanie occupée pour des soins.

Lors de sa visite à l’hôpital, le président Abbas, furieux, avait déclaré que «les oppresseurs de la bande de Ghaza finiront dans les poubelles de l’histoire». Le Hamas avait accusé le Fatah d’être derrière le mouvement populaire dont le but était, selon ses responsables, de déstabiliser l’enclave palestinienne pour faciliter le retour de l’Autorité palestinienne. Abou Seif occupe, aujourd’hui, le poste de ministre de la Culture au sein du gouvernement de l’Autorité palestinienne basé à Ramallah.

L’envoyé de l’ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, avait condamné une «campagne d’arrestations et de violence», soulignant que les Ghazaouis ne faisaient que protester «contre la désastreuse situation économique» de l’enclave.

La fuite ou la mort

Devant l’absence d’espoir d’une amélioration de la situation misérable qui les étouffe depuis plusieurs années, quitter la bande de Ghaza à la recherche d’une vie décente, ailleurs, particulièrement en Europe est devenu un rêve pour beaucoup de jeunes diplômés palestiniens. Un rêve qu’ils tiennent absolument à réaliser, quelles que soient les difficultés. Selon certaines sources médiatiques non confirmées officiellement, 35 000 Palestiniens, en majorité des diplômés, ont réussi à quitter Ghaza au cours de l’année 2018 via le point de passage de Rafah.

La destination préférée est la Turquie qui représente pour les candidats à l’immigration en Europe un point de départ. Ils se dirigent ensuite par mer vers la Grèce et rejoignent après des pays comme la Belgique, l’Allemagne ou la Suède. Des dizaines de ces jeunes en quête d’une nouvelle vie périssent, cependant, avant d’atteindre la destination de leurs rêves. Ils meurent très souvent noyés. Beaucoup de médecins fuient les griffes du Hamas.

Dernièrement, 150 d’entre eux ont quitté l’enclave. Les hôpitaux locaux ont beaucoup souffert du départ de leurs cadres médicaux. Pour mettre fin à la saignée, le mouvement Hamas a pris la décision d’interdire aux médecins de voyager hors de la bande de Ghaza, et ce, quel que soit le motif. Avec la mort du processus de paix et la persistance de la division palestinienne, d’ici peu la bande de Ghaza – qui est actuellement considérée comme la plus grande prison à ciel ouvert du monde – pourrait se transformer en le plus grand cimetière au monde.

– Cinq Palestiniens arrêtés en Cisjordanie

Cinq Palestiniens ont été arrêtés, dans la nuit de lundi à mardi, par les forces d’occupation israéliennes dans différentes régions de la Cisjordanie occupée, a rapporté hier l’agence palestinienne de presse Wafa.

Selon le Club du prisonnier palestinien, les forces israéliennes ont arrêté deux citoyens de la ville de Naplouse, dont un ex-prisonnier qui a passé dix ans dans les geôles de l’occupation, deux autres à Areha et un à Al Khalil. Dans la nuit de dimanche à lundi, les forces d’occupation ont envahi différentes provinces de la Cisjordanie occupée et arrêté douze Palestiniens, selon le Club du prisonnier. R. I.



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