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Relations belliqueuses israélo-arabes : Un héritage de plus d’un siècle

15 août 2020 à 10 h 15 min

Les relations entre Israël et les pays arabes sont marquées par des guerres. Relations belliqueuses générées par le conflit israélo-palestinien qui a pris naissance à la fin du XIXe siècle avec le début de l’immigration en Palestine de juifs fuyant l’antisémitisme en Europe.

Passons les pogroms, l’affaire Dreyfus entre autres. Le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique se dit favorable à l’établissement d’un «foyer national juif» en Palestine. En 1918, l’armée anglaise occupe le pays, placé sous administration militaire.

En février 1919, le premier congrès palestinien à Jérusalem refuse l’établissement d’un foyer national juif. En 1922, la Palestine passe officiellement sous mandat de la Grande-Bretagne, qui se heurte à une grande révolte arabe de 1936 à 1939.

Le 29 novembre 1947, l’Organisation des Nations unies (ONU) vote le partage de la Palestine en deux Etats, un juif et un arabe. Jérusalem est placé sous contrôle international. Ce plan est accepté par les dirigeants sionistes, mais rejeté par les leaders arabes et provoque une éruption de violences entre Arabes et juifs.

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la création de l’Etat d’Israël aussitôt après la fin du mandat britannique sur la Palestine. Le premier conflit israélo-arabe éclate le lendemain. Jusqu’au cessez-le-feu en janvier 1949, plus de 760 000 Palestiniens sont poussés à l’exode par l’avancée des forces juives ou chassés de chez eux.

Cet exil forcé est baptisé «Nakba» (Catastrophe en arabe) par les Palestiniens. Près de 400 villages sont rasés. La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, revient à la Jordanie et la bande de Ghaza à l’Egypte. Le 29 octobre 1956, trois mois après la nationalisation du canal de Suez par l’Egypte, Israël lance ses blindés et son aviation à l’assaut du Sinaï et parvient au canal de Suez. Sous la pression de l’ONU, des Etats-Unis puis de l’Union soviétique, Israël se retire.

Le 5 juin 1967, Israël déclenche la guerre contre l’Egypte, la Syrie et la Jordanie, s’emparant en six jours de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie, de la bande de Ghaza, du plateau syrien du Golan et de la péninsule égyptienne du Sinaï. La colonisation commence peu après la guerre dans les territoires occupés. Elle n’a jamais cessé depuis.

Le 6 octobre 1973, l’Egypte et la Syrie attaquent Israël dans le Sinaï et sur le Golan.

Accord de paix avec l’égypte et invasion du Liban

En novembre 1977, le président égyptien Anouar Anouar Al Sadate est le premier chef d’Etat arabe à se rendre en Israël depuis sa fondation. Ce voyage historique ouvre la voie aux accords de Camp David en septembre 1978, qui aboutissent le 26 mars 1979 à la signature, sous l’égide des Etats-Unis, du traité de paix israélo-égyptien, le premier jamais conclu entre Israël et l’un de ses voisins. Grâce à cet accord de paix en 1979 avec Israël, l’Egypte récupérera la totalité du Sinaï.

Le 1er mars 1980, une résolution du Conseil de sécurité recommande à Israël de «démanteler les colonies existantes» et de cesser «la construction et la planification d’implantations dans les Territoires occupés en 1967, dont Jérusalem-Est ».

En juin 1982, les troupes israéliennes envahissent le Liban et assiègent Beyrouth. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), créée en 1964, doit quitter le Liban. En septembre, des massacres sont perpétrés dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth, par des miliciens chrétiens libanais qui ont été acheminés par l’armée israélienne, déployée tout autour.

Le 13 septembre 1993, après six mois de négociations secrètes à Oslo, Israël et l’OLP se reconnaissent mutuellement et signent à Washington une «Déclaration de principe» sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Celle-ci débute le 4 mai 1994 avec un accord au Caire prévoyant qu’Israël évacue 70% de la bande de Ghaza et Jéricho (Cisjordanie). En juillet, le chef de l’OLP Yasser Arafat retourne dans les Territoires palestiniens, après 27 ans d’exil. Il y établit l’Autorité palestinienne.

En décembre 1987, les Palestiniens en Cisjordanie et à Ghaza déclenchent la «guerre des pierres», première Intifadha contre l’occupation israélienne. En septembre 2000, une visite controversée du chef de la droite israélienne Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est entraîne le début de la deuxième Intifadha, après celle qui a embrasé les villes palestiniennes de 1987 à 1993. L’armée israélienne réoccupe les principales villes autonomes de Cisjordanie, puis lance en mars 2002 sa plus vaste offensive en Cisjordanie depuis 1967.

Traité avec le royaume hachémite

Le 26 octobre 1994, les Premiers ministres israélien Yitzhak Rabin et jordanien Abdel Salam Majali signent un traité de paix en présence du président américain Bill Clinton. L’accord garantit à Israël la sécurité sur sa frontière avec le royaume hachémite et jette les bases d’une coopération économique.

Il reconnaît également «le rôle historique» de la Jordanie dans la gestion des Lieux saints musulmans de Jérusalem. En février 2005, Israël achève l’évacuation des territoires jordaniens qu’il occupait, certains depuis 1948. En avril 2000, le roi Abdallah II effectue sa première visite officielle en Israël. En septembre 2014, les exploitants du champ de gaz naturel israélien Leviatan signent un protocole d’accord avec la Jordanie qui ferait d’Israël le principal fournisseur du royaume hachémite pour les 15 prochaines années.

Le 12 mars 2002, le Conseil de sécurité fait figurer pour la première fois dans une résolution (1397) la mention d’Etat palestinien.
Le 19 novembre 2003, le Conseil de sécurité avalise la «feuille de route» du Quartette (Etats-Unis, Russie, ONU, Union européenne) visant à aboutir à une solution en établissant deux Etats. Le 18 février 2011, Washington utilise son veto pour bloquer un projet de résolution arabe condamnant la politique de colonisation.

En janvier 2005, Mahmoud Abbas prend la tête de l’Autorité palestinienne après le décès d’Arafat. En septembre 2005, l’armée israélienne retire son dernier soldat de la bande de Ghaza dans le cadre d’un plan de désengagement unilatéral. En novembre de la même année, Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif opposé au processus de paix.

En juin 2007, le mouvement islamiste Hamas, vainqueur des élections palestiniennes en 2006, prend le contrôle de la bande de Ghaza à l’issue d’une lutte meurtrière avec le Fatah de Mahmoud Abbas. Celui-ci ne contrôle plus qu’une partie de la Cisjordanie. Le 8 juillet 2014, Israël lance une nouvelle opération contre Ghaza pour faire cesser les tirs de roquettes et détruire des tunnels creusés depuis l’enclave palestinienne.

Le 12 octobre 2017, Hamas et Fatah signent un accord, ouvrant la voie à une réconciliation. Une réconciliation qui tarde jusque-là à venir.
Le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël, déclenchant la colère des Palestiniens et la réprobation de la communauté internationale. Le 14 mai 2018, les Etats-Unis transfèrent leur ambassade à Jérusalem.

En mars 2019, le président américain signe le décret reconnaissant la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan. Le 28 janvier 2020, il dévoile un plan controversé prévoyant notamment l’annexion par Israël de pans de la Cisjordanie occupée. Le 13 août, Donald Trump annonce la signature d’un «accord de paix historique» entre Israël et les Emirats arabes unis. Le troisième pays arabe à signer un accord de paix avec l’Etat hébreu.

Ces dernières années, Israël a développé une coopération officieuse avec des économies régionales comme Bahreïn, les Emirats et l’Arabie Saoudite dans le but de normaliser ses relations avec ces pays arabes qui partagent un ennemi commun à l’Etat hébreu : Tel Aviv fournit du matériel militaire à l’armée émiratie et ces dernières années, des sportifs israéliens ont été autorisés à participer à des compétitions aux Emirats. Israël devait tenir un stand à l’exposition universelle de Dubaï cet automne, sans toutefois afficher son drapeau, mais l’événement a été reporté pour cause de coronavirus.

Aussi, lors d’une visite en Ouganda en février, B. Netanyahu s’est entretenu avec le chef du Conseil souverain soudanais, le général Abdel Fattah Al Burhane, en vue «d’entamer une coopération qui normalisera les relations entre les deux pays», alors que Khartoum, comme la plupart des capitales arabes, n’entretient pas de relations officielles avec Israël

L’accord de paix entre Abou Dhabi et Tel-Aviv pourrait ouvrir la porte à des accords du même genre avec d’autres pays arabes comme Bahreïn et même l’Arabie Saoudite. Ce qui modifierait profondément les équilibres géopolitiques au Proche-Orient en rompant définitivement l’isolement d’Israël dans la région sa position face à l’Iran.

L’annonce de l’accord intervient après de rares discussions entre le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et son homologue émirati Anwar Gargash la semaine dernière qui ont suscité un espoir quant au réchauffement de leurs relations après des tensions ces dernières années. Hier, le secrétaire du Conseil de discernement, un poste-clé du système politique iranien, Mohsen Rezaï, a accusé dans un tweet les Emirats de collaborer officieusement «depuis dix ans» avec Israël.

Et d’ajouter : «Ils ont créé un réseau d’espionnage et de renseignement contre les pays de la région». Qualifiant «l’action honteuse des Emirats» de dangereuse, la diplomatie iranienne a mis en garde contre toute ingérence israélienne dans le Golfe et affirmé que «le gouvernement émirati et les autres Etats à ses côtés seront responsables des conséquences» de cet accord.



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