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Programme nucléaire iranien : Téhéran prévoit l’échec de la politique «belliciste» américaine

12 septembre 2019 à 9 h 26 min

Le président iranien Hassan Rohani a déclaré hier que le «bellicisme» américain échouerait, rapporte l’agence officielle iranienne Irna. «Les Etats-Unis doivent comprendre que le militantisme et les faucons qui l’entourent ne servent à rien, qu’ils doivent abandonner les va-t-en guerre et les politiques bellicistes et de la pression maximale», a indiqué le président iranien.

S’exprimant en Conseil des ministres, il a soutenu que «la République islamique d’Iran veut utiliser une technologie nucléaire pacifique. En ce qui concerne le Plan global d’action conjoint (PGAC, conclu en 2015 sur le nucléaire iranien, ndlr), la logique de Téhéran est l’engagement contre l’engagement. Si les autres parties (signataires) remplissent leurs engagements, nous agirons nous aussi pleinement. S’ils manquent à leurs obligations, nous y manquerons nous aussi !»

Il a affirmé que son pays est prêt à respecter le pacte seulement si les Etats-Unis en faisaient de même. «Nous avons dit à de nombreuses reprises que notre politique (…) était celle d’une technologie (nucléaire) pacifique, et que notre approche» du PGAC «reposait sur du respect en échange du respect». Il a assuré que Téhéran continuerait de se désengager progressivement de l’accord «si c’est essentiel et nécessaire à l’avenir» du pays.

Les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran sont exacerbées depuis le retrait de Washington, en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 à Vienne entre la République islamique et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Chine et Allemagne). Le texte, qui vise à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, est jugé trop laxiste par le président Donald Trump. Washington a depuis rétabli des sanctions draconiennes à l’encontre de l’Iran.
En réaction, Téhéran s’est affranchi progressivement de certains de ses engagements pris en vertu de l’accord de 2015.

Dimanche, l’Iran a annoncé la mise en route de centrifugeuses avancées devant augmenter son stock d’uranium enrichi, troisième étape de la réduction de ses engagements. Vingt centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6 ont été actionnées, alors que l’accord international n’autorise Téhéran à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération (IR-1). Depuis mai, Téhéran a augmenté ses stocks d’uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l’accord, et enrichit ce minerai à 4,5%, niveau supérieur au plafond fixé (3,67%), mais très loin du seuil requis pour une utilisation militaire.

Les dernières déclarations du président Rohani interviennent par ailleurs au lendemain de l’annonce par Donald Trump du limogeage de son conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, connu pur être l’un des plus partisans d’une ligne dure face à l’Iran. Quelques heures après l’évincement du «faucon», il a assuré qu’il est toujours disposé à une rencontre «sans conditions préalables» avec son homologue iranien.

Par aiIleurs, le représentant de l’Iran à l’Organisation des Nations unies (ONU) Majid Takht-Ravanchi a déclaré qu’il n’ y aura pas de rencontre entre le président américain et son homologue iranien sans une levée des sanctions américaines. Dans un entretien rendu public hier par l’agence officielle iranienne Irna, il a signifié qu’une telle rencontre ne pourrait se tenir que si Washington mettait un terme à son «terrorisme économique» en levant toutes ses sanctions imposées à l’Iran.

L’AIEA entre le marteau et l’enclume

Un peu plus tard dans la journée, l’Iran a dénoncé des «tentatives de pression» américaines et israéliennes sur l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) chargée de contrôler son programme nucléaire. L’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Kazem Gharib Abadi, a estimé que les récentes accusations portées contre l’Iran par des responsables américains et par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, constituent la manifestation d’un «complot américano-israélien» visant à faire pression sur l’agence et son travail d’inspection en Iran.

En marge d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne, il a averti que «toute tentative de mettre l’agence sous pression serait contre-productive, à la fois pour l’intégrité et la crédibilité de l’agence et pour (…) la coopération constructive, rapide et proactive de l’Iran avec l’agence». «L’Iran aura ses propres réactions à ces pressions», a-t-il ajouté.

Lundi, l’AIEA a appelé l’Iran à «répondre promptement» aux demandes d’information de l’agence sur son programme nucléaire. Le même jour, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l’Iran a clandestinement construit puis détruit un site visant à la fabrication d’armes nucléaires.Le lendemain, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a accusé l’Iran de «possibles activités nucléaires non déclarées».

Le «manque de coopération totale du régime iranien» avec l’AIEA «soulève des questions sur de possibles activités nucléaires non déclarées», a-t-il déclaré sur Twitter. «Le monde ne tombera pas dans le panneau. Nous nous opposerons à toutes les voies menant à un armement nucléaire pour ce régime», a prévenu le chef de la diplomatie américaine.

Le même jour, l’ambassadrice américaine à l’AIEA a appelé l’agence onusienne à donner «plus de détails dès que possible» sur les problèmes de coopération auxquels ses experts seraient confrontés avec l’Iran. «C’est un fait nouveau très important (…) d’apprendre que l’Iran ne semble pas coopérer complètement et dans un délai convenable» avec l’AIEA, a déclaré l’ambassadrice Jackie Wolcott à l’adresse du Conseil des gouverneurs.

Et de poursuivre : «Les démarches passées de l’Iran pour posséder l’arme nucléaire, et ses efforts pour dissimuler les informations de ses travaux passés sur le militaire nucléaire, accentuent la préoccupation déjà grande avec laquelle nous voyons les évolutions en cours.»


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