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jeudi, 24 janvier, 2019
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Le 7e anniversaire de la révolution en Tunisie, fêté dimanche dernier, a eu un goût plutôt amer.

Tunisie : Un 7e anniversaire de la révolution au goût amer

19 janvier 2018 à 12 h 00 min

De violents incidents sont survenus dans plusieurs localités du pays, notamment du lundi 8 au vendredi 12 janvier, contre la nouvelle loi de finances, accusée d’être derrière la hausse des prix. La tension a certes vite baissé. Mais plus de 800 arrestations ont été annoncées par le ministère de l’Intérieur. Plusieurs dizaines de blessés ont été enregistrés parmi les forces de l’ordre. C’est lugubre comme fête de la révolution.

La Tunisie marginalisée a grondé quelques jours avant la fête de la révolution pour dire aux politiciens que sa population est désabusée et veut voir la concrétisation des promesses. La loi de finances 2018 n’était qu’un prétexte. Année après année, le désespoir s’est emparé de cette population marginalisée qui a cru un jour que sa situation socioéconomique allait s’améliorer.

Le calme est certes vite revenu grâce à l’action des forces de l’ordre et de l’armée, soutenues par une large frange de la population opposée au pillage et au chaos. Toutefois, «c’est un signal qui ne trompe pas sur le volcan au-dessus duquel vit la Tunisie», comme l’a indiqué Saïd Aïdi, ex-ministre de la Santé et président du parti Beni Watani.

Crise aiguë

Les indicateurs macroéconomiques montrent que la Tunisie traverse une grave crise économique. L’endettement extérieur est passé de 40% du PIB en 2011 à 70% aujourd’hui. Le dinar a perdu plus de 30% de sa valeur par rapport aux autres monnaies de référence (dollar, euro et livre sterling).

La balance des paiements est déficitaire de près de 15% du PIB. Le déficit budgétaire n’est pas descendu sous les 6% depuis 2011. La croissance est restée entre 1 et 2% durant les six dernières années. Et, cerise sur le gâteau, l’inflation officielle est montée à 6,3%, alors que l’inflation ressentie dépasse par contre les 20%.

C’est très loin des engagements des politiciens de tous bords, qui ont promis monts et merveilles aux Tunisiens depuis la révolution, notamment lors des élections de 2014. La situation en Tunisie risque même d’empirer, si l’on en juge par les actes de pillage qui sont survenus dans plusieurs localités lors des incidents des derniers jours. La stabilité reste encore fragile. La démocratie est certes toujours là, au vu des manifestations organisées et des slogans scandés. Mais l’avenir reste ouvert sur toutes les hypothèses.
 

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