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Crise politique au Mali : Sommet virtuel de l’Afrique de l’Ouest

28 juillet 2020 à 9 h 00 min

Les 15 présidents de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont tenu, hier, un sommet extraordinaire virtuel pour tenter de résoudre la crise politique qui secoue le Mali depuis juin.

Le sommet intervient alors que l’opposition menace de reprendre, début août, ses manifestations contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. Dans son allocution d’ouverture du sommet, le président en exercice de la Cédéao, le président nigérien Mahamadou Issoufou, a demandé à ses homologues d’adopter des «solutions fortes pour une sortie de crise rapide au Mali», dont la résolution exige aussi, selon lui, «l’union sacrée de tous les Maliens». «Nous devons donc sortir de ce sommet extraordinaire avec des solutions durables et des décisions fortes, à même de garantir la stabilité du Mali et donc de la région», a déclaré le président Issoufou. «Le temps presse et les risques sont grands», a-t-il souligné, en rappelant que le Mali a failli tomber entièrement aux mains des groupes djihadistes en 2012, et qu’un effondrement de l’Etat aurait des conséquences graves non seulement pour le Mali, mais aussi pour «tous ses voisins et même au-delà». Ainsi, «la situation nous interpelle tous, mais elle interpelle au premier chef tous les Maliens (…).

Elle exige l’union sacrée de tous les Maliens. Nous avons le devoir d’en créer les conditions», a-t-il ajouté. Et de soutenir : «Le Mali a aujourd’hui besoin d’une Assemblée nationale conforme aux résultats des élections législatives, d’un gouvernement d’union nationale, d’une nouvelle Cour constitutionnelle (et) d’une enquête sur les événements des 10, 11 et 12 juillet», qui ont fait des morts. Il a aussi souligné une nouvelle fois qu’un départ forcé du président Keïta est «contraire» aux règles démocratiques en vigueur de la Cédéao.

De son côté, le président Keïta a, depuis Bamako, critiqué l’opposition, selon des sources proches de la Cédéao. Il a affirmé que «ceux qui prennent la rue veulent imposer une transition et faire un coup d’Etat rampant pour mettre en cause la laïcité du pays», a indiqué une source proche de la Présidence malienne, citée par l’AFP. La mission de la Cédéao a échoué jeudi à faire accepter à l’opposition malienne son plan pour sortir le pays de la crise.

Ce plan préconise le maintien au pouvoir du président Keïta, sachant que la principale revendication de la contestation est justement la démission de ce dernier. La mission évoque aussi la mise en place d’une nouvelle Cour constitutionnelle, dont les membres comprendront trois profils issus de la magistrature, trois personnes cooptées par le président de la République et sept choisies par les forces vives de la nation, ainsi qu’un réexamen du contentieux électoral et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le plan est rejeté par l’opposition, regroupée au sein de la coalition du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui a réitéré ses demandes, notamment la démission du Président. Mais la Cédéao a fait savoir que cette démission constitue une «ligne rouge» à ne pas franchir.

Au pouvoir depuis 2013, le président Keïta est massivement contesté par la rue depuis juin. Le 10 juillet a lieu la troisième grande manifestation contre le pouvoir à l’appel de l’opposition, regroupée au sein de la coalition du M5-RFP. La manifestation a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers à Bamako, les pires dans la capitale depuis 2012, qui ont fait 11 morts, selon le Premier ministre, Boubou Cissé. Une division de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) parle de 14 manifestants tués. Le M5-RFP évoque 23 morts.

Il réclame la dissolution du Parlement, la formation d’un gouvernement de transition, dont il désignerait le Premier ministre, ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle, accusée de collusion avec le pouvoir, et la démission du Président. Le mouvement canalise aussi le mécontentement contre la dégradation sécuritaire et l’incapacité à y faire face, le marasme économique, la défaillance des services de l’Etat et le discrédit répandu d’institutions suspectées de corruption.


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