Nouvelle tension entre les États-Unis et la Chine sur la minorité ouïghoure | El Watan
toggle menu
vendredi, 07 août, 2020
  • thumbnail of elwatan06082020




EN DÉSACCORD SUR PLUSIEURS QUESTIONS

Nouvelle tension entre les États-Unis et la Chine sur la minorité ouïghoure

11 juillet 2020 à 9 h 46 min

La Chine a annoncé hier des mesures de représailles contre les Etats-Unis, selon des médias. Mesures intervenant au lendemain des sanctions américaines prises contre plusieurs dirigeants chinois accusés de réprimer la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang.

Cette région du nord-ouest de la Chine a longtemps été frappée par des attentats meurtriers attribués à des indépendantistes ou des islamistes. Elle fait l’objet depuis quelques années d’une très ferme reprise en main. Des experts et des organisations de défense des droits de l’homme ont accusé Pékin d’avoir fait interner jusqu’à un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, dans des camps de la région au nom de la lutte antiterroriste.

La Chine rejette ce chiffre et affirme que ces personnes sont emmenées dans des centres de formation professionnelle, destinés à les aider à trouver un emploi afin de les éloigner de la tentation de l’extrémisme. En juillet 2019, elle a déclaré que «la plupart» des personnes internées dans la région ont été relâchées. Mais sans fournir de chiffres ni de preuves.

Surveillant de près la situation dans cette région,Washington a décrété jeudi des sanctions à l’encontre de plusieurs dirigeants chinois, accusés d’être liés à «de graves atteintes» aux droits de l’homme au Xinjiang.

Les visas d’entrée seront désormais refusés à trois responsables et à leurs familles. Selon le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, des«mauvais traitements horribles et systématiques» visent les Ouïghours et d’autres minorités. «La Chine a décidé de prendre des mesures de réciprocité vis-à-vis des organisations et individus américains qui se sont mal comportés sur les questions relatives au Xinjiang», a réagi hier un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Zhao Lijian. «Cette initiative américaine s’ingère gravement dans les affaires intérieures de la Chine (…) et porte gravement atteinte aux relations sino-américaines», a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse, sans préciser les noms des individus ciblés par Pékin.

Parmi les personnes visées par les sanctions des Etats-Unis, figure Chen Quanguo, principal responsable du Parti communiste chinois (PCC) au Xinjiang. Il est considéré comme l’architecte de la politique sécuritaire de Pékin dans la région. Wang Mingshan, responsable de la sécurité publique du Xinjiang, et Zhu Hailun, ancien responsable du PCC dans la région, sont également visés. Le département américain au Trésor a lui aussi annoncé en parallèle des sanctions économiques contre un quatrième individu : Huo Liujun, ex-responsable de la sécurité du Xinjiang. Les Etats-Unis ont déjà annoncé cette semaine des restrictions de visas contre des responsables chinois accusés d’entraver l’accès des étrangers dans les régions de peuplement tibétain en Chine. Pékin a réagi en promettant des sanctions similaires.

Visions irréconciliables

Ces mesures américaines surviennent sur fond de tensions croissantes entre Pékin et Washington sur une longue série de sujets : guerre commerciale, Covid-19, loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, mer de Chine méridionale, Taïwan, entre autres.
Ainsi, Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale. Revendication contestée par plusieurs pays riverains et Washington. L’armée chinoise a construit des installations sur plusieurs îlots à l’appui de ses prétentions. La marine américaine mène régulièrement des opérations baptisées «Liberté de navigation» au large de ces archipels, à la grande colère de Pékin.

Concernant Taïwan, la Chine considère ce territoire comme une de ses provinces, promise à la réunification, au besoin par la force, alors que l’île est gouvernée séparément depuis 1949, avec la fin de la guerre civile et la prise du pouvoir par les communistes, à leur tête Mao Zedong, sur le continent. Pékin considère toujours l’île comme l’une de ses provinces et menace de recourir à la force en cas de proclamation formelle d’indépendance à Taipei ou d’intervention extérieure, notamment des Etats-Unis, principal appui militaire de l’île. Le 14 mars 2005, Pékin a adopté une loi antisécession à l’encontre de Taïwan. La Chine est hostile à tout lien entre Taïwan et des pays étrangers, mais Washington continue à lui vendre des armes afin qu’elle assure sa défense.

Les Etats-Unis ont accusé le géant chinois du smartphone Huawei d’espionnage et interdit à leurs entreprises de lui vendre des équipements technologiques. Ainsi, en mai 2019, le président américain a signé un décret qui exclut le groupe chinois du marché américain des télécommunications. En réaction, l’Empire du Milieu a indiqué qu’il pourrait interdire l’exportation des terres rares vers les Etat-Unis.

Aussi, Washington soutient le mouvement pro-démocratie à Hong Kong. Comme les deux grandes puissances s’accusent d’être à l’origine de la pandémie de coronavirus.



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!