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Présidentielle en Tunisie : Nabil Karoui, le patron de Nessma TV, bouscule les prévisions

13 juin 2019 à 10 h 03 min

Le baromètre politique de juin de l’institut de sondage Sigma Conseil a mis Nabil Karoui en tête des intentions de vote pour l’élection présidentielle, prévue en novembre prochain, avec 23,8% des voix. Ses listes électorales obtiendraient 29,8% des sièges du Parlement. Un chambardement attendu de la vie politique tunisienne ?

Les élections générales tunisiennes risqueraient d’apporter un nouveau visage au paysage politique tunisien. Le patron de Nessma TV, Nabil Karoui, pourrait être président de la République si les élections avaient lieu aujourd’hui.

Son parti, ou ses listes électorales désigneraient le chef du gouvernement. Les partis au pouvoir (Ennahdha et TahyaTounes) seraient sanctionnés par les urnes. Les observateurs se rappellent certes de quelques propos de Nabil Karoui, disant qu’il était «faiseur de Président», en insinuant son apport, et celui de sa chaîne, dans l’accession au pouvoir de Béji Caïd Essebsi et Nidaa Tounes, en 2014.

Karoui aurait également dit qu’il était en mesure de devenir Président. Maintenant, il est dans la course. Depuis l’annonce de son intention de participer aux élections, en mars dernier, Nabil Karoui était 2e dans les intentions de vote d’avril et mai du baromètre politique avec, respectivement, 11% et 21%, avant de passer en tête, dans le dernier sondage, avec 23,8%.

Le patron de Nessma devance l’universitaire constitutionnaliste Kaïs Saayed (23,2%), la présidente du Parti destourien libre, Abir Moussi (10,8%), le chef du gouvernement, Youssef Chahed (07,4%), le leader du parti Tayar, Mohamed Abbou (06,6%), l’ancien président de la République, Moncef Marzouki (06,3%).

Durant les deux dernières années, ce fut plutôt Youssef Chahed qui était à la tête de ces intentions de vote. Côté parlementaire, c’est aussi les listes que présenteraient Nabil Karoui qui viendraient en tête, avec 29,8% des voix.

Elles devanceraient largement les listes des islamistes d’Ennahdha, deuxièmes avec 16,8% ; le Parti destourien libre serait troisième avec 11,3% ; Tahya Tounes de Youssef Chahed suivrait avec 08,6%, devant le parti Tayar (05,8%), les listes de la campagne Aïch Tounsi (05,4%) et Nidaa Tounes (05%).

Un chambardement inédit de l’Assemblée des représentants du peuple et du pouvoir exécutif. L’institut Sigma Conseil a suivi les élections de 2014. Ses sondages avaient prévu la victoire de Nidaa Tounes et Béji Caïd Essebsi.

Sanction des urnes

Les analystes s’attendent à pareille sanction électorale contre les ténors du pouvoir, notamment les islamistes d’Ennahdha, le parti Tahya Tounes du chef du gouvernement Chahed et les différentes branches de Nidaa Tounes.

Commentant les résultats de ce sondage, l’avocate et chroniqueuse de la chaîne El Hiwar Ettounsi, Sonia Dahmani, a estimé que les Tunisiens puniraient la classe politique s’ils choisissent Nabil Karoui au poste de président de la République.

La chroniqueuse rappelle que «personne ne croyait qu’Emmanuel Macron allait devenir président de la République, 18 mois avant son élection». Pour elle, Nidaa Tounes et la gauche n’existent plus sur la scène politique. Et comme la politique, tout comme la nature, a horreur du vide, d’autres expressions se sont emparées des sympathies.

Du côté des éventuels partis politiques sanctionnés, c’est le mot d’ordre de mobilisation, notamment chez les islamistes d’Ennahdha et le parti Tahya Tounes du chef du gouvernement Youssef Chahed. Les islamistes sont en train de payer les frais de huit années de pouvoir. Ils ne disposent plus du bénéfice de la «victimisation» sous la dictature de Ben Ali.

Le passage d’Ennahdha au pouvoir n’a pas été bénéfique pour les larges couches populaires. Il y a également déception par rapport à Nidaa Tounes, le parti des trois présidents (Etat, Parlement et gouvernement). Nidaa Tounes n’a pas tenu ses promesses. La démocratie tunisienne peut donner des espoirs à tout le monde pour gouverner.


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