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TENSION ENTRE WASHINGTON ET PÉKIN

Un ministre américain à Taïwan pour une visite condamnée par la Chine

10 août 2020 à 9 h 30 min

Le secrétaire américain à la Santé Alex Azar est arrivé hier à Taïwan, rapporte l’AFP. Au cours de cette visite de trois jours, le secrétaire américain à la Santé rencontrera, entre autres, la présidente Tsai Ing-wen, accusée par la Chine de rechercher l’indépendance formelle de l’île. Alex Azar est le responsable américain de plus haut rang à se rendre à Taïwan depuis 1979, année où les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec Taipei, afin de reconnaître le gouvernement communiste basé à Pékin comme seul représentant de la Chine. Ils restent toutefois l’allié le plus puissant de l’île et son principal fournisseur d’armes.

La visite intervient au moment où les tensions s’exacerbent entre Pékin et Washington sur de nombreux sujets. En réponse à une loi draconienne imposée par Pékin à Hong Kong, Washington vient ainsi d’adopter des sanctions contre 11 dirigeants de l’ex-colonie britannique, dont la cheffe de l’Exécutif, Carrie Lam, parallèlement à des mesures radicales contre les joyaux du numérique chinois TikTok et WeChat.

La République populaire de Chine considère Taïwan comme une de ses provinces. L’île est dirigée par un régime rival qui s’y est réfugié après la prise du pouvoir des communistes sur le continent en 1949, à l’issue de la guerre civile chinoise. Taïwan n’est pas reconnu comme un Etat indépendant par l’Organisation des Nations unies (ONU). Pékin menace de recourir à la force en cas de proclamation formelle d’indépendance à Taipei ou d’intervention extérieure, notamment de Washington.

Mercredi, Pékin a exprimé sa colère contre une telle visite. «La Chine s’oppose fermement aux échanges officiels entre les Etats-Unis et Taïwan», a rappelé devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, précisant que Pékin a émis une protestation auprès de l’administration Trump. Washington doit éviter de «gravement porter atteinte aux relations sino-américaines ainsi qu’à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan», a-t-il ajouté.

Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame l’avènement de la République populaire de Chine à Pékin. Réfugiés sur l’île de Taïwan, les nationalistes du Kouo-Min-Tang, emmenés par Tchang Kaï-chek, forment un gouvernement le 7 décembre et interdisent tout lien avec la Chine communiste. En 1950, Taïwan devient un allié de Washington en guerre contre la Chine, impliquée dans la guerre intercoréenne (1950-1953). Le 5 octobre 1971, le siège de la Chine à l’ONU, jusque-là occupé par Taïwan, est attribué à Pékin. En mars 1979, Washington rétablit ses relations diplomatiques avec Pékin.

Depuis, comme l’ensemble de la communauté internationale, les Etats-Unis s’en tiennent à la politique d’une seule Chine, reconnaissant uniquement Pékin comme gouvernement légitime. Cependant, Washington entretient des relations étroites, économiques et militaires avec Taipei.

En 1991, Taïwan abroge les dispositions instaurant l’Etat de guerre avec la Chine. Mais en juin 1995, Pékin suspend des négociations vers une normalisation pour protester contre un voyage du président Lee Teng-hui à Washington.

Le 14 mars 2005, Pékin a adopté une loi antisécession à l’encontre de Taïwan. Le 12 juin 2008, Pékin et Taipei reprennent le dialogue, après la victoire à l’élection présidentielle en mars du candidat du Kouo-Min-Tang, Ma Ying-jeou, partisan d’un rapprochement avec la Chine, qui sera réélu en 2012. En janvier 2019, la Chine a averti les partisans de l’indépendance de Taïwan (ex-Formose) qu’elle la considère comme sa province. «Les partisans du séparatisme taïwanais doivent s’arrêter à temps afin d’éviter une catastrophe, se repentir et revenir dans le droit chemin.

Sinon, ils deviendront le rebut de la nation chinoise et seront condamnés par l’histoire», a déclaré l’ex-vice-président de l’Académie des sciences militaires, le général He Lei, cité par la presse. «Si nous sommes contraints d’utiliser la force pour régler la question taïwanaise, ils en seront tenus pour principaux responsables. Autrement dit, ils seront inévitablement considérés comme des criminels de guerre», a-t-il soutenu.

Et d’ajouter : «Les pays étrangers, qui s’ingèrent dans les affaires intérieures chinoises et qui sapent la réunification pacifique de la Chine, seront également tenus pour principaux responsables de l’usage de la force par la Chine continentale pour résoudre le problème de Taïwan.»



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