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Un 17 novembre noir en France

17 novembre 2018 à 10 h 15 min

Le président Macron vivra aujourd’hui la première grande épreuve depuis son élection, le 10 mai 2017, à la tête de l’Etat français. La colère et le ras-le-bol fiscal des Français de conditions moyenne et modeste contre les réformes qu’il a engagées et qui affaiblissent leur pouvoir d’achat s’exprimeront aujourd’hui dans plus de 1500 actions prévues. Des Français qui lui reprochent de ne pas les écouter, de ne pas prendre en compte leurs difficultés. Une France qui ne s’est pas sentie écoutée ni prise en considération. Une France qui a le sentiment de payer le prix des réformes qui ne lui profitent pas. D’où sa conviction que Macron est le «président des riches». L’histoire française récente a montré que les étiquettes accolées aux dirigeants sont tenaces. A lui de s’en défaire !

Le mouvement social communément appelé mouvement des «gilets jaunes» (en allusion au gilet jaune que doit avoir dans son véhicule, par mesure de sécurité, tout automobiliste) a commencé par une réaction de mécontentement contre la hausse du prix du carburant, et qui, au fur et à mesure que les jours passent, se développe, s’intensifie, s’élargit et englobe d’autres sujets de mécontentement, ralliant de larges pans de la société française parmi les moins nantis.

La grogne populaire, qui s’exprimera aujourd’hui, spontanée, risque de générer une fracture sociale et de s’enraciner durablement, si des réponses à la hauteur de l’enjeu ne sont pas apportées. Or, Emmanuel Macron reste droit dans ses bottes et inébranlable dans sa volonté de mener ses réformes jusqu’au bout. Il s’évertue à défendre un manque de pédagogie entourant les réformes qu’il propose et qu’il juge incontournables, demandant du temps pour que les Français puissent en cueillir les fruits.

Le mouvement des «gilets jaunes» disqualifie les partis politiques quels qu’ils soient, contraints de suivre un mouvement qui n’est pas de leur initiative et dépassés, parce que nombre de Français ne croient plus en eux. L’extrême droite se défend de toute intervention, instrumentalisation ou récupération, et pourtant ses militants ont investi le terrain, le parti de droite LR a, lui aussi, envoyé ses militants distribuer des tracts, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon affirme ne pas laisser le parti de Marine Le Pen en tirer bénéfice. Les syndicats, pour leur part, en sont restés à l’écart.

Qui engrangera les dividendes de ce mouvement populaire ? Quel enseignement en tirera la classe politique ? Qu’en fera l’Exécutif ? Comment procédera dorénavant Emmanuel Macron pour rapprocher les Français de leurs dirigeants, lui qui dans une récente interview à TF1 déclarait qu’il n’a su à le faire ? Réussira-t-il à retrouver la confiance des Français ? Va-t-il gouverner autrement, avec moins d’arrogance et en s’imprégnant davantage de la réalité du terrain ?

La journée d’aujourd’hui sera un test politique pour Emmanuel Macron et son gouvernement qui, pour dégonfler le mouvement, a multiplié les prises de parole, annoncé des mesures sur le pouvoir d’achat, sans pour autant entamer la détermination des «gilets jaunes» ni convaincre les contestataires. L’ampleur de la mobilisation populaire de ce jour pèsera sans conteste sur l’échiquier politique. 


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