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Répression du mouvement de contestation au Soudan : Plusieurs éléments des renseignements condamnés à mort

31 décembre 2019 à 9 h 01 min

Lors du premier anniversaire de la révolte, des milliers de Soudanais avaient manifesté à Khartoum et dans d’autres villes du pays pour réclamer justice aux «martyrs de la révolution».

Un tribunal soudanais a condamné, hier, à la peine capitale 27 membres des services de renseignement, reconnus coupables d’avoir torturé à mort un manifestant au début de l’année. Il s’agit des premières condamnations à la peine capitale de membres des forces soudanaises pour la mort de manifestants, un peu plus d’un an après le début d’une révolte inédite contre le régime.

Au moins 177 personnes ont été tuées dans la répression du mouvement, selon Amnesty International. Un comité de médecins proches des manifestants évalue le bilan à plus de 250 victimes.

Le redouté Service national de renseignement et de sécurité soudanais (NISS) avait joué un rôle-clé dans la répression, et en juillet, les militaires au pouvoir l’avaient rebaptisé Service des renseignements généraux.

Des dizaines de manifestants s’étaient rassemblés hier devant un tribunal d’Omdurman, ville voisine de Khartoum, où avait lieu le procès des 27 membres de ce service. Ils brandissaient des portraits de la victime, Ahmed Al Kheir, un enseignant originaire de l’Etat de Kassala, situé à 800 km de la capitale.

Ahmed Al Kheir avait été arrêté le 31 janvier puis conduit dans les locaux du service des renseignements généraux, a indiqué le juge. Vingt-sept membres appartenant à ce service ont été reconnus coupables de l’avoir torturé à mort, selon lui. «Les coups reçus ont conduit à sa mort», a-t-il précisé, selon l’AFP qui rapporte l’information.

La mort de la victime, accusée d’avoir participé à l’organisation de manifestations antigouvernementales, avait été annoncée le 2 février. Onze membres du même service de renseignement ont été condamnés à des peines allant de trois à cinq ans de prison dans cette affaire. La défense dispose de deux semaines pour faire appel.

Le 19 décembre 2018, des centaines de Soudanais avaient commencé à manifester dans plusieurs villes du pays après la décision gouvernementale de tripler le prix du pain en pleine crise économique. Ce mouvement s’est transformé en une révolte, qui a abouti le 11 avril à la destitution par l’armée du président Omar El Béchir, après 30 ans de pouvoir sans partage.

Depuis la conclusion, en août, d’un accord entre les militaires qui avaient succédé à M. El Béchir et les dirigeants de la contestation, le pays est dirigé par un gouvernement de transition, avec un Premier ministre civil et un Conseil souverain composé de civils et de militaires.

Les nouvelles autorités ont multiplié les mesures visant à démanteler l’ancien régime et répondre aux aspirations de la contestation. En septembre, le Premier ministre, Abdallah Hamdok, a formé un comité chargé d’enquêter sur la répression d’un sit-in le 3 juin devant le QG de l’armée à Khartoum, épisode le plus sanglant de la révolte.



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