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Première séance tendue du parlement tunisien : Ghannouchi et Ennahdha perdent des plumes

14 novembre 2019 à 9 h 00 min

La tension et les tractations de dernière minute ont caractérisé la séance d’ouverture de la nouvelle Assemblée des représentants du peuple (ARP), élue le 6 octobre dernier. Les élections du bureau de la présidence de l’ARP n’ont commencé qu’à 15h, puisque les négociations entre les islamistes d’Ennahdha et le parti Qalb Tounes de Nabil Karoui se sont éternisées.

Jusqu’à la matinée d’hier, les observateurs avertis n’étaient pas sûrs qu’Ennahdha (52 sièges) et Qalb Tounes (38 sièges) soient vraiment tombés d’accord sur les présidences de l’ARP et du gouvernement. Alors que le porte-parole d’Ennahdha, Imed Khemiri, affirme qu’il y a accord avec le parti de Karoui, l’un des leaders de Qalb Tounes, Yadh Elloumi, a évoqué une absence d’entente. Khemiri et Loumi sont des membres de l’ARP.

Pour les autres formations politiques, les positions étaient claires. Le Courant démocratique et le Parti du peuple ont présenté leurs propres candidats pour le bureau de l’ARP, avec Ghazi Chaouachi pour concurrencer Ghannouchi sur la présidence. Le Parti destourien libre (PDL) a, lui-aussi, présenté sa présidente, Abir Moussi, pour ce 1er poste, auquel s’est également présenté le député Marouan Felfel, pour Tahya Tounes. Par un tel agissement, le parti de Chahed veut affirmer qu’il ne soutient pas les combines entre Ennahdha et Qalb Tounes. L’alliance d’Ennahdha réunit les islamistes avec Qalb Tounes et l’Alliance de la dignité, puisque leurs candidats étaient Rached Ghannouchi d’Ennahdha (président), Samira Chaouachi de Qalb Tounes (1re vice-présidente) et Yousri Dali de l’Alliance (2e vice-président).

Tractations serrées

Le Courant démocratique (22 sièges) et le Parti du peuple (16 sièges) sont campés sur leur position, qui consiste à refuser d’accorder leurs voix à Ghannouchi pour la présidence de l’Assemblée. Ils se sont dits prêts à le faire à condition qu’Ennahdha accepte de mettre un indépendant à la tête du gouvernement et d’attribuer les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de la Réforme administrative à des personnalités que ces deux partis cautionnent. Me Mohamed Abbou a affirmé qu’ils seront dans l’opposition si Ennahdha n’accepte pas de réformer les institutions. Même position chez Tahya Tounes qui refuse de se retrouver avec l’Instance de la dignité dans la même majorité.

Les altercations ont commencé dès la phase de prestation du serment, entre le président de la séance, Rached Ghannouchi, étant le député le plus âgé, et les députés du PDL, qui ont refusé de prêter serment de manière collective, comme le stipule le règlement interne en vigueur. La présidente du PDL, la députée Abir Moussi, a réclamé un point d’ordre, qui lui a été refusé par Ghannouchi, parce qu’elle n’avait pas encore prêté serment. Le chaos a suivi sous la coupole et il a fallu la suspension de la séance d’ouverture pendant deux heures.

Une deuxième séance de prestation de serment a eu lieu et une deuxième phase de dépôt de candidatures au bureau de la présidence de l’ARP a été décidée. Faute de compromis, le nombre de candidats a littéralement explosé. Il est passé à quatre, alors qu’il n’était que deux au départ.

Tension et divisions

Le profil des candidatures montre qu’Ennahdha n’est pas parvenu à rallier d’autres partis que l’alliance Al Karama, soit ses membres «mécontents». L’opposition est, elle-aussi, divisée. Ainsi, les islamistes n’avaient, de fait, que 73 voix pour hisser Rached Ghannouchi au sommet de l’hémicycle de l’ARP. Les autres formations disposent, certes, ensemble de 144 sièges. Mais, elles ne sont pas parvenues à s’entendre sur des noms. Ainsi, le deuxième groupe parlementaire, Qalb Tounes, de Nabil Karoui, n’avait d’alliés possibles que Tahya Tounes (14 sièges) de l’actuel chef du gouvernement, Youssef Chahed, et le bloc de la Réforme nationale (14 sièges), formé par les petits partis (Machrouaa Tounes, Nidaa Tounes et Afek Tounes), ainsi que quelques indépendants. Ce front réunit près de 70 voix. Le troisième bloc est formé par le Courant démocratique (22 sièges) et le Parti du peuple (16 sièges), ainsi que quelques indépendants, soit une quarantaine de sièges. Et pour terminer, le Parti destourien libre (17 sièges) n’a fait aucune alliance. La démocratie n’est pas facile à gérer. Il a donc fallu un dernier sursaut pour rapprocher Ennahdha de Qalb Tounes.

 

Tunis
De notre correspondant  Mourad Sellami


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