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Élections législatives ce dimanche en Tunisie : Scrutin à haut risque pour la majorité parlementaire

03 octobre 2019 à 9 h 03 min

Les élections législatives de ce week-end en Tunisie s’annoncent incertaines, vu les résultats du 1er tour de la présidentielle du 15 septembre dernier. L’émiettement est certain et il y a des risques évidents sur la possibilité de composer une majorité qui puisse gouverner.

La Tunisie aborde ce week-end les deuxièmes élections législatives de sa deuxième République, alors qu’elle traverse une grave crise socioéconomique. Le 1er tour de l’élection présidentielle a déjà donné le ton en termes de sanctions de la majorité au pouvoir. Les deux élus pour le 2e tour, Kais Saied et Nabil Karoui, n’ont jamais fait partie des institutions du pouvoir politique en Tunisie.

La gifle électorale du 15 septembre, contre le pouvoir en place et les partis, semble s’étendre, inéluctablement, aux législatives de ce week-end, ce qui serait lourd de conséquences, puisque le régime politique en Tunisie est parlementaire. Le chef du gouvernement est désigné par le 1er parti aux législatives. Les derniers sondages donnent favori le parti Qalb Tounes de Nabil Karoui, 4 à 5 points devant les islamistes d’Ennahdha. Qalb a déjà dit que son candidat à la Kasbah, c’est Fadhel Abdelkafi, un financier du secteur privé, qui a été un super-ministre économique (Finances, Développement, Investissement et Coopération internationale) dans le gouvernement Chahed, entre août 2016 et septembre 2017.

Le problème, c’est que le 1er parti choisit certes le chef du gouvernement, mais il est surtout appelé à réunir une majorité pour gouverner. Et, à ce titre, il y aurait, semble-t-il, un véritable problème, si les estimations des sondages se confirment. En effet, les résultats donneraient Qalb Tounes 1er, réunissant 20% des suffrages et entre 48 et 52 sièges, suivi par Ennahdha, avec 14% des voix et entre 32 et 36 sièges.

Quatre autres formations politiques pourraient réunir plus de 10 sièges. Il s’agit de l’Alliance pour la dignité, des rigoristes religieux ou les mécontents d’Ennahdha. Ils peuvent réunir entre 20 et 22 sièges (11%). Il y a, aussi, le Parti destourien libre de Abir Moussi, qui se présente comme la suite du régime de Ben Ali (15 sièges et 8%). Il y a également le Courant démocrate de Mohamed Abbou (13 sièges et 7%) et Tahya Tounes (10 sièges et 5%).

Conflits

En plus du fait que le champ politique est très atomisé, les alliances seront difficiles à mettre en place. Qalb Tounes et Ennahdha, les deux premiers partis qui pourraient sortir vainqueurs de ce scrutin, se détestent. Qalb Tounes accuse Ennahdha d’être derrière l’arrestation de Nabil Karoui, pour l’affaiblir politiquement. Les islamistes d’Ennahdha jurent par tous les dieux qu’ils ne s’allieront pas avec Qalb Tounes, «symbole de la corruption», aux dires de Rached Ghannouchi.

Mais, d’une part, Ghannouchi avait dit la même chose concernant Nidaa Tounes, à la veille des élections de 2014. Et, d’autre part, cela demeure encore dans la case des sondages et projections. Les urnes n’ont pas, encore, dit leur mot définitif. Le scrutin du 15 septembre dernier a certes montré que les Tunisiens choisissent selon le charisme des personnes et leur non-implication avec le pouvoir des dernières années.

Mais, comme les électeurs n’ont pas encore choisi, les dirigeants politiques se contentent de promettre et d’observer. Par ailleurs et au-delà des deux gagnants lors du scrutin du 15 septembre, prévus par ailleurs par les sondages, personne ne s’attendait qu’une personnalité comme Safi Saïd obtienne 7,1% des suffrages, quelque  milliers de voix de moins que Youssef Chahed. Safi Saïd n’est connu qu’à travers les plateaux télé.

Il a roulé sa bosse avec tous les régimes nationalistes arabes, de Saddam en Irak, à El Gueddafi en Libye, en passant par les fractions de l’OLP. Il n’avait obtenu que 0,8% des voix en 2014. Les électeurs ne connaissent pas ça. Ils ont élu la personnalité qui dispose d’une certaine éloquence à leurs yeux et n’a pas été souillée par l’appartenance au pouvoir. Une colère noire semble s’être emparée des esprits des Tunisiens contre ceux qu’ils ont élus depuis 2011, aussi bien islamistes que modernistes, pour leur avoir menti.

La preuve, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, n’a récolté que 7% des suffrages, alors que le vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), l’islamiste Abdelfattah Mourou, a obtenu 12%. Les partis de l’alliance au pouvoir, Ennahdha et Tahya Tounes, risquent de payer fort cher l’échec de leur gouvernance, lors du scrutin législatif de ce dimanche.


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