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Soudan : Des manifestants demandent justice pour leurs camarades tués

01 décembre 2019 à 9 h 11 min

Des centaines de Soudanais ont manifesté, hier, à Khartoum, pour réclamer que justice soit rendue à leurs camarades, tués dans la répression du récent mouvement de contestation, rapportent des médias. Mouvement ayant abouti à la destitution de Omar El Béchir, selon des médias.

Selon les Forces pour la liberté et le changement, fer de lance du mouvement, plus de 250 personnes ont été tuées et des centaines blessées durant la contestation, de décembre 2018 à août 2019. «Sang pour sang», a scandé la foule devant le bureau du Premier ministre, dans la capitale. Des dizaines de policiers ont été déployés autour du rassemblement.

Jeudi, les autorités de transition ont ordonné la dissolution du parti du président déchu Omar El Béchir et le «démantèlement» de son régime qui a régné sans partage pendant près de 30 ans. «Le Parti du Congrès national est dissous» et tous ses biens sont confisqués, proclame une loi intitulée «démantèlement du régime du 30 juin 1989», adoptée par le nouveau Conseil souverain au pouvoir et par le gouvernement du Premier ministre Abdallah Hamdok. «Aucun symbole du régime ou du parti n’est autorisé à s’engager dans quelque activité politique que ce soit pendant dix ans», ajoute le texte. Omar El Béchir, arrivé au pouvoir en 1989 par un coup d’Etat soutenu par les islamistes, a dirigé le Soudan d’une main de fer pendant 30 ans. Destitué par l’armée le 11 avril après des mois d’un mouvement de contestation populaire inédite, il est actuellement emprisonné à Khartoum. Le verdict de son procès pour «corruption» est attendu le 14 décembre. Les militaires, qui ont pris le pouvoir après la chute d’El Béchir, ont toutefois refusé de le livrer à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui l’accuse de «crimes contre l’humanité» et de «génocide» au Darfour.

La dissolution de son parti ne constitue «pas une vengeance», a affirmé le Premier ministre sur Twitter. Elle «vise à préserver la dignité du peuple soudanais qui a été écrasé par des gens indignes», a-t-il ajouté. Cette mesure «constitue un grand pas en avant vers les objectifs de la révolution et sur le chemin de la construction d’un Etat civil démocratique», s’est félicité dans un communiqué l’Association des professionnels du Soudan (SPA), le mouvement à l’origine des protestations qui ont fait chuter le régime El Béchir.
Le Conseil souverain a aussi approuvé jeudi l’abrogation d’une loi sur l’ordre public, en vertu de laquelle des milliers de Soudanaises ont été condamnées au fouet, à de la prison ou à de lourdes amendes pour «tenue indécente», comme le simple port du pantalon, ou pour avoir fait la fête.

A la suite d’un accord conclu en août entre l’armée et les meneurs de la contestation, un Conseil souverain formé de civils et de militaires est chargé d’assurer la transition vers un régime civil, l’une des principales revendications des manifestants. Un gouvernement civil est dirigé par Abdallah Hamdok. 


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