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Projet d’accord sur le Brexit : Semaine «cruciale» pour Bruxelles et Londres

19 novembre 2018 à 9 h 35 min

La Première ministre britannique, Theresa May, dont le projet d’accord sur le Brexit négocié avec l’Union européenne (UE) est très contesté, retournera à Bruxelles au cours d’une semaine qu’elle annonce décisive, selon l’AFP.

Elle a déclaré hier à Sky News que les sept prochains jours allaient être «cruciaux». Elle a indiqué qu’elle irait à Bruxelles et rencontrerait le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant le sommet européen prévu pour le 25 novembre et qui doit entériner le projet d’accord. Les discussions porteront en particulier sur la «relation future» entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit, prévu le 29 mars.

Le projet d’accord sur le Brexit a valu à Mme May plusieurs départs de son gouvernement, motivés notamment par le sort particulier réservé à la province britannique d’Irlande du Nord après la sortie de l’UE. Le point le plus contesté est le «backstop», ou filet de sécurité, solution de dernier recours prévoyant le maintien de l’ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE.

Désaccord

Il prévoit également un alignement réglementaire plus poussé pour l’Irlande du Nord si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n’est conclu à l’issue d’une période de transition de 21 mois après le Brexit. La Première ministre a tenté de rassurer hier, comparant le backstop à une «police d’assurance».

Mais elle est menacée d’être renversée par un vote de défiance. Celui-ci serait déclenché s’il est demandé par 15% du groupe conservateur au Parlement, soit 48 députés. «De ce que je sais, ce seuil n’a pas été atteint», a affirmé la Première ministre. Elle a prévenu qu’un changement de leader ne «faciliterait pas les négociations» et risque de reporter le départ de du Royaume-Uni de l’UE. C’est le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg, à la tête du puissant groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), qui a lancé la manœuvre, l’accusant d’avoir trahi les promesses faites au peuple britannique. Avec ce projet d’accord, le Royaume-Uni deviendra un «Etat vassal» de l’UE, avec «beaucoup de lois conçues à l’étranger et sur lesquelles nous n’aurons aucune influence», a relevé l’ERG.

Le texte sera présenté en décembre au Parlement mais son destin semble incertain en raison de l’opposition du parti travailliste, des libéraux démocrates et du parti unioniste nord-irlandais DUP, allié des conservateurs. Le Parti national écossais (SNP) votera également contre le texte, a affirmé hier sa cheffe, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. Cette europhile souhaite proposer un projet alternatif en s’unissant à d’autres partis. Pour le chef du Labour, Jeremy Corbyn, le compromis trouvé par Theresa May ne «sert pas les intérêts du pays» et elle doit le renégocier rapidement.

Le Labour souhaite un «arrangement douanier permanent avec l’UE» et «une garantie des droits». Il a par ailleurs estimé qu’un second référendum sur le Brexit, une idée qui a gagné du terrain ces derniers mois, est «une option pour l’avenir mais pas pour aujourd’hui». Theresa May l’exclut catégoriquement. Directrice générale de la principale organisation patronale, la CBI, Carolyn Fairbairn, a exhorté les députés d’«entendre la voix des entreprises», expliquant que celles-ci ont assisté avec «horreur» aux divisions politiques.

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