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Soudan : Le président déchu Omar El Béchir comparaît devant le parquet

17 juin 2019 à 9 h 00 min

Vêtu de la traditionnelle djellaba blanche et d’un turban, l’ex-président soudanais Omar El Béchir a été conduit, hier, au parquet en charge des affaires de corruption à Khartoum, sa première apparition en public depuis sa destitution en avril sous la pression de la rue.

L’ancien homme fort du Soudan est arrivé de sa prison escorté par un convoi de véhicules militaires et des membres des forces de sécurité lourdement armés, a constaté le correspondant de l’AFP devant les locaux du parquet. «L’accusé Omar El Béchir a été (…) informé des accusations qui pèsent contre lui, pour la  »possession de devises étrangères »,  »corruption » et  »réception de cadeaux de manière illégale »», a indiqué aux journalistes un responsable du parquet, Aladdin Dafallah.

Les chefs d’accusation ont été lus à M. El Béchir en présence de son avocat, selon le responsable. M. El Béchir est reparti au bout de quelques minutes, a constaté le correspondant de l’AFP. Porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1989, Omar El Béchir a été destitué et arrêté par l’armée le 11 avril à Khartoum, à la suite d’un mouvement de contestation inédit, déclenché en décembre par le triplement du prix du pain.

Jeudi, l’agence de presse officielle soudanaise Suna avait déjà annoncé que M. El Béchir était accusé de «possession de devises étrangères», d’«avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale» et d’«avoir ordonné (l’état) d’urgence».

Le 21 avril, le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah Al Burhan, nouvel homme fort du pays, avait affirmé que l’équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide à la résidence de Omar El Béchir à Khartoum.

Outre l’inculpation pour «corruption», M. El Béchir fait aussi l’objet de poursuites pour les «meurtres de manifestants durant la répression de la contestation née en décembre». Son régime avait tenté de juguler ce mouvement en décrétant l’état d’urgence le 22 février.

Après avoir obtenu la chute de M. El Béchir, les milliers de manifestants étaient restés mobilisés en maintenant un sit-in devant le QG de l’armée, réclamant que le Conseil militaire de transition cède le pouvoir aux civils. Mais le 3 juin, ce sit-in a été dispersé dans le sang, avant que la répression ne se poursuive.

Selon un comité de médecins proches de la contestation, quelque 120 personnes ont été tuées lors de cette vague de répression depuis le 3 juin, la plupart dans la dispersion du sit-in.


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