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Processus de paix en Libye : Washington fixe ses priorités

02 décembre 2019 à 9 h 30 min

Le communiqué publié récemment par le département d’Etat américain sur la Libye parle de lutte contre le terrorisme et d’équité dans la distribution des richesses libyennes, comme conditions pouvant aider au rétablissent de la paix.

Et comme Haftar a régulièrement soulevé ces questions, il est clair que c’est le résultat de la rencontre de Amman entre l’homme fort de la Cyrénaïque et les chargés du dossier libyen dans le cabinet de Trump. Washington a également évoqué la protection du pétrole, principale source de revenus des Libyens.

L’ambassadeur américain en Libye a récemment rencontré Fayez Al Sarraj, chef du gouvernement de réconciliation, après la visite de son ministre de l’Intérieur, Fathi Bachagha, à Washington, le mois dernier. L’arrestation du terroriste Chagaabi, il y a 3 jours à Tripoli, par les forces du ministère de l’Intérieur, ne serait pas étrangère à ces rencontres libyo-américaines. Chagaabi est connu pour avoir assuré la coordination entre les cellules fondamentalistes armées de Saraya Benghazi et celles de Daech, à Syrte.

Toutefois, ce personnage est controversé. Depuis avril dernier et la marche de Haftar vers Tripoli, Chagaabi est présenté comme un brave défenseur de Tripoli. Néanmoins, Tripoli prête désormais, elle aussi, l’oreille aux directives de Washington, surtout que le pouvoir central d’Al Sarraj est accusé par l’Est d’être défendu par des terroristes. «Cette accusation est confirmée par cette arrestation, puisque ledit terroriste avait fui Benghazi depuis l’avènement de Haftar et de son opération ‘‘Dignité’’, en mai 2014.

Avant cette arrestation spectaculaire, le personnage circulait librement, voire comme un héros à Tripoli», insiste le politologue libyen Jamel Bennour.

Pressions internationales

La boîte de lobbying, chargée par le gouvernement Al Sarraj de l’introduire auprès des cercles d’influence de Washington, a reproché à Tripoli la liberté de manœuvre accordée à des terroristes listés par le Conseil de sécurité, sous couvert de la défense de Tripoli. La principale recommandation du rapport de cette boîte fut d’arrêter les terroristes, impliqués dans des crimes ayant coûté la vie à des centaines d’immigrés en Méditerranée, ou ceux qui sympathisent avec les tueurs de l’ambassadeur américain, Christopher, notamment ceux listés par le Conseil de sécurité. La deuxième recommandation est de créer une force réglementaire armée pour imposer la loi et de se dissocier des milices armées. Donc, l’arrestation de Chagaabi serait la preuve, donnée par le gouvernement Al Sarraj, de son implication directe dans la lutte antiterroriste en Libye. Le ministre de l’Intérieur, Fathi Bach Agha, avait, par le passé, dénoncé le rôle perturbateur des milices armées dans les décisions politiques.

Par l’arrestation de Chagaabi, le ministre voulait passer un message de regain d’autorité.

Ghassen Salamé prépare, depuis août dernier, avec la chancelière Merkel, la conférence de Berlin, ayant pour but d’installer un minimum de cohérence entre les puissances internationales et régionales impliquées en Libye. Salamé et Merkel veulent limiter, au maximum, l’entrée d’armes en Libye. Néanmoins, Al Sarraj vient de signer, mercredi dernier, avec Erdogan un accord de coopération militaire. Lequel accord a été immédiatement contesté par l’Egypte, la Grèce et Chypre. La Turquie et l’Egypte seront normalement présentes à Berlin. Les deux pays sont accusés de fournir des armes aux belligérants libyens, en infraction à la résolution du Conseil de sécurité interdisant la vente d’armes à ce pays.

Terrain miné

C’est dire l’environnement dans lequel va se dérouler cette conférence, à laquelle ne seraient invités que des pays «impliqués» en Libye, comme l’Egypte, la Turquie ou les Emirats. Les membres permanents du Conseil de sécurité seront également présents, eux qui ne sont parvenus à s’entendre sur rien, concernant la Libye, après 22 réunions ; même pas une déclaration de la présidence du Conseil. Toutefois, des pays comme l’Algérie ou la Tunisie ne seront pas là, malgré l’insistance de Rached Ghannouchi, le nouveau président du Parlement tunisien. Salamé, l’envoyé de l’ONU, considère, semble-t-il, que les pays impliqués dans le problème libyen doivent, d’abord, s’entendre entre eux. Ensuite, tout le monde pourrait venir pour l’application. Enfin, s’il y a entente.

Sur le terrain militaire, les troupes de Haftar sont parvenues à reprendre le gisement Al Fil des mains d’un groupe armé, proche d’Al Sarraj, qui s’est emparé de ce point stratégique, trois jours auparavant. Al Fil est situé au sud-ouest de Sebha. La région a été dominée par les troupes de l’Armée nationale de Haftar, début 2019.

De temps à autre, des groupes armés, errants dans le désert libyen, font des irruptions dans les zones contrôlées par Haftar, pour lancer des signaux aux puissances occidentales signifiant que Haftar n’est pas synonyme de stabilité en Libye. Pour ce qui est de la capitale libyenne, l’intensité des combats a baissé. Il n’y a eu aucun changement dans les positions des belligérants. Si l’on se réfère à toutes ces données, l’équation libyenne n’est pas prête de trouver une solution.

 

Tunis
De notre correspondant  Mourad Sellami


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