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Soupçons d’argent sale derrière certains parrainages de la présidentielle en Tunisie : L’ISIE a-t-elle les moyens pour en découdre avec les contrevenants ?

19 août 2019 à 8 h 41 min

L es rumeurs courent sur des «achats» de parrainages de députés. Deux députés auraient même cautionné deux candidats différents. Certaines bases de données, incluant les identités d’électeurs, auraient été également commercialisées pour servir dans les parrainages citoyens. L’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE) essaie de tranquilliser les électeurs.

La publication, avant-hier, par l’ISIE des parrainages de députés, obtenus par chacun des 26 candidats à la présidentielle du 15 septembre prochain, a permis aux observateurs de voir clair concernant les «soutiens» de chacun. Certains soupçons ont été confirmés, concernant l’éventuel «achat» de parrainages, voire certaines discordances entre l’appartenance du député et le candidat qu’il a soutenu.

Parrainages douteux

Parmi les 11 candidats à la présidentielle ayant bénéficié de parrainages de députés, trois ont été à l’origine de polémiques. Il s’agit de Nabil Karoui, Slim Riahi et Hatem Boulabiar. En effet, deux députés sont soupçonnés d’avoir signé des parrainages pour deux candidats. Il s’agit de Abderraouf Cherif (Karoui et Riahi) et Meher Madhioub (Fakhfakh et Boulabiar). Les députés nient.

Mais, les listes de l’ISIE le confirment, permettant certes la transparence du processus, mais posant néanmoins des interrogations sur le suivi de cette polémique. Les interrogations portent aussi sur certains parrainages citoyens qui seraient passés sans l’aval des électeurs concernés. 10 000 parrainages citoyens sont nécessaires pour être admis comme candidat à la présidentielle. Les rumeurs disent que certains candidats se sont procuré des bases de données d’identités qu’ils ont exploitées pour les parrainages. La polémique est ouverte.

Pour la majorité des candidats, il n’y a pas de problème avec les parrainages de députés. Ainsi, Abdelfattah Mourou a été soutenu par la première ligne des députés islamistes, comme le chef du bloc parlementaire, Noureddine Bhiri, ou l’ancien chef de gouvernement, Ali Larayedh. Par contre, Hatem Boulabiar, le nahdhaoui dissident, a été soutenu par les chefs de file de l’opposition au sein du parti islamiste, Abdellatif Mekki et Samir Dilou.

Il a dû même implorer le soutien du député nationaliste, Adnene Hajji, pour combler les désistements d’autres nahdhaouis. «J’ai agi ainsi pour sauver la démocratie et le droit à la différence», a expliqué Hajji sur sa page Facebook.  Cet agissement n’a, semble-t-il, pas plu à la direction de son parti, la Tunisie en avant. Le député a dû démissionner de son parti foncièrement anti-Ennahdha.  Les candidats Hamadi Jebali et Elyes Fakhfakh ont également bénéficié des parrainages de députés d’Ennahdha, tout comme l’ancien président Moncef Marzouki, dont les parrainages sont parvenus d’islamistes et des quatre députés de son parti, Al Hirak. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a bénéficié, quant à lui, du soutien de 30 députés de son parti, Tahya Tounes.

Que dit la loi

L’article 41 du code électoral de 2014 interdit à tout représentant (député, élu municipal ou électeur) de parrainer plus d’un candidat. Or, la liste des députés, publiée par l’ISIE, a révélé qu’au moins deux élus ont parrainé différents candidats à la fois. Normalement, après vérification de la liste des présentateurs par l’ISIE, cette dernière informe les candidats qui s’avèrent avoir été parrainés par un même électeur afin de le remplacer dans un délai de 48 heures à compter de la date de notification, sous peine d’irrecevabilité de la candidature, ce qui a été fait par les candidats Elyes Fakhfakh et Hatem Boulabiar, ce dernier ayant sollicité le soutien du député Lotfi Hajji.

Concernant la problématique de l’harmonie entre l’appartenance politique et le parrainage, elle reste entière et évoque la question de l’argent sale. Ainsi, la deuxième vice-présidente de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Faouzia Ben Fodha, est tête de liste pour Al Badil aux élections législatives. Pourtant, pour la présidentielle, elle a parrainé Slim Riahi, l’homme d’affaires actuellement en dehors de la Tunisie et poursuivi pour contentieux fiscal. Riahi est également le président de l’Union patriotique libre (UPL).

Le chef du parti Al Badil, Mehdi Jemaa, candidat lui-aussi à la présidentielle, a présenté des parrainages citoyens, comme le permet la loi électorale. Les soutiens de Riahi auraient perçu de l’argent, selon certaines sources. L’ISIE demande des preuves et laisse la porte ouverte à toutes les réclamations. Mais a-t-elle les moyens pour résister aux lobbies ? That’s the question.


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