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Accord sur le nucléaire iranien

Téhéran déterminé à «déjouer les complots» de Washington

15 juillet 2018 à 0 h 50 min

Les Etats-Unis et l’Iran se livrent à une guerre économique. Chacun tente d’impliquer à son avantage les partenaires de l’accord de 2015.

La guerre économique entre les Etats-Unis et l’Iran continue. Hier, le président de la République islamique, Hassan Rohani, a déclaré que son pays est déterminé à «déjouer les complots» des Etats-Unis et fournira aux agents économiques nationaux «les devises nécessaires» aux importations et aux exportations.

Face au renforcement des sanctions économiques américaines contre l’Iran, ordonné en mai par la Maison-Blanche avec la sortie des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, «la voie choisie par la République islamique d’Iran est la persévérance, la résistance», a indiqué le président iranien dans une allocution retransmise par la télévision d’Etat iranienne, relayée par l’AFP.

«Chaque fois qu’on a pu déjouer les complots, le peuple et le gouvernement étaient côte à côte», a-t-il ajouté, parlant d’«instaurer une coordination avec le peuple et de trouver une entente avec les Etats amis». «Les Etats-Unis sont de plus en plus isolés sur le sujet des sanctions», a-t-il observé, fustigeant la «politique aventuriste» du président américain, Donald Trump, qui ne concerne «pas seulement le peuple iranien, mais même les alliés les plus proches» des Etats-Unis. «La logique illégale des Etats-Unis n’est soutenue par aucune des organisations internationales», a-t-il poursuivi.

Nombre d’importateurs et d’exportateurs se plaignent depuis plusieurs mois de ne pas avoir accès aux devises leur permettant de commercer avec l’étranger et les activités des bureaux de change sont interdites depuis la mi-avril. «Nous mettrons à la disposition des exportateurs et des importateurs les devises nécessaires», a assuré H. Rohani, promettant également que «le gouvernement fera tout son possible pour fournir les produits de première nécessité» et «le nécessaire dans le domaine de l’énergie, du transport et de la production».

Jeudi à Bruxelles, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a exhorté l’Union européenne (UE) à soutenir les efforts des Etats-Unis pour isoler l’Iran sur le plan économique, en accusant de nouveau Téhéran de «financer le terrorisme». «Nous devons couper tout financement que le régime utilise pour financer le terrorisme et des guerres par procuration», a écrit sur Twitter M. Pompeo, qui participait à Bruxelles à une rencontre UE-Etats-Unis sur l’énergie, organisée en marge du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan).

«Nous demandons à nos alliés et partenaires de se joindre à notre campagne de pression économique contre le régime» de Téhéran, a-t-il ajouté dans un tweet accompagné d’une carte de l’Europe affichant une dizaine de lieux d’«attaques terroristes» à imputer depuis 1979 au Hezbollah libanais et à des agents iraniens. Selon le chef de la diplomatie américaine, l’Iran «continue d’envoyer des armes dans tout le Moyen-Orient, en violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU». Le régime de Téhéran, à son avis, «veut causer des ennuis partout où il le peut. C’est notre responsabilité d’arrêter cela».

Pressions

Ces déclarations sur le réseau social visent à accentuer la pression sur les Européens après la décision prise en mai par Washington de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Suite à cette mesure, les Etats-Unis ont demandé à tous les pays de stopper complètement leurs importations de pétrole iranien d’ici le 4 novembre s’ils veulent éviter les sanctions visant l’Iran que Washington a décidé de rétablir.

La perspective du retour des sanctions américaines a commencé à faire fuir les investisseurs étrangers, comme le constructeur automobile français Peugeot ou l’armateur danois de navires pétroliers, Maersk Tankers. De leur côté, les Européens, qui affirment leur attachement à l’accord, dialoguent avec l’Iran pour essayer de conserver l’adhésion de ce pays à ce pacte.

Par le biais de cet accord, que la cheffe de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, a toujours défendu, l’Iran s’engage à ne pas se doter de l’arme atomique en échange d’une levée des sanctions internationales à son encontre. Téhéran a menacé à plusieurs reprises de reprendre l’enrichissement d’uranium et ne cache pas son impatience, prévenant depuis plusieurs semaines que «le temps des négociations arrive à son terme» pour sauver l’accord.

Et le président Rohani a prévenu que Téhéran pourrait cesser d’appliquer les restrictions qu’il a consenties et reprendre un enrichissement d’uranium plus élevé si les négociations avec les Européens, les Russes et les Chinois ne devaient pas donner les résultats escomptés. Le 12 mai, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a réaffirmé que l’Iran se prépare à reprendre «l’enrichissement industriel» d’uranium «sans aucune restriction», à moins que l’Europe ne fournisse de solides garanties de maintien des relations commerciales avec Téhéran.

Le 21 mai, les Etats-Unis menacent l’Iran de sanctions «les plus fortes de l’histoire» si Téhéran ne se plie pas à leurs conditions pour conclure un «nouvel accord» beaucoup plus vaste, visant à réduire son influence dans la région. Le 8 juin, la vice-présidente iranienne, Masoumeh Ebtekar, a confirmé que des «travaux préparatoires» à la reprise de l’enrichissement de l’uranium sont en cours, au cas où l’accord deviendrait caduc.

Le 2 juillet, le directeur politique du département d’Etat, Brian Hook, a indiqué que son pays est déterminé à réduire «à zéro» les exportations du pétrole iranien. Le 3 juillet, Hassan Rohani affirme que les Etats-Unis ne pourront jamais empêcher l’Iran d’exporter son pétrole. Il qualifie l’annonce du département d’Etat de «pure imagination».

Le 6 juillet, les chefs de la diplomatie des cinq puissances restant parties à l’accord nucléaire (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) ont rencontré, à Vienne, leur homologue iranien, Mohammad Javad Zarif. Ils ont fixé une feuille de route comportant 11 objectifs pour sauver ce compromis signé en juillet 2015 et tenter de garder l’Iran dans le système commercial et financier international.

Parmi ces objectifs, les signataires ont plaidé pour «la poursuite des exportations de gaz et de pétrole iraniens». Aussi, ils veulent «la préservation et le maintien de canaux financiers efficaces avec l’Iran, la poursuite des communications maritimes, terrestres, aériennes et ferroviaires, la promotion de la couverture du crédit à l’exportation, un soutien clair et efficace aux opérateurs économiques qui commercent avec l’Iran (…), l’encouragement de nouveaux investissements en Iran, la protection des opérateurs économiques pour leurs investissements et autres activités financières en Iran». 

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