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Situation sécuritaire en Tunisie : Les terroristes cherchent à exploiter la pandémie de Covid-19 pour frapper

07 avril 2020 à 7 h 22 min

Armée et Garde nationale tunisiennes ont tendu, dimanche à l’aube, un guet-apens aux terroristes, opérant au Centre-Ouest tunisien, sur les hauteurs de Kasserine, près de la montagne de Salloum, à 40 kilomètres de la frontière tuniso-algérienne. Deux membres de la filiale de Daesch, Jound El Khilafa, ont été abattus.

Une preuve de plus que les maquis terroristes sont toujours actifs dans la région. Ils ont même exploité l’implication de l’armée dans la lutte contre le coronavirus pour essayer de sévir.

Le chef du gouvernement tunisien, Elyes Fakhfakh, a tenu à remercier, personnellement, avant-hier, les concepteurs du guet-apens qui a permis d’abattre deux des principaux dirigeants du groupe terroriste Jound El Khilafa, la filiale tunisienne de Daesch.

Un travail d’investigation a permis d’attirer ces deux éléments, loin de leur maquis. Ils ont cru que l’armée avait quitté ses positions et qu’ils pourraient s’approvisionner en vivres. Or, l’armée et la Garde nationale sont sur le qui-vive, sachant pertinemment que les terroristes vont essayer d’exploiter la mobilisation des sécuritaires dans la lutte contre le coronavirus.

Les ministres tunisiens de la Défense et de l’Intérieur ont tenu à rendre hommage à leurs troupes, pour le maintien de la veille antiterroriste, qui a permis cette réussite. Il est à rappeler que le groupe terroriste Jond El Khilafa s’est séparé de l’AQMI, Al Qaîda au Maghreb islamique, depuis 2014. Cette branche de Daesch est opérationnelle sur les monts de Salloum, au Centre-Ouest tunisien, dans la région de Kasserine.

Sur le qui-vive

Le suivi des derniers communiqués des ministères de la Défense et de l’Intérieur et les déclarations de leurs responsables montrent que l’armée et la Brigade antiterroriste poursuivent leurs traques des personnes suspectes et ont renforcé, ces dernières semaines, leurs rondes dans les zones proches des maquis terroristes. Ainsi, l’opération de Salloum survient deux mois après l’arrestation, le 10 janvier dernier, d’un terroriste à Hydra, sur la frontière algérienne, et la confiscation de sa kalachnikov.

Par ailleurs, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur du 3 avril, deux terroristes ont été arrêtés à Siliana. Ils ont reconnu qu’ils préparaient une opération terroriste et apprenaient à fabriquer des ceintures explosives. Un autre communiqué, publié le 31 mars avait rapporté l’arrestation de trois terroristes, projetant de faire une opération au cours du mois de Ramadhan. Ils ont reconnu s’être avancés dans la préparation de leur attaque de l’un des centres névralgiques du pays, que le communiqué ne précise pas. D’autres communiqués relatent les arrestations de terroristes en fuite ou condamnés par contumace.

Prévention

Le monde vit, certes, en ce moment, au rythme de la lutte contre le coronavirus. Cela n’a pas empêché tous les pays de prendre en compte le risque terroriste, surtout après la défaite de Daesch en Syrie. Il y a une peur bleue de voir les anciens terroristes de Daesch sévir ailleurs, comme on le voit en Libye, au vu et au su de la communauté internationale. La Tunisie et l’Algérie ont renforcé leurs frontières avec la

Libye, de peur de voir sévir chez eux des éléments venus soutenir le gouvernement d’Al Sarraj.

Les deux pays ont eu à passer au peigne fin la liste de leurs touristes, bloqués en Turquie par le coronavirus, de peur de voir s’y infiltrer des terroristes de Daesch. Il est clair qu’Ankara veut se débarrasser des terroristes étrangers, restés sur son sol après la fin de la mission Syrie.

Les Turcs veulent se concentrer sur la lutte contre le coronavirus, à l’image de tout le monde, qui veut se débarrasser de cette pandémie. Ainsi, Ankara veut dégager les terroristes vers d’autres cieux, quitte à les rapatrier avec les touristes bloqués sur son sol, et tous les coups sont permis.

Tunis
De notre correspondant  Mourad Sellami



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