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Négociations sur le gouvernement en Espagne

Pedro Sanchez et le PSOE lâchés

16 juillet 2019 à 10 h 01 min

Si le blocage persiste, de nouvelles élections s’imposeront, la Constitution espagnole prévoyant la dissolution du Parlement si personne n’est élu chef de gouvernement deux mois après le premier vote d’investiture prévu le 23 juillet. Ces élections seraient les quatrièmes en quatre ans.

Le Premier ministre espagnol sortant, le socialiste Pedro Sanchez, a accusé hier la gauche radicale de Podemos d’avoir rompu les négociations sur la formation d’un nouveau gouvernement, à une semaine du vote du Parlement sur sa reconduction au pouvoir.

Devenu chef du gouvernement en juin 2018 grâce à une motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy, Pedro Sanchez a remporté les élections de la fin avril mais est loin de la majorité absolue avec 123 députés socialistes sur 350.

Il a donc en particulier besoin de l’appui des 42 députés de Podemos, en plus de celui de nombreux petits partis régionalistes, pour pouvoir être reconduit chef de gouvernement par le Parlement lors d’un vote d’investiture prévu le 23 juillet.

Dans un entretien à la radio espagnole Cadena Ser, le socialiste a dénoncé, selon l’AFP qui rapporte l’information, «une rupture unilatérale des négociations de la part de (Pablo) Iglesias», le leader de Podemos, en raison de l’organisation par la formation d’un vote de ses militants sur la position que doivent adopter les députés du parti le 23 juillet. C’est «une grande mascarade d’Iglesias pour justifier son non à mon investiture pour la deuxième fois», a poursuivi M. Sanchez. Podemos avait déjà voté non en mars 2016 à l’investiture de M. Sanchez, alors soutenu par les libéraux de Ciudadanos.

Le blocage politique avait fini par entraîner de nouvelles élections quelques mois plus tard. Podemos conditionne cette fois son soutien à l’entrée de certains de ses dirigeants au sein du gouvernement, ce que Pedro Sanchez refusait catégoriquement avant de lâcher du lest en fin de semaine dernière. Il a en effet fini par proposer la nomination de ministres de Podemos qualifiés sur des questions précises. Une offre également refusée par Pablo Iglesias, affirme M. Sanchez.

Ciudadanos, l’alternative

Se disant «surpris par le ton dur» de Pedro Sanchez, Pablo Echenique, l’un des plus hauts dirigeants de Podemos, a affirmé en réponse que les socialistes «n’ont jamais voulu se mettre sérieusement à négocier un gouvernement de coalition». «Nous demandons à Pedro Sanchez de reprendre la voie du dialogue et de la négociation. Nous sommes prêts à nous asseoir avec eux pour une négociation sérieuse en vue de former un gouvernement», a-t-il ajouté.

Dans tous les cas, appui de Podemos ou pas, l’investiture de M. Sanchez semble vouée à l’échec le 23 juillet, alors qu’il ne dispose pas d’une majorité absolue de 176 voix sur 350 à la Chambre des députés. Un deuxième tour devra donc être organisé le 25 juillet, où une majorité relative de députés lui suffirait. D’où ses appels du pied aux libéraux de Ciudadanos et aux conservateurs du Parti populaire pour qu’ils facilitent son investiture en s’abstenant. Mais ces deux formations refusent.

M. Sanchez veut éviter à tout prix que son élection dépende de l’abstention des députés indépendantistes catalans alors que la droite ne cesse de l’accuser d’être l’otage des séparatistes qui avaient soutenu son arrivée au pouvoir en juin 2018. Si le blocage persiste, de nouvelles élections s’imposeront, la Constitution espagnole prévoyant la dissolution du Parlement si personne n’est élu chef de gouvernement deux mois après le premier vote d’investiture prévu le 23 juillet. Ces élections seraient les quatrièmes en quatre ans.


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