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Malgré l’état d’urgence décrété en décembre : Deux militaires tués par l’explosion d’un cadavre piégé au Burkina Faso

16 février 2019 à 9 h 30 min

Deux militaires burkinabè ont été tués et six autres blessés, jeudi, dans l’explosion d’un cadavre piégé à Djibo, dans le nord du Burkina Faso, a annoncé hier l’état-major général des armées, cité par l’AFP.

«Suite à la découverte d’un corps sans vie habillé en tenue militaire, à environ quatre kilomètres à la sortie sud de Djibo (chef-lieu de la province du Sou m), une équipe des Forces de défense et de sécurité s’est déployée ce jour (jeudi) vers de 14h sur les lieux pour les formalités et constatations d’usage», selon le communiqué de l’état-major. «Ledit corps, qui s’est avéré être piégé, a explosé lors de sa manipulation.

Le bilan fait état de deux militaires tués et de six membres de l’équipe blessés, dont trois grièvement.» Jeudi soir, une source sécuritaire a fait état d’un médecin militaire tué et de deux blessés. «C’est en voulant retourner le corps que l’explosion s’est produite, tuant sur le coup le médecin militaire et blessant deux autres membres de cette équipe», a précisé cette source.

Le Burkina Faso fait face à une explosion de violences attribuées à des groupes djihadistes, que les forces de l’ordre semblent impuissantes à enrayer, bien qu’elles assurent régulièrement procéder à des opérations contre ces groupes.

Les djihadistes utilisent, depuis l’an dernier, des engins explosifs artisanaux, placés notamment au bord des routes, mais c’est vraisemblablement la première fois au Burkina qu’un corps humain est piégé. Trois attaques ont été perpétrées la semaine dernière, dont une ayant tué cinq gendarmes le jour même où le président burkinabè recevait ses homologues du G5 Sahel pour un sommet consacré à la lutte antiterroriste.
Vulnérabilité

Pays sahélien et voisin du Mali et du Niger (deux pays en proie aux attentats terroristes), le Burkina Faso est ciblé depuis 2015 par des attaques terroristes. Concentrées initialement dans le nord du pays, ces attaques se sont ensuite étendues à d’autres régions, dont celle de l’Est, frontalière du Togo et du Bénin, devenue une deuxième grande zone d’insécurité.

Ainsi, mi-août 2018, sept membres des forces de l’ordre burkinabè ont été tués dans l’explosion d’un engin artisanal, 15 jours après, c’est la mort de six personnes dans des circonstances similaires dans la même région de l’Est. Leur véhicule a sauté à une trentaine de kilomètres de Fada N’Gourma, chef-lieu de la région de l’Est, sur un engin explosif artisanal, au moment où ils se rendaient en urgence à Pama (100 km de Fada N’Gourma), dont le poste de gendarmerie venait d’être attaqué par des hommes armés.

Dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 septembre, deux attaques terroristes ont été perpétrées dans les villages de Diabiga à 60 km de Pama et Kompienbiga (15 kilomètres de Pama) relevant de la province de Kompienga, région de l’Est. Cette double attaque «perpétrée contre des civils a coûté la vie à huit personnes.
En octobre, au moins six policiers ont trouvé la mort dans l’explosion d’un engin artisanal à Sollé, au nord du pays, près de la frontière malienne.

La capitale Ouagadougou a été frappée par trois attaques qui ont fait au total près de 60 morts. La dernière a été perpétrée en mars dernier. Elle a ciblé l’état-major des armées et l’ambassade de France». Les attaques attribuées aux groupes terroristes ont fait plus de 270 morts depuis 2015 dans l’ensemble du pays. Un trop lourd bilan pour ce pays pauvre de l’Afrique de l’Ouest.

Le 31 décembre 2018, le Burkina Faso a décrété l’état d’urgence dans plusieurs provinces du pays à l’intérieur de sept régions (sur les 13 que compte le pays), selon le ministre de la Communication, Remis Fulgance Dandjinou, citant les régions des Hauts Bassins, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, du Centre-Est, de l’Est, du Nord et du Sahel.

L’état d’urgence accorde notamment des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité, dont celui de procéder à des perquisitions à domicile, de jour et de nuit. Certaines libertés fondamentales peuvent être restreintes, comme la liberté de circulation.

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