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Ngozi Okonjo-Iweala

Première femme et première Africaine à la tête de l’OMC

16 février 2021 à 10 h 30 min

Economiste chevronnée, Ngozi Okonjo-Iweala, 66 ans, qui a été nommée hier directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), est une des femmes les plus puissantes du Nigeria.

En plus d’être la première femme à la tête de l’OMC, elle en est aussi la première dirigeante originaire d’Afrique. Mme Okonjo-Iweala a été nommée hier par consensus lors d’une réunion spéciale du conseil général de l’organisation.

Elle prendra ses fonctions le 1er mars et son mandat, renouvelable, expirera le 31 août 2025. «Une OMC forte est essentielle, si nous voulons nous remettre pleinement et rapidement des ravages causés par la pandémie de Covid-19 (…). Notre organisation est confrontée à de nombreux défis, mais en travaillant ensemble, nous pouvons collectivement rendre l’OMC plus forte, plus agile et mieux adaptée aux réalités d’aujourd’hui», a-t-elle plaidé peu après sa nomination.

Deux fois ministre des Finances et cheffe de la diplomatie du Nigeria durant deux mois, Mme Okonjo-Iweala a commencé sa carrière à la Banque mondiale en 1982, où elle a travaillé pendant 25 ans. En 2012, elle échoue à devenir la présidente de cette institution financière, face à l’Américano-Coréen Jim Yong Kim.

«Je crois qu’elle a fait du bon boulot, que ce soit au Nigeria ou dans les autres pays où elle a travaillé», déclare à l’AFP Idayat Hassan, directrice du Centre for Democracy and Development, basé à Abuja. «Elle n’est pas juste aimée au Nigeria, elle est adorée, c’est un symbole (…) pour les femmes», ajoute-t-elle.

Souvent surnommée «Dr Ngozi», Mme Okonjo-Iweala est née en 1954 à Ogwashi Ukwu, dans l’Etat fédéral du Delta (ouest du Nigeria). Son père est un chef traditionnel.

La candidate a cependant passé la majorité de sa vie aux Etats-Unis, où elle a étudié dans deux universités prestigieuses, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard.

Si les statuts de l’OMC ne prévoient pas de rotation géographique pour le directeur général, des voix se sont élevées pour dire que c’est au tour d’un Africain ou d’une Africaine d’occuper le poste. Depuis sa création en 1995, l’OMC a été dirigée par six hommes : trois Européens, un Néo-zélandais, un Thaïlandais et un Brésilien.

Diversité

La candidature de cette femme au parcours impressionnant ne fait toutefois pas l’unanimité. «Ministre, elle a peut-être adopté quelques réformes sur la transparence, mais près d’un milliard de dollars disparaissaient chaque mois des caisses de l’Etat quand elle dirigeait les Finances», explique Sarah Chayes, auteure de Thieves of State (Voleurs d’Etat, en anglais), un livre-enquête sur la corruption à grande échelle. «Il y a une soif d’histoires positives, et à une époque où les questions de diversité se posent dans le débat public, être une femme noire joue en sa faveur», concède l’auteure américaine, mais selon elle, c’est «une honte qu’elle puisse même être retenue pour ce rôle».

Mme Okonjo-Iweala n’a toutefois jamais été poursuivie par la justice pour pillage des caisses de l’Etat, même si ses détracteurs estiment qu’elle aurait pu œuvrer davantage pour empêcher les détournements. «Elle aurait pu démissionner et mettre à nu la corruption», estime Olanrewaju Suraju, de Human and environmental Development Agenda, une ONG nigériane. Et à ceux qui lui reprochent de manquer d’expérience dans le domaine du commerce international, elle répond : «J’ai travaillé toute ma vie sur les politiques commerciales», lors d’un séminaire via internet organisé en juillet par Chatham House, un centre de recherche britannique. 


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