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Maroc : Les inculpés du Hirak feront appel

10 juillet 2018 à 4 h 36 min

Les 53 activistes du mouvement de protestation qui a agité le Rif, au nord du Maroc, en 2016-2017, feront tous appel après leur condamnation à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison. C’est ce qu’ont déclaré hier leurs avocats, cités par l’AFP. Au terme d’un procès de neuf mois, des militants formant le noyau du mouvement du Hirak (mouvance) ont été condamnés le 26 juin à des peines comprises entre un an et 20 ans de prison.

Nasser Zefzafi, une des figures marquantes de ce mouvement qui a revendiqué davantage de développement économique et social dans la région du Rif, et trois de ses compagnons ont écopé de 20 ans pour «atteinte à la sécurité de l’Etat». Autre accusé, le journaliste Hamid Al Mahdaoui. Il a été condamné à trois ans d’emprisonnement pour «non-dénonciation d’une tentative de nuire à la sécurité intérieure de l’Etat», après sa couverture des événements.

Les avocats, réunis en «comité de défense», disent craindre pour la santé d’un des activistes, Rabie Al Ablak, en grève de la faim depuis 42 jours. Condamné à cinq ans de prison ferme, il a, dans un premier temps, refusé de faire appel.

Lors de leur conférence de presse, ils ont de nouveau qualifié les sentences de «choquantes», en accusant le tribunal de «partialité» pour avoir «refusé toutes les demandes de la défense d’entendre des témoins à décharge» et mené un procès sans «aucune confrontation entre les témoins à charge et les accusés».

A leur avis, il n’y a «aucune preuve» des accusations de «séparatisme» qui visent les inculpés. Le comité a appelé à une «mobilisation de la classe politique», pour trouver une «solution rapide qui mettrait fin aux souffrance des détenus et aux tensions que connaît la région», a observé Me Abderrahim Jamai.

Les jugements des meneurs du Hirak ont suscité des réactions d’incompréhension et d’indignation dans le royaume. A l’appel d’organisations de gauche et syndicales, des milliers de personnes ont pris part hier à une marche de solidarité à Casablanca avec les meneurs du mouvement Hirak. Les manifestants ont dénoncé leur condamnation et appelé à la libération des détenus.

Ils ont marché pendant plus de deux heures dans le centre de la ville.
Les autorités marocaines ont indiqué que le procès est équitable, tout en soulignant l’avancement des chantiers de développement dans le Rif.

En octobre 2016, la mort d’un vendeur de poisson, Mouhcine Fikri, à Al Hoceïma, berceau de la contestation du Rif, broyé dans une benne à ordures en tentant de s’opposer à la saisie de sa marchandise, de l’espadon, a provoqué la colère des populations locales traduite par des mois de manifestations.

D’où des vagues d’arrestations parmi les protestataires. Au départ, les manifestants exigeaient justice et vérité sur la mort du vendeur de poisson. Avec le temps, le mouvement s’est étendu à des revendications sociales et économiques, les protestataires estiment que leur région, le Rif, est marginalisée.

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