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SOMMET DU CONSEIL DE COOPÉRATION DU GOLFE

Riyad annonce la réconciliation avec Doha

06 janvier 2021 à 10 h 40 min

Les monarchies du Golfe ont signé hier un accord «de solidarité et de stabilité» à l’ouverture du sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Sommet abrité à Al-Ula, au nord-ouest de l’Arabie Saoudite, et consacré au différend opposant depuis plus de trois ans Qatar aux quatre pays arabes : l’Arabie Saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Egypte.

«Les efforts (du Koweït et des Etats-Unis) nous ont aidés à obtenir un accord (…) où nous affirmons notre solidarité et la stabilité du Golfe et des pays arabes et musulmans», a annoncé le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, en ouvrant le sommet.

Baptisé «déclaration d’Al-Ula», l’accord, dont le contenu n’a pas été dévoilé, a été signé par les six monarchies du CCG (Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Qatar, Oman et Koweït) en présence de Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump.

Un peu plus tard dans la journée, le ministre des Affaires étrangères saoudien a déclaré que les relations diplomatiques entre Qatar et les quatre pays arabes qui le boycottaient sont rétablies. «Il a été décidé aujourd’hui, grâce à la sagesse de dirigeants du Golfe et de l’Egypte, de tourner la page et de rétablir toutes les relations diplomatiques» avec le Qatar, a déclaré à la presse le prince Fayçal Ben Farhane Al Saoud, à l’issue du sommet.

La veille, le Koweït a annoncé la réouverture par l’Arabie Saoudite de son espace aérien et de toutes ses frontières au Qatar, après trois ans et demi de boycott.

De son côté, l’émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, est arrivé hier à Al-Ula pour participer à son premier sommet du Conseil de coopération du Golfe depuis 2017. Mohammed Ben Salmane a affirmé que l’objectif du sommet consiste à faire front commun face aux «défis», notamment «le programme nucléaire iranien, son programme de missiles balistiques et ses projets de sabotage».

Soucieux d’isoler l’Iran et de réduire son influence dans la région, les Etats-Unis voient de leur côté nécessaire l’unité des monarchies du Golfe. Et pourquoi pas, constituer un front commun avec Israël contre la République islamique.

A la mi-septembre à Washington, les Emirats arabes unis et Bahreïn, signent un accord de normalisation de leurs relations avec l’Etat hébreu. En novembre, le conseiller américain à la Sécurité nationale, Robert O’Brien, a déclaré qu’autoriser les avions du Qatar à survoler le voisin saoudien constitue une priorité pour Washington. Début décembre, Jared Kushner, le gendre et conseiller très spécial du président américain sortant, s’est rendu à Riyad et à Doha.

En revanche, le président américain élu, Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, compte réintégrer son pays dans l’accord nucléaire signé à Vienne en 2015 par Téhéran avec le Groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France ainsi que l’Allemagne). Accord duquel s’est retiré Washington en 2018. Comme il a prévenu qu’il ne sera pas très conciliant à l’égard du royaume wahhabite sur les droits de l’homme et la guerre au Yémen, où Riyad mène une coalition arabe depuis mars 2015.

La discorde

Le 5 juin 2017, l’Arabie Saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Egypte annoncent la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar. Il lui est reproché de soutenir des groupes islamistes radicaux et ses rapports avec l’Iran. Cette rupture est suivie de sanctions économiques : la fermeture des frontières terrestres et maritimes et des interdictions de survol aux compagnies aériennes qataries.

Aussi, Doha est exclu de la coalition militaire arabe menée depuis mars 2015 par Riyad au Yémen contre les rebelles houthis. Qatar rejette ces allégations et relève que nul n’a le droit de lui dicter sa politique étrangère. Il accuse à son tour ses voisins de vouloir le mettre «sous tutelle» et de l’étouffer économiquement. Pour mettre fin à cette crise, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte et Bahreïn somment le Qatar de se conformer à une liste d’exigences qui lui est transmise le 22 juin par l’intermédiaire du Koweït.

Ces conditions consistent, pour schématiser, en la fermeture de la chaîne Al Jazeera, la réduction des relations avec l’Iran et la fermeture d’une base militaire turque. Aussi, Doha est appelé à rompre avec les groupes islamistes, y compris les Frères musulmans, placés sur une liste d’organisations «terroristes» par l’Arabie Saoudite et ses alliés, et d’extrader des figures des oppositions islamistes réfugiées à Doha.

Début juillet, le Qatar rejette les demandes de ses voisins. «La liste de demandes est faite pour être rejetée», a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed Ben Abderrahmane Al Thani, depuis Rome. Et de soutenir : «Tout le monde est conscient que ces demandes sont destinées à empiéter sur la souveraineté de l’Etat du Qatar.» L’émirat accueille depuis longtemps des leaders des Frères musulmans, à l’exemple de leur chef spirituel Youssef Al Qaradaoui et Khaled Mechaal, ancien dirigeant du mouvement palestinien Hamas, lié à la confrérie.

Il partage avec l’Iran le champ gazier de Pars Sud. Quand l’Arabie Saoudite a fermé le seul accès terrestre du Qatar avec le monde extérieur, essentiel pour l’importation de ses produits alimentaires, l’Iran s’est empressé d’approvisionner ce pays par voie maritime, tout comme la Turquie. L’isolement du Qatar a été contreproductif pour Riyad et Abou Dhabi, puisqu’il a permis à Doha de se rapprocher davantage de Téhéran et de Ankara.


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