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Passé colonial belge : «Regrets» historiques du roi Philippe aux Congolais

01 juillet 2020 à 9 h 08 min

Le roi des Belges a présenté hier «ses plus profonds regrets pour les blessures» infligées lors de la période coloniale à l’ex-Congo belge, une première historique dans le sillage de la vague d’émotion mondiale après la mort de George Floyd aux Etats-Unis.

Faute de cérémonie à Kinshasa, capitale de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), rendue impossible par la pandémie de coronavirus, le roi Philippe de Belgique a adressé une lettre au président de la RDC Félix Tshisekedi à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de son pays le 30 juin 1960.

Dans ce courrier communiqué à la presse, il évoque – sans nommer son ancêtre – l’époque de Léopold II, qui a été jugée la plus brutale par les historiens, quand le défunt roi gérait le Congo et ses richesses comme son bien privé depuis Bruxelles. «A l’époque de l’Etat indépendant du Congo (de 1885 à 1908 quand Léopold II céda le territoire à l’Etat belge, ndlr) des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective», écrit Philippe, qui règne depuis 2013. «La période coloniale qui a suivi (jusqu’en 1960) a également causé des souffrances et des humiliations. Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés», poursuit-il selon l’AFP qui rapporte l’information.

Le quotidien Le Soir a salué un «geste fort et historique» du souverain. Après ces «regrets» viendront «peut-être des excuses» comme le réclame une part croissante de l’opinion et du monde politique, a souligné La Libre Belgique. De son côté, la Première ministre Sophie Wilmès a souhaité un débat «sans tabou, avec sincérité et sévérité» sur cette «histoire partagée» entre Belges et Congolais.

A l’occasion d’une cérémonie à Bruxelles, elle a rappelé qu’une commission parlementaire devait s’y atteler prochainement, associant experts belges et africains, une première en Belgique. «Comme pour d’autres pays européens, l’heure est venue pour la Belgique d’entamer un parcours de recherche, de vérité, de mémoire» et de «reconnaître la souffrance de l’autre», a affirmé la dirigeante libérale francophone, en écho à la lettre du roi évoquant l’objectif d’une mémoire enfin «définitivement pacifiée».

En 2000-2001, une commission d’enquête parlementaire s’était penchée sur le contexte de l’assassinat en janvier 1961 de Patrice Lumumba, éphémère Premier ministre du Congo. Elle avait conclu à la «responsabilité morale» de «certains ministres et autres acteurs» belges.


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