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Tunisie : Le président Saïed mise sur Elyes Fakhfakh pour relever la barre

22 janvier 2020 à 9 h 02 min

Le président Kaïs Saïed a nommé l’ex-ministre des Finances de la troïka, en 2012-2013, Elyes Fakhfakh, pour former le gouvernement. Une majorité confortable serait possible pour ce social-démocrate d’Ettakattol, habitué à travailler avec les islamistes d’Ennahdha.

Les partis Ennahdha (54 sièges), Ettayar (22 sièges), Echaab (16 sièges) et Tahya Tounes (14 sièges) ont déjà exprimé leur soutien à la nomination d’Elyes Fakhfakh pour former le prochain gouvernement, issu des élections du 6 octobre dernier. Il s’agit du même quatuor de partis, qui a été réuni autour de Kaïs Saïed pour aider Jamli à former son gouvernement, mais sans toutefois réussi. Le nouvel essai, venant du président Saïed, serait le bon.

Ennahdha n’a pas réussi à faire passer son candidat, Habib Jamli, à la présidence du gouvernement. Ce fut un véritable camouflet pour le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), l’islamiste Rached Ghannouchi, avec un revers sans appel de 134 voix opposées, contre 72 favorables à Jamli. La Constitution accorde au président de la République la possibilité de nommer la personnalité qu’il juge en mesure de réunir une majorité autour d’elle.

«Ce n’est pas le gouvernement du Président», précise le communiqué nommant Elyes Fakhfakh. Kaïs Saïed n’a fait que nommer et c’est à l’ARP de statuer sur le sort de cette nomination. Autrement, si l’équipe d’Elyes Fakhfakh n’obtient pas la confiance de l’ARP, le président de la République pourrait dissoudre l’Assemblée et appeler à des élections législatives anticipées.

Ultime chance

A première vue, Elyes Fakhfakh bénéficie déjà du soutien du minimum requis (109 voix), avec le quator des partis Ennahdha, Ettayar, Echaab et Tahya Tounes. Il pourrait facilement obtenir le soutien des blocs parlementaires El Islah (Réforme -15 sièges) et El Mostaqbal (Avenir -9 sièges). Le parti Qalb Tounes (38 sièges), de Nabil Karoui, a exprimé des réticences par rapport à cette nomination, parce que son principal candidat, l’ancien Fadhel Abdelkefi, n’a pas été retenu.

Mais, Karoui pourrait revenir à de meilleurs sentiments, puisque Fakhfakh prône de composer une équipe réduite et met la lutte contre la pauvreté comme l’un de ses principaux objectifs, faisant ainsi un clin d’œil à Qalb Tounes. Reste la question de la neutralisation des ministères de souveraineté, prônée également par Qalb Tounes, cela ne saurait, normalement, poser des problèmes.

Dans sa première allocution officielle, tard dans la soirée de lundi, suite à sa nomination par le président Kaïs Saïed, Elyes Fakhfakh a espéré être à la hauteur des attentes du peuple tunisien. Il prône «un changement efficace dans les politiques générales pour préparer les conditions et installer les institutions d’un Etat juste, crédible et fort, qui rend justice aux plus faibles parmi les catégories sociales, les cités et les régions, afin de mettre fin à des décennies de pauvreté et de marginalisation».

Concernant son équipe gouvernementale, le chef de gouvernement nominé compte «s’entourer d’une équipe restreinte, qui associe compétence et volonté politique, en vue de relever les défis socioéconomiques et renforcer les acquis politiques». Fakhfakh espère «bénéficier de la plus large ceinture politique possible, loin de toute exclusion».

Marge de manœuvre réduite

La formation de cette équipe restreinte pourrait poser problème puisque le nombre de postes ne pourrait pas subvenir aux attentes des partis politiques composant la majorité. Elyes Fakhfakh dit vouloir couper avec l’approche des quotas, dans la répartition des portefeuilles, au profit d’une approche de compétences. Le chef de gouvernement nominé aura à faire face aux exigences d’Ettayar de mettre quelqu’un des seins à la tête des ministères de l’Intérieur, de la Justice et de la Réforme administrative.

Il aura également à négocier, de manière serrée, avec Ennahdha, qui n’a pas pu placer l’un de ses candidats à la Kasbah et qui voudrait s’octroyer des privilèges alternatifs. Fakhfakh aura, à son actif, le fait que les partis politiques ne sont pas enthousiasmés par l’idée d’aller vers des élections législatives anticipées, de peur d’une nouvelle sanction des urnes. Il est à souligner qu’Elyes Fakhfakh a été cité dans les nominations de Tahya Tounes, le parti du chef de gouvernement Youssef Chahed. Fakhfakh a été également cité par Ettayar, comme une personnalité à laquelle ce parti ne s’oppose pas.

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