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Territoires Non Autonomes L’Eucoco rappelle le droit des peuples à l’autodétermination

26 mai 2020 à 9 h 58 min

A la crise sanitaire, politique et sociale, il faut ajouter celle du développement humain, alertent les experts du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Créé en 1990, l’indice de développement humain (IDH) mesure conjointement l’accès à l’éducation, à la santé et le niveau de vie. Dans un rapport rendu public la semaine dernière, le PNUD fait remarquer qu’il connaît un «déclin rapide et sans précédent» du fait de la crise du coronavirus. La tendance à la baisse de l’indice de développement humain est telle «qu’elle revient à effacer tous les progrès réalisés ces six dernières années», alertent les chercheurs du PNUD. Une première depuis 30 ans.

La crise sanitaire d’ampleur historique a mis à l’arrêt des pans entiers de l’économie mondiale, du système éducatif et révélé les fragilités des services de santé, y compris dans les pays développés.

En matière d’éducation, les conditions actuelles sont équivalentes «aux niveaux observés pour la dernière fois au milieu des années 1980», s’alarment les auteurs du rapport du PNUD. Et encore, ces estimations ne tiennent pas compte des effets indirects de la crise sur les femmes et les filles, plus durement touchées en termes de précarité salariale et scolaire, d’accès aux soins et de violences domestiques. «Nous nous attendions à des chiffres de ralentissement, mais pas à un tel niveau», reconnaît Heriberto Tapia, chercheur au Bureau du rapport sur le développement humain du PNUD cité par le quotidien Le Monde.

Lame de fond

La rapidité avec laquelle les tendances se sont inversées souligne la profondeur de la crise : «En janvier 2020, le FMI (Fonds monétaire international) estimait une augmentation de revenu par habitant dans 160 pays. Trois mois plus tard, à la mi-­avril, le Fonds revoit ses prévisions : 170 pays connaîtront une baisse de revenu par habitant», s’inquiètent les auteurs du rapport du PNUD. Ils estiment ainsi que le revenu mondial par habitant chutera de 4% en 2020. Si ce chiffre se confirme, il constituerait «le pire plongeon de l’activité économique depuis la grande dépression» de 1929. Les pays les plus vulnérables seront les plus touchés par cette crise économique.

Selon des projections du FMI, le nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté devrait augmenter de 40 à 60 millions et le monde pourrait compter entre 14 et 80 millions de personnes sous-alimentées supplémentaires. Mais les effets à long terme de la crise seront ressentis par l’ensemble des économies. La crise financière de 2008 est à ce titre révélatrice. Plus d’une décennie plus tard, les PIB nationaux sont toujours en deçà des prévisions qui avaient précédé ce choc financier mondial.

Crise profonde dans l’éducation

Les objectifs de développement durable ont été, eux aussi, durablement affectés par le ralentissement économique. Dans l’immédiat, la crise de la Covid­-19 est particulièrement aiguë dans le domaine de l’éducation, qui connaît la plus forte inversion de tendance de son histoire.

A la mi-­avril, 1,7 milliard de jeunes entre 5 et 17 ans n’avaient plus accès à l’école dans 147 pays, et les inégalités se creusent faute d’un accès équitable à internet. Si 86% des jeunes sont déscolarisés dans les pays pauvres, c’est le cas pour uniquement 20% d’entre eux dans les pays riches. Mais les auteurs du rapport du PNU s’efforcent de rester optimistes : «Si les conditions d’accès à l’école étaient rétablies, les capacités liées à l’éducation rebondiraient immédiatement.»

Sur les questions de santé, le recul est également net : selon les chiffres actualisés à la mi-­mai 2020, la Covid­-19 fait quotidiennement plus de morts que le paludisme, le sida, les suicides et les accidents de la route. Dans les pays riches et situés à l’épicentre de l’épidémie, les décès dus au coronavirus pourraient dépasser ceux liés au cancer ou aux maladies cardiaques. Les experts du PNUD s’alarment des conséquences en cascade sur la mortalité maternelle et infantile dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Ils estiment que 6000 enfants sont en danger de mort chaque jour et dans les six prochains mois, notamment du fait du ralentissement des programmes de vaccination.

Multiples fractures

Les auteurs du rapport soulignent le contexte particulier dans lequel cette crise a frappé : un monde «plus riche que jamais, mais confronté à de profondes fractures en matière de développement humain». Des fractures qui risquent encore de se creuser. Si l’impact de la Covid­19 est mondial, le déclin du développement humain constaté à l’échelle planétaire «se fera beaucoup plus durement sentir dans les pays en voie de développement, qui auront plus de mal que les pays riches à faire face aux retombées sociales et économiques». Surtout que les pays pauvres sont souvent frappés par des pandémies.

Pour en atténuer les effets, le PNUD recommande la mise en œuvre d’approches axées sur l’équité. Mettre un terme à la fracture numérique permettrait, par exemple, de réduire les inégalités en matière d’éducation, de santé et de revenu en facilitant l’école numérique, la télémédecine et le télétravail.

Dans le domaine de l’éducation, l’accès à internet pour tous aurait pour effet de réduire de deux tiers le nombre d’enfants non scolarisés en raison de la fermeture des écoles. Les experts considèrent qu’avec cette mesure, le déclin de l’indice de développement humain pourrait être divisé par deux.


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