Manifestation antigouvernementale à Khartoum | El Watan
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LA TRANSITION VACILLE AU SOUDAN

Manifestation antigouvernementale à Khartoum

17 octobre 2021 à 10 h 20 min

Des milliers de manifestants soudanais ont réclamé hier un «gouvernement militaire» pour assurer la transition jusqu’aux premières élections et sortir le pays du marasme politique et économique dans lequel il se débat, rapporte l’AFP.

Les appels à ces manifestations contre le gouvernement de Abdallah Hamdok ont été lancés par une faction séditieuse des Forces pour la liberté et le changement (FLC), coalition civile de la «révolution», emmenée par deux anciens chefs rebelles, dont son ministre des Finances. Vendredi, le canal historique des FLC a indiqué que «la crise actuelle n’a rien à voir avec le limogeage du gouvernement», mais traduit la volonté de certains voulant «faire revenir les partisans de l’ancien régime». Alors que pour eux, les manifestants de samedi sont des partisans de l’ancien régime mobilisés par des militaires, les partisans d’un transfert complet du pouvoir aux civils ont déjà appelé à «une manifestation d’un million de personnes» jeudi.

Vendredi, le Premier ministre, Abdallah Hamdok, a estimé que la transition, engagée en 2019 après 30 années de dictature, traverse sa pire crise. Dans une adresse à la nation faite alors que les blocs militaire et civil censés mener le Soudan vers des élections en 2023 ne cessent de se fracturer, il a évoqué le coup d’Etat manqué du 21 septembre, les blocages de manifestants dans l’Est et la «crise politique sévère» actuelle. «Je n’exagère pas si je vous dis que c’est la pire crise et la plus dangereuse pour la transition, elle menace le pays dans son ensemble et n’annonce rien de bon», a-t-il déclaré à la télévision d’Etat.

Concernant «les divisions profondes entre les civils, entre les militaires, et entre les civils et les militaires», il a estimé que «l’essence de la crise se trouve dans l’incapacité à arriver à un consensus sur un projet national entre les forces révolutionnaires et du changement». Sur la tentative de putsch du 21 septembre, menée selon le gouvernement par des officiers et des civils partisans de l’ancien régime de Omar El Béchir, A. Hamdok a estimé que l’armée n’est «pas responsable».

Divergences

Depuis la conclusion, en août 2020, d’un accord entre les militaires qui ont succédé à El Béchir et les leaders de la contestation, le pays est dirigé par un gouvernement de transition, avec un Premier ministre civil, Abdallah Hamdok, et un Conseil souverain composé de civils et de militaires dirigé par le général Al Burhane. Les nouvelles autorités sont censées mener le pays vers des élections, mais ne cessent d’en reculer l’échéance, actuellement à l’horizon 2023. Cependant, des frictions se sont manifestées au sommet entre les militaires et les civils.

Le 9 décembre 2020, le général Al Burhane a fustigé l’Exécutif, composé en majorité de civils, et loué le rôle de l’armée. «Un an après sa création, j’estime que le Conseil de transition (le Conseil souverain et le gouvernement, ndlr) a échoué à répondre aux aspiration du peuple et de la révolution de décembre (2018) et a accru les souffrances du peuple», a-t-il déclaré. Pour le général, les «forces armées soudanaises (…) resteront la première force à défendre le peuple, à protéger ses acquis et à œuvrer pour protéger sa glorieuse révolution».

En réaction, Abdallah Hamdok a critiqué l’armée et les services de sécurité, jugeant «inacceptable» leur rôle écrasant depuis des années dans l’économie du pays. «Chaque armée dans le monde investit dans les entreprises de défense, mais il est inacceptable que l’armée et/ou les services de sécurité le fassent dans les (autres) secteurs productifs et entrent ainsi en compétition avec le secteur privé», a déclaré A. Hamdok lors d’une conférence de presse. Il a relevé la nécessité de «transférer tout l’actionnariat de ces compagnies au ministère des Finances ou toute autre entité rendant des comptes au pouvoir civil». Selon la presse locale, l’armée et les services de sécurité contrôlent 250 sociétés dans des domaines vitaux, tels que l’or, la gomme arabique, l’exportation de viande, la farine ou le sésame.

Ces entreprises sont exemptes d’impôts sur les bénéfices et opèrent dans une totale opacité, selon la presse, alors que le pays est plongé dans un marasme économique. Cet été, A. Hamdok a observé que «seulement 18% des ressources de l’Etat sont aux mains du gouvernement». Il s’est alors donné comme «priorité» la restitution au gouvernement des entreprises appartenant aux secteurs militaire et sécuritaire.

Le 21 septembre dernier, une tentative de coup d’Etat échoue au Soudan. Khartoum a indiqué que le putsch implique des civils et des militaires, les accusant d’être liés au régime d’Omar El Béchir, destitué en avril 2019 après 30 ans de règne. Le lendemain, le n°2 du Conseil souverain, le général Mohamed Hamdan Daglo, dit «Hemedti», a accusé les «politiciens» d’avoir «offert l’occasion» à la tentative de putsch.

Lors d’une visite dans un campement militaire à l’ouest de Khartoum, il a vilipendé les politiciens pour avoir «négligé les citoyens et les services de base», car ils «étaient occupés par leurs luttes de pouvoir, ce qui a engendré le mécontentement» général.

Cette tentative de coup d’Etat n’est pas la première à viser le gouvernement civilo-militaire de transition dans un pays qui a déjà vécu plusieurs putschs, dont celui qui a porté El Béchir au pouvoir en 1989.


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