Reprise des exportations du pétrole libyen : Accord Haftar-Myitigue pour une répartition «équitable» des revenus | El Watan
toggle menu
vendredi, 27 novembre, 2020
  • thumbnail of elw_17102020





Reprise des exportations du pétrole libyen : Accord Haftar-Myitigue pour une répartition «équitable» des revenus

20 septembre 2020 à 11 h 00 min

Haftar et Misrata sont parvenus, sans trop de bruit, à un accord qui pourrait lever une partie de la crise socioéconomique des Libyens, s’il est appliqué. Les deux ont les moyens de le faire, surtout que l’on sent derrière la présence de la Turquie et la Russie.

Inutile de rappeler que Haftar reste l’homme fort de l’Est libyen et détient les vannes du pétrole. Il est soutenu par la Russie. Myitigue est le représentant de Misrata au Conseil présidentiel. C’est l’homme des Turcs.

L’accord a pris en considération la détérioration accrue de la situation socioéconomique des Libyens, ainsi que les recommandations des dernières tractations, notamment les réunions de Bouzniga, au Maroc, et Montreux, en Suisse, d’il y a à peine une semaine. L’accord porte notamment sur la «création d’une commission technique, qui supervise les revenus du pétrole et veille à leur répartition équitable». Les deux communiqués n’ont pas donné de détails sur la composition de cette fameuse commission.

Par ailleurs, Haftar a parlé, dans son intervention télévisée, de «garantir l’avenir de la Libye et veiller à ce que l’argent du pétrole ne finance pas le terrorisme». Il assure espérer que «des mesures seront prises, dans le cadre du dialogue interne libyo-libyen, sous la présidence de Myitigue, pour l’intérêt du peuple libyen».

Un communiqué de son commandement général parle d’une période d’un mois. Pour sa part, Myitigue assure que «cet accord porte sur trois mois et qu’une évaluation sera faite à la fin de l’année». Fayez Al Sarraj n’a pas encore réagi à l’accord. L’accord Haftar/Sarraj survient après une série de tractations libyo-libyennes, sous l’impulsion des joueurs internationaux. Chacun y allait de sa manière et selon ses intérêts.

L’accord Haftar/Myitigue semble plus «terre à terre». Il consiste à élaborer un budget unifié, prenant en considération, proportionnellement, les besoins de chaque région.

La commission technique est chargée de transférer l’argent vers chaque camp, mensuellement pour les salaires, et trimestriellement pour les sections II, III et IV du Budget.

C’est la Banque centrale (Est et Ouest) qui est en charge des paiements. Mais, c’est la commission technique qui veille à la réalisation des projets de développement, soit la section III du Budget. Ladite commission veille également à résoudre les différends entre les banques commerciales et la Banque centrale. Aucune précision n’a été donnée concernant la composition de cette fameuse commission technique, ni sur l’éventuelle présence d’arbitrage international, en cas de litige.

Réactions

Les Libyens ont été surpris par l’annonce de cet accord, entre Myitigue et Haftar. Les conférences de Bouzniga et Montreux laissaient entendre une longue période intermédiaire de tractations poussées. Mais, voilà que Haftar et Myitigue ont appuyé sur l’accélérateur. L’une des premières réactions est venue de Oussama Jouili, le commandant de la zone militaire Ouest, relevant d’Al Sarraj. «Nous sommes opposés aux accords obscurs. Nous attendons les réactions des autres membres du Conseil présidentiel et de la Chambre des députés», a-t-il commenté, en ne parvenant pas à cacher son amertume, lors d’une déclaration à Libya Al Ahrar TV.

Pour sa part, Senoussi Al Halig, vice-président du Conseil supérieur des cheikhs et des notables libyens, s’est déclaré satisfait de cet accord. Il a précisé que «c’est le résultat de sept mois de tractations, pour l’intérêt du peuple libyen». Par contre, Jemaa Guemati, l’envoyé spécial d’Al Sarraj auprès des pays du Maghreb, ne donne pas beaucoup de chance à la réussite de cet accord, qui «exclut l’Entreprise nationale de pétrole et la Banque centrale».

Pour Guemati, «le pays a besoin d’élections législatives, qui unissent le pays et ses institutions». Il est à souligner que le discours de Fayez Al Sarraj, le 16 septembre, annonçant sa disposition à remettre le témoin, dès nécessaire, ainsi que la multiplication des tractations entre les belligérants libyens, laissaient déjà attendre un accord imminent sur le terrain. Les interrogations portaient sur l’impact d’un éventuel accord, sans la touche des hommes forts sur le terrain, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest, comme le voulaient la conférence de Montreux.

La réponse n’a pas tardé à venir, à peine trois jours après le discours d’Al Sarraj, l’accord Haftar/Myitigue est annoncé, avec des dessous que l’on découvrira incessamment. De prime abord, la touche russo-turque semble certaine. Le discours de Haftar explique partiellement.
Il assure que l’on ne peut continuer à attendre, indéfiniment, une solution globale, alors que les citoyens souffrent. Tout dépendra, encore une fois, de l’application sur le terrain et du degré d’équité de la distribution de l’argent du pétrole.

Tunis
De notre correspondant  Mourad Sellami

Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!