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Programme nucléaire iranien : Téhéran met en route des centrifugeuses avancées

08 septembre 2019 à 9 h 30 min

L ’Iran a annoncé, hier, avoir mis en route des centrifugeuses avancées devant augmenter son stock d’uranium enrichi, rapportent des médias.

Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, a évoqué à cette occasion les mesures de la nouvelle phase du plan de réduction des engagements pris par Téhéran en vertu de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en juillet 2015 avec le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Chine, et Allemagne).

Cette nouvelle étape est la troisième de la stratégie mise en œuvre par l’Iran depuis mai en riposte à la décision prise par Washington de dénoncer unilatéralement cet accord en 2018. Le président iranien,

Hassan Rohani, a lancé mercredi la nouvelle phase de ce plan en ordonnant de faire sauter toute limite à la recherche et au développement dans le domaine nucléaire. Selon B. Kamalvandi, 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6 ont été mises en route vendredi, alors que l’accord de Vienne n’autorise Téhéran à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération (IR-1). «En ce qui concerne la surveillance et l’accès» de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) «les engagements de l’Iran seront honorés comme avant», a-t-il déclaré.

Les nouvelles centrifugeuses, a indiqué le même responsable, doivent accélérer la production d’uranium enrichi et augmenter les stocks du pays, qui depuis juillet dépassent la limite (300 kg) fixée par l’accord deVienne.

Ce pacte est menacé depuis que le président américain Donald Trump l’a dénoncé, en mai 2018. Washington a depuis lors rétabli des sanctions économiques contre Téhéran, qu’il ne cesse d’intensifier, à travers une politique de «pression maximale» destinée à contraindre Téhéran à négocier un nouvel accord qui, selon l’administration Trump, offrirait de meilleurs garanties.

L’initiative de l’Europe face au veto américain

Le rétablissement des sanctions américaines prive l’Iran des retombées économiques qu’il attendait de l’accord. Ce texte prévoit en effet la levée d’une partie des sanctions internationales qui isolaient l’Iran depuis des années, en échange d’une limitation drastique de son programme nucléaire devant garantir que le pays ne se dotera pas de l’arme atomique. En réduisant ses engagements, Téhéran, qui a toujours nié vouloir fabriquer la bombe nucléaire, entend faire pression sur les autres Etats parties de l’accord pour qu’ils l’aident à contourner les sanctions américaines, à commencer par exporter son pétrole.

Depuis mai, Téhéran a augmenté ses stocks d’uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l’accord, et enrichit désormais ce minerai à 4,5%, niveau supérieur au plafond fixé (3,67%), mais très loin du seuil requis pour une utilisation militaire. Behrouz Kamalvandi a affirmé que l’Iran n’a pas pour l’instant l’intention de porter ses activités d’enrichissement à un taux supérieur à 4,5%. «Actuellement, nous n’avons pas besoin d’enrichir à 20%, et si le besoin se présente à un moment donné, nous commencerons par augmenter notre stock d’uranium enrichi à 4,5%», a-t-il observé.

Jeudi, l’Union européenne (UE) a appelé Téhéran à «faire machine arrière» sur son plan de nouvelle réduction de ses engagements. Londres a jugé, hier, «particulièrement décevante» la mise en route des nouvelles centrifugeuses «à un moment où l’Europe travaille à une désescalade des tensions avec l’Iran».

En visite à Paris, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a déclaré ne «pas être surpris» par la décision de l’Iran, qu’il accuse de «violer» l’accord de Vienne. Téhéran affirme au contraire que toutes les mesures prises depuis mai sont «conformes» à ce texte.

Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, trois pays européens parties à l’accord, redoublent d’efforts diplomatiques pour sauver ce texte et désamorcer la tension entre l’Iran et les Etats-Unis. Mais la proposition d’une ligne de crédit de 13,5 milliards d’euros discutée récemment qui serait accordée à l’Iran pour permettre son retour à l’application de l’accord, se heurte au refus de Washington d’alléger les sanctions.

De son côté, le patron par intérim de l’AIEA, Cornel Feruta, rencontrera aujourd’hui le président de l’OIEA, Ali Akbar Saléhi, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.



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