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lundi, 30 novembre, 2020
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Poursuite des affrontements entre Addis-Abeba et les dissidents du Tigré : Tirs de roquettes des rebelles sur une région voisine

21 novembre 2020 à 11 h 00 min

Les forces rebelles du Tigré (nord) ont tiré des roquettes hier sur la ville de Bahir Dar dans la région d’Amhara mais n’ont causé aucun dommage, selon des médias citant le gouvernement régional.

«Le groupe illégal Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a lancé une attaque à la roquette vers 1h40 du matin sur Bahir Dar», capitale de la région d’Amhara, située au sud de la frontière du Tigré, a déclaré le bureau de communication du gouvernement sur sa page Facebook. «Les roquettes n’ont causé aucun dommage.»

Le TPLF a dominé la scène politique éthiopienne pendant près de 30 ans, jusqu’à l’arrivée au pouvoir en 2018 d’Abiy Ahmed. Il est ainsi passé dans l’opposition l’an dernier, lorsqu’il a refusé la fusion de la coalition au pouvoir en un seul et même parti, le Parti de la prospérité.

En septembre dernier, le TPLF, au pouvoir dans cette province, a remporté un scrutin régional. Scrutin considéré illégal par le pouvoir central. Organisée unilatéralement, cette élection a fait monter la tension entre le Tigré et Addis-Abeba.

En effet, les leaders de cette région ont rejeté la décision du Parlement de prolonger le mandat des élus nationaux et régionaux au-delà de son échéance, début octobre, à la suite du report, pour cause de coronavirus, des scrutins prévus en août. Ils se plaignent d’avoir été depuis injustement ciblés dans des enquêtes anticorruption, tenus à l’écart des postes-clés et accusés d’être responsables de tous les maux du pays.

En octobre, en représailles au scrutin, le Parlement éthiopien annonce une réduction des fonds fédéraux alloués à la région. Un général nommé par Addis-Abeba est empêché par les autorités régionales de prendre son poste au Tigré.

Le 4 novembre, Abiy Ahmed annonce une opération militaire contre les autorités du Tigré, qu’il accuse d’avoir attaqué deux bases de l’armée fédérale dans la région. Le TPLF dément ces attaques, inventées, selon lui, pour justifier l’intervention. Le gouvernement fédéral décrète l’état d’urgence pour six mois dans la région.

Le 7 novembre, le Parlement éthiopien révoque les institutions régionales du Tigré. Le lendemain, Abiy Ahmed limoge son chef de l’armée. Le 9, l’aviation éthiopienne mène de nouvelles frappes dans le Tigré.

Risque de déstabiliser la Corne de l’Afrique

Le conflit avec Addis-Abeba risque de déborder sur les pays voisins et déstabiliser cette région de la Corne de l’Afrique. Le 14 novembre, les forces du Tigré ont accusé l’Erythrée de prêter main-forte à l’armée éthiopienne en laissant son aviation décoller de son territoire, mais aussi en intervenant militairement au sol dans les combats au Tigré.

Dans la soirée, en représailles, plusieurs roquettes ont frappé les abords de l’aéroport de la capitale érythréenne Asmara. Le lendemain, le président du Tigré a revendiqué ces tirs. Les forces éthiopiennes utilisent l’aéroport d’Asmara, ce qui en fait «une cible légitime», a déclaré le président du Tigré, Debretsion Gebremichael. Aussi, le conflit a causé la fuite des populations.

Le nombre de réfugiés arrivés au Soudan depuis le déclenchement des hostilités s’élevait mercredi à 36 000, selon les autorités soudanaises. Le représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Soudan, Axel Bisschop, a affirmé hier que plusieurs milliers de personnes arrivent chaque jour à la frontière.

A ce rythme, 200 000 réfugiés pourraient entrer au Soudan durant les six prochains mois, a-t-il expliqué, lors d’un point de presse virtuel retransmis à Genève. «C’est un chiffre utilisé pour la planification, afin d’être parfaitement préparés», a-t-il déclaré.

L’Organisation des Nations unies (ONU) et ses partenaires humanitaires ont besoin de 200 millions de dollars (169 millions d’euros) pour aider les réfugiés éthiopiens, dont 50 millions immédiatement, selon lui.

Jeudi, le coordinateur résident de l’ONU à Khartoum, Babacar Cisse, a déclaré que l’accueil au Soudan des réfugiés fuyant la zone éthiopienne en guerre du Tigré représente «un défi logistique énorme». «C’est un défi logistique énorme pour amener tous les équipements nécessaires pour construire les camps», a-t-il indiqué à l’ONU. «C’est un très grand défi sur le plan matériel, des équipements, surtout des assainissements.

Ce sont des zones qui sont excentrées, isolées», a-t-il réitéré. «En doublant les efforts, les effectifs, on sera peut-être en mesure d’accroître les installations de manière à recevoir les réfugiés qui vont arriver graduellement», a ajouté Babacar Cisse. «Mais il nous faut d’autres camps, et c’est cela le défi. Nous avons insisté auprès des autorités pour qu’on nous donne des zones nous permettant de les préparer», a-t-il observé.

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